Israël-Palestine : M. Bush se refuse à "dicter les termes" de la paix

International - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

       Israël-Palestine : M. Bush se refuse à "dicter les termes" de la paix


Article paru dans "Le Monde", le 10/01/08  

Lors de sa première visite à Jérusalem en tant que président, mercredi 9 janvier, George Bush a été parfaitement clair sur le rôle qu'il entend jouer dans le processus de paix relancé le 27 novembre 2007 à Annapolis (Maryland). Il n'est pas question de s'impliquer directement dans les négociations. "Il est essentiel que l'on comprenne que l'Amérique ne peut dicter les termes de ce à quoi un Etat [la Palestine] va ressembler", a-t-il déclaré.

Premiers obstacles à la paix

Colonies. Depuis 2001, date de l'arrivée au pouvoir d'Ariel Sharon, 56 nouvelles colonies "sauvages" ont vu le jour dans les territoires palestiniens, selon l'organisation israélienne La Paix maintenant, ce qui porte leur total à 102. Israël s'était engagée en 1996 à ne pas créer de nouveaux points de colonisation

Tirs de roquettes. De sources israéliennes, 5366 roquettes et obus de mortier ont été tirées depuis 2000 sur Israël à partir de Gaza, principalement par le Jihad islamique, les Comités de résistance populaire et l'aile militaire du Mouvement de la résistance islamique (Hamas). Ces tirs ont fait 10 morts depuis 2000.

Bilan. Avec 13 morts (7 civils et 6 militaires), l'année 2007 a été la moins meurtrière pour les Israéliens depuis 2000; 373 Palestiniens ont été tués par les Israéliens au cours de la même année.

Au cours de sa dernière année d'exercice du pouvoir, George Bush est là pour aider mais c'est aux Israéliens et aux Palestiniens de négocier et d'apporter des réponses aux questions capitales que sont le statut de Jérusalem, les frontières de la Palestine et le retour des réfugiés.

Dès son arrivée en Israël, M. Bush a indiqué que l'alliance avec les Etats-Unis "contribue à garantir la sécurité d'Israël en tant qu'Etat juif". "Nous recherchons une paix durable. Nous voyons une nouvelle chance pour la paix, ici en Terre sainte, et pour la liberté dans toute la région", a-t-il ajouté.

George Bush est venu pour dire que la paix est possible, qu'il y croit, mais qu'il y a "un énorme travail" à accomplir et qu'il est disposé à prêter main forte "pour saisir cette opportunité" après avoir été l'initiateur de ce qui est considéré comme la dernière chance d'aboutir à un règlement.

Au cours d'une conférence de presse, Ehoud Olmert, le premier ministre israélien, lui a répondu qu'il ne "faut pas rater l'occasion", qu'il n'a pas "peur des décisions difficiles" et qu'il est "prêt à des compromis douloureux s'ils permettaient d'atteindre l'objectif auquel nous avons rêvé depuis longtemps, celui d'assurer notre sécurité et de donner aux Palestiniens un Etat".

La veille, lors d'une rencontre avec Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, les deux parties ont décidé qu'il fallait désormais s'attaquer aux questions fondamentales afin de tenter de parvenir à un règlement définitif du conflit. Toute la question est désormais de savoir s'il est possible de trouver un terrain d'entente, étant donné, comme l'a dit M. Olmert, que "nos positions sont claires. Nous avons dit ce que nous pouvons faire, ce que nous ne pouvions pas faire, ce que nous souhaitons et ce que nous ne souhaitions pas".

"QU'ALLEZ-VOUS FAIRE ?"

Pour commencer, comme l'a indiqué M. Olmert, soutenu en cela par le président Bush, "il n'y aura pas de paix sans qu'il soit mis fin à la terreur, y compris dans la bande de Gaza. Aussi longtemps qu'il y aura du terrorisme à Gaza, il sera très difficile de parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens".

Depuis le coup de force du Hamas à Gaza du 15 juin 2007 et en l'absence d'un dialogue avec les islamistes, il paraît pourtant extrêmement ardu pour les responsables de l'Autorité palestinienne d'empêcher les tirs de roquettes en direction d'Israël. "Qu'allez-vous faire ?", a demandé M. Bush aux Palestiniens.

En ce qui concerne la Cisjordanie, l'Etat juif exige de garder un contrôle total. Ce qui se traduit par des incursions fréquentes y compris à Naplouse où, pourtant, le gouvernement de Ramallah a mis en place un dispositif sécuritaire qui commence à fonctionner. L'intervention de Tsahal, pendant trois jours à la fin de la semaine dernière, qui s'est traduit par un couvre-feu et une trentaine d'arrestations, a été qualifiée de véritable "sabotage" par le premier ministre Salam Fayyad qui a protesté contre cette intervention jugée contre-productive.

Après la sécurité, l'autre question épineuse est celle de l'arrêt de la colonisation et du démantèlement des colonies "sauvages" dont les Palestiniens ont fait un préalable. Lors de leur conférence de presse commune, MM. Olmert et Bush ont, tous deux, réitéré leurs souhaits de faire disparaître toutes les implantations non autorisées de Cisjordanie. L'ancien premier ministre Ariel Sharon avait promis de les raser. "L'accord était : Débarrassez-vous-en. Donc, elles doivent disparaître", a rappelé M. Bush.

Les Palestiniens demandent également qu'il soit mis un terme à la poursuite des constructions dans les colonies officielles, à commencer par celles qui se trouvent à la périphérie de Jérusalem et dont le gouvernement israélien estime qu'elles font partie intégrante de "la capitale une et indivisible".

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi