La Syrie tire sur des avions israéliens ayant violé son espace aérien

International - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
        La Syrie tire sur des avions israéliens ayant violé son espace aérien

DAMAS,     le 07/09/07 - La Syrie a annoncé que sa défense anti-aérienne avait tiré jeudi à l'aube sur des avions israéliens qui avaient violé son espace aérien, faisant monter la tension entre les deux voisins ennemis.

Israël s'est refusé à tout commentaire, un porte-parole de l'armée affirmant "nous ne commentons pas de telles informations". Ni la présidence du Conseil ni le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem n'ont voulu réagir.

"A l'aube du 6 septembre, l'aviation ennemie israélienne a pénétré dans l'espace aérien de la Syrie à partir des frontières nord, en provenance de la mer Méditerranée et en direction de la région nord-est, franchissant le mur du son", a déclaré un porte-parole militaire cité par l'agence officielle Sana.

"La défense anti-aérienne syrienne est entrée en action obligeant les avions israéliens à rebrousser chemin après qu'ils eurent lâché des munitions", a ajouté le porte-parole.

Il n'a pas précisé la nature de ces munitions mais a assuré qu'il "n'y avait eu ni perte humaine ni perte matérielle".

"La Syrie met en garde le gouvernement de l'ennemi israélien contre cet acte agressif et se réserve le droit de répliquer de la façon qu'elle juge appropriée", a encore dit le porte-parole.

Le ministre de l'Information syrien Moshen Bilal a déclaré à la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira que "la direction syrienne étudie avec sérieux la nature de sa riposte (...) à l'agression" israélienne.

Un député syrien, Mohammad Habache, a dénoncé  un "acte israélien lâche destiné à redorer le blason de l'armée israélienne après sa défaite au Liban" lors de son offensive contre le Hezbollah, un allié de Damas, en juillet et août 2006. Il a évoqué des représailles de nature "politique, diplomatique, ou même militaire".

La ministre syrienne des Emigrés, Boutheina Chaabane, a dit qu'il n'était pas clair si l'aviation israélienne avait effectivement mené une attaque en Syrie. "Nous ne savons pas encore, nous enquêtons sur le terrain", a-t-elle déclaré à Al-Jazira.

A Washington, le département d'Etat a refusé de commenter ces informations. "J'ai vu les informations de presse. Je n'ai rien à vous dire pour les confirmer ou démentir", a dit un porte-parole du département d'Etat, Tom Casey. "Je ne veux certainement pas faire de commentaire sur ce qui n'est encore que spéculations".

Selon un responsable du département d'Etat, Washington ne s'inquiète pas outre mesure de ce regain apparent de tension entre Israël et la Syrie.

Israël et la Syrie sont techniquement en état de guerre et ce n'est pas la première fois que l'espace aérien syrien est violé par Israël.

Le 28 juin 2006, des avions militaires israéliens ont survolé le palais du président Bachar al-Assad près de Lattaquié (nord-ouest). La télévision d'Etat syrienne avait indiqué que la défense anti-aérienne avait "tiré" sur les appareils, parlant d'"acte de piraterie".

La Syrie, accusée par les Etats-Unis de torpiller les efforts de paix au Proche-Orient, abrite le chef du Hamas, Khaled Mechaal, et d'autres dirigeants de mouvements radicaux palestiniens tenus pour responsables d'attentats anti-israéliens.

En octobre 2003, l'armée de l'air israélienne avait visé un camp présumé du Jihad islamique, près de Damas, après un attentat suicide du mouvement islamiste palestinien en Israël.

Les médias israéliens s'alarment régulièrement sur les risques d'un éventuel conflit armé avec la Syrie, mais le cabinet israélien a conclu le 5 juin qu'il ne disposait d'aucun élément pouvant étayer ce risque.

Ces derniers mois, Israël a aussi multiplié les déclarations apaisantes envers Damas pour réaffirmer sa volonté de ne pas déclencher de conflit armé tout en effectuant d'importantes manoeuvres, notamment sur le plateau du Golan.

Ce plateau syrien a été conquis par Israël durant la guerre israélo-arabe de juin 1967 puis annexé en 1981, et sa restitution totale exigée par Damas a fait capoter les négociations de paix bilatérales, gelées depuis 2000.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi