Polémique au Pakistan autour des attentats de Bombay

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Les services de renseignement pakistanais ont été autorisés à confirmer le fait que l'unique survivant du groupe responsable des attentats de Bombay est de nationalité pakistanaise, déclare l'ancien conseiller à la sécurité nationale, Mahmud Ali Durrani, limogé la veille après cette confirmation.

New Delhi affirme depuis les attentats de fin novembre que Mohammed Ajmal Kasab est citoyen pakistanais. Sans le nier, Islamabad, indiquait jusqu'ici que son nom était introuvable dans les registres nationaux.

La presse indienne a interprété le limogeage de Durrani comme une réaction à ses révélations sur la nationalité de Kasab. Le conseiller assure, quant à lui, que la décision avait déjà été prise, notamment par les services de renseignement, et impute sa mise à l'écart au fait que le Premier ministre Yousuf Raza Gilani n'en ait pas été informé préalablement.

"Il a été décidé hier de dire au monde qu'il est pakistanais parce que le cacher n'a aucun sens. Les services de sécurité l'ont recommandé et me l'ont répété", a-t-il déclaré, interrogé par Reuters.

"Le Premier ministre l'ignorait. Il se trouvait à Lahore et il ne savait rien à ce sujet. Il était hors du circuit", a poursuivi Durrani.

"DISSENSIONS AU SOMMET"

Jugeant son comportement "irresponsable", les services de Gilani ont également fait savoir qu'il avait été limogé "pour avoir omis de mettre le Premier ministre et d'autres décideurs dans la confidence".

L'incident n'a pas manqué de relancer le débat sur la répartition des pouvoirs au Pakistan.

"Cela aurait dû être fait de façon plus organisée", a-t-on estimé de source politique proche de l'affaire. De même source, on fait état de divergences entre le président Asif Ali Zardari, jugé pro-occidental et partisan d'un rapprochement avec l'Inde, et Gilani, qui aurait pris le parti de l'armée et des "faucons" de l'appareil d'Etat. Proche de Zardari, le conseiller à la sécurité nationale avait sa confiance, a-t-on souligné.

Sous le titre "Dissensions au sommet", l'éditorialiste du quotidien pakistanais The News s'interroge sur les relations entre les deux têtes de l'exécutif.

Durrani, général à la retraite et ancien représentant permanent aux Nations unies, a par ailleurs jugé que la confirmation de la nationalité de Kasab était de nature à apaiser les tensions entre l'Inde et le Pakistan, qui se sont livré trois guerres depuis 1947.

Manmohan Singh, chef du gouvernement indien, a directement mis en cause les autorités pakistanaises mardi, jugeant que l'opération "devait avoir bénéficié du soutien de certaines agences officielles". Les autorités indiennes avaient remis la veille à Islamabad ce qu'elles présentent comme les preuves de l'implication du mouvement pakistanais Lashkar-e-Taiba dans les attentats de Bombay.

L'Américain Richard Boucher, secrétaire d'Etat adjoint, est arrivé jeudi à New Delhi pour faire le point sur l'enquête.

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