La trêve à Gaza au centre des discussions Olmert-Moubarak en Egypte

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CHARM EL-CHEIKH ,le 24/06/08 - Le Premier ministre israélien Ehud Olmert est arrivé mardi à Charm el-Cheikh pour s'entretenir avec le président égyptien Hosni Moubarak de la trêve dans la bande de Gaza et d'un possible échange de prisonniers entre le Hamas et Israël, négocié par Le Caire.

Dans le même temps à Berlin, une conférence internationale s'est ouverte pour aider au rétablissement de la loi et de l'ordre en Cisjordanie et renforcer les chances de créer un Etat palestinien en paix avec Israël.

MM. Moubarak et Olmert vont parler des "étapes qui vont suivre l'accalmie" conclue la semaine passée entre l'Etat hébreu et le Hamas et entrée en vigueur jeudi à Gaza, a indiqué à l'AFP une source à la présidence égyptienne.

MM. Moubarak et Olmert "discuteront de la situation à Gaza, où l'Egypte a joué un rôle crucial pour qu'on parvienne au calme. C'est une situation fragile et nous voulons parler d'où cela nous mène", a pour sa part affirmé le porte-parole de M. Olmert, Mark Regev.

La rencontre avait été annoncée par le bureau de M. Olmert quelques heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, conclu à la faveur d'une laborieuse médiation égyptienne.

Outre l'arrêt des tirs de roquettes palestiniennes contre Israël et des attaques israéliennes dans la bande de Gaza, l'accord prévoit un allègement progressif du blocus imposé par l'Etat hébreu à Gaza.

Un premier accroc à la trêve a été signalé mardi par l'armée israélienne, un tir d'obus de mortier depuis Gaza, qui s'est abattu dans le sud d'Israel sans faire de victime.

Et en Cisjordanie --où le cessez-le-feu ne s'applique pas-- deux Palestiniens, dont un responsable du Jihad islamique, ont été tués mardi par des militaires israéliens.

L'Egypte a joué pendant des mois le rôle de médiateur, Israël refusant de parler directement au Hamas, qu'il considère comme une organisation terroriste. De son côté, le mouvement islamiste, qui s'est emparé de la bande de Gaza par la force il y a un an, ne reconnaît pas l'Etat hébreu.

M. Olmert s'est attiré de vives critiques en Israël, le cessez-le-feu n'ayant pas été conditionné à la libération du soldat israélien Gilad Shalit, capturé en juin 2006 par un commando palestinien à la lisière de la bande de Gaza.

"La question de Gilad Shalit va être abordée. Les deux Etats ont un intérêt commun à mettre cette question derrière nous. En fin de compte, nous voulons voir la situation à Gaza stabilisée", a déclaré M. Regev.

Il est prévu que Ofer Dekel, le représentant spécial de M. Olmert chargé du dossier des prisonniers, se rende en Egypte mardi pour de nouvelles discussions avec le chef des renseignements égyptiens Omar Souleimane, l'homme-clé de la médiation entre Israël et le Hamas.

"Israël sait qu'il devra payer un prix élevé pour la libération de Shalit et relâcher beaucoup de terroristes palestiniens", a affirmé un haut responsable israélien de la Défense sous le couvert de l'anonymat.

Le Hamas a fait parvenir à Israël, par l'intermédiaire de l'Egypte, une liste de 450 prisonniers dont il réclame la libération en échange de celle de Shalit.

Cette liste comprend une série de détenus condamnés pour participation à des attaques meurtrières, qu'Israël refuse de libérer à ce stade.

Le Hamas exige en outre la réouverture du terminal de Rafah, entre la bande de Gaza et l'Egypte, mais l'Etat hébreu lie cette question au sort de Gilad Shalit.

Le père du caporal Shalit, qui a accusé le gouvernement Olmert d'avoir "lâché" son fils, avait demandé à la Cour suprême israélienne de maintenir le blocus de la bande de Gaza tant que les négociations en vue de la libération du soldat n'auraient pas avancé.

Mais la Cour a rejeté ce recours, estimant qu'il s'agissait d'une affaire politique dans laquelle elle n'avait pas à intervenir.

La visite de M. Olmert en Egypte intervient à un moment où le Premier ministre israélien apparaît un peu plus fragilisé par une décision des députés travaillistes lundi de voter en faveur d'une dissolution du Parlement israélien, ce qui pourrait faire chuter son gouvernement.

A Berlin, une quarantaine de délégations se sont retrouvées autour du Premier ministre palestinien Salam Fayyad et de la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni, pour approuver le renforcement des programmes d'aide à la police et à la justice en Cisjordanie.

Des patrouilles de police et des tribunaux qui fonctionnent sont "une partie de la mosaïque" pour arriver à une paix durable, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel à l'ouverture de la réunion. "La population a besoin de voir que la vie quotidienne s'améliore".

La conférence, à laquelle participent les chefs des diplomaties américaine Condoleeza Rice et russe Sergueï Lavrov ainsi que l'ONU et la Ligue arabe, devrait approuver des projets totalisant 187 millions de dollars (121 millions d'euros).

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