En Italie, un converti embarrassant

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Article paru dans "Le Monde",le 02/04/08

Son livre "Vive Israël"
A l'en croire, il est désormais "condamné à mort", mais affrontera son sort "la tête haute". Magdi Allam, né au Caire (Egypte) il y a cinquante-cinq ans, élevé dans la tradition musulmane, est, depuis le 22 mars, l'un des catholiques les plus connus au monde. Lors de la veillée pascale, le pape Benoît XVI lui a versé par trois fois l'eau du baptême sur le front, le faisant entrer de manière spectaculaire dans la communauté catholique. C'est ce geste qui fait craindre au nouveau baptisé une condamnation à mort "pour apostasie", le fait de changer de religion pour un musulman étant toujours passible de la peine de mort dans de nombreux pays.

COMBAT CONTRE L'ISLAM

Mais, au-delà de cette conversion médiatique, ce sont les considérations de M. Allam sur l'islam qui ont engendré une polémique. Dès le lendemain de son baptême, cet éditorialiste réputé du Corriere della sera, installé en Italie depuis de nombreuses années et qui se définissait jusqu'alors comme un musulman modéré, est revenu longuement, dans les colonnes de son journal, sur les raisons de sa conversion, érigeant sa démarche personnelle en combat contre l'islam et pour la liberté de conversion des musulmans. Il y décrit son cheminement spirituel comme une libération "des ténèbres d'une prédication de la haine", ajoutant que "la racine du mal est inhérente à un islam physiologiquement violent et historiquement conflictuel". En le baptisant publiquement, le pape Benoît XVI a, selon lui, "lancé un message explicite et révolutionnaire à une Eglise jusqu'ici trop prudente en matière de conversion des musulmans".

Ces propos ont suscité la consternation chez les partisans du dialogue interreligieux, musulmans ou chrétiens, et ont obligé le pape à prendre ses distances avec le nouveau converti. Le 27 mars, le porte-parole du Vatican a tenu à préciser : "Accepter dans l'Eglise un nouveau croyant ne signifie évidemment pas en épouser toutes les idées." A son tour, M. Allam s'est défendu, le 29 mars, "d'être un fauteur de guerre des religions". "Je suis absolument convaincu que l'on doit dialoguer avec tous les musulmans qui sont d'accord avec les droits fondamentaux de la personne sans "si" et sans "mais"", écrit-il dans une lettre publiée par son journal.

Connu de longue date pour ses propos polémiques sur l'islam, auteur d'un ouvrage intitulé Vive Israël !, M. Allam, qui se dit proche de la communauté catholique conservatrice Communion et libération, est placé sous protection policière depuis cinq ans. Il a défendu le discours controversé de Benoît XVI à Ratisbonne (Allemagne) sur l'islam en 2006, et s'est prononcé pour la diffusion du film sur le Coran du député néerlandais Geert Wilders, mis en ligne sur Internet le 27 mars.

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