La gourde (de) Marine Le Pen :" Le recours à la torture dans certains cas, oui."

Antisémitisme/Racisme, International - le - par .
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Marine Le Pen légitime la torture. Le père et la fille une histoire qui fait son chemin.

Les explications laborieuses de Marine le Pen, accusée de vouloir « légitimer » la torture.

Elle se défend comme elle peut, assure avoir été mal comprise, rectifie, mais la boulette est faite, énorme.

Mercredi matin 8 décembre, sur BFM-TV et RMC, la présidente du Front national réagit au rapport américain détaillant des sévices infligés par la CIA à des personnes suspectées de terrorisme et déclare :

« Moi, je ne condamne pas [...]. Sur ces sujets-là, il est assez facile de venir sur un plateau de télévision pour dire :''ouh là là c’est mal''. »

Aussitôt Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat à la famille, l’accuse de « légitimer la torture ». Quelques heures plus tard, l’accusée rétropédale : « J’ai dit : ''on utilise les moyens qu’on peut'', qu’on peut légalement utiliser », déclare Marine Le Pen, invitée de l’émission « Questions d’info » sur LCP en partenariat avec Le Monde, France Info et l’AFP.
La présidente du FN se justifie longuement, explique sa sensibilité au terrorisme par le fait que « avec Jean-Marie Le Pen », elle est « la seule responsable politique en France qui ait été directement victime d’un attentat terroriste quand notre immeuble a sauté avec une bombe de 20 kg de dynamite en 1976, qui a intégralement détruit l’immeuble, et qui aurait pu tuer l’intégralité de ses habitants ».

Sans vouloir se déjuger, elle cherche à atténuer ses propos.

Elle qualifie « d’utilisation industrielle de la torture » ce qui s’est passé à Guantanamo, juge les actes qui y ont été commis « profondément condamnables, particulièrement de la part d’un pays qui passe sa vie à donner des leçons de morale, en l’occurrence à la terre entière ».

Marine Le Pen légitime le recours à la torture dans certains cas puis se ravise
La présidente du Front national Marine Le Pen a légitimité mercredi matin sur BFMTV le recours à la torture dans certains cas, avant de revenir sur ses déclarations plus tard sur Twitter. Avocate de formation, Marine Le Pen souhaite peut-être aussi éviter un procès, car l'apologie de la torture est un délit puni par la loi.

« Angélisme »?!?
Pour plus de clarté, Marine Le Pen ajoute encore : « La torture est interdite en France et c’est très heureux qu’il en soit ainsi. Tous les moyens mis à la disposition légalement des enquêteurs… ce sont des moyens de renseignement, ce sont des moyens de pression psychologique, parfois très fermes, à l’égard des terroristes, mais en aucun cas, le recours à la torture. Les choses sont très claires. »

Lorsqu’on lui demande pourquoi le FN s’est abstenu au Parlement européen sur un texte qui demandait l’éradication de la torture, elle se défend encore : « Nous nous sommes abstenus pas parce que nous défendons la torture, mais simplement parce que c’était encore une fois faire preuve d’angélisme, parce qu’on sait pertinemment qu’il y a des pays qui utilisent ces moyens de pression. Encore une fois, ce n’est pas le cas de la France, et je m’en réjouis », déclare-t elle
Lorsqu’on lui rappelle que son père Jean-Marie Le Pen a été accusé d’avoir pratiqué la torture en Algérie, la présidente du FN rétorque : « Ces accusations ont été condamnées devant la justice. Il a été victime de diffamation. Dans l’histoire de France, il y a eu ce débat... Ce débat a été tranché, aujourd’hui personne ne le remet en cause. »

Lire l'article "Oui j'ai torturé en Algérie" de Jean Marie Le Pen

AFP pour Le Monde

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