Bombay : grande confusion après une série d'attentats

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27107_une-bombay333.jpgUne très grande confusion règne jeudi à Bombay, la capitale économique de l'Inde où des fusillades et des explosions en série, perpétrées mercredi soir par des hommes armés de fusils d'assaut et de grenades, ont fait 101 morts et 315 blessés, selon un bilan provisoire délivré par les autorités indiennes. Le Quai d'Orsay n'a pas connaissance de victimes françaises, mais n'exclut pas que des ressortissants soient encore bloqués dans des hôtels pris pour cible.

Au moins sept ou huit bâtiments ont été visés parmi lesquels la gare centrale, deux grands hôtels de luxe, un hôpital, un restaurant et un immeuble de bureaux qui abrite un centre juif. Le nombre exact de victimes est pour l'heure difficile à évaluer, d'autant que des personnes sont encore prises en otages. Deux cents d'entre elles sont toujours retenues à l'intérieur de l'hôtel Le Trident, où les forces armées ont lancé une opération de libération. Dans la matinée, trois nouvelles explosions ont retenti dans le sud de la ville sans que leur origine ait pu être déterminée.

Par la voix de son porte-parole, le ministère français des Affaires étrangères a adressé un message aux ressortissants qui se trouvent à Bombay en ces heures troublées. "La consigne que nous donnons à nos compatriotes résidant, ou de passage à Bombay, est de rester chez eux ou dans leurs hôtels, de limiter au strict minimum les déplacements qui s'avéreraient indispensables, en évitant les lieux publics tels que gares ou marchés, et de se signaler au Consulat." Le centre de crise du ministère a également mis en place une "cellule de réponse téléphonique" joignable au 01 45 55 80 00 (de l'étranger : + 33 1 45 55 80 00)

Parmi les victimes figurent au moins quatre ressortissants étrangers : un Japonais de 41 ans, un Australien de 49 ans, un Britannique et un Italien. Au total, selon la chaîne télévisée indienne NDTV, neuf ressortissants étrangers auraient été tués dans les attaques. Au moins onze autres ressortissants étrangers - originaires d'Australie, des États-Unis, d'Espagne, de Norvège, du Canada et de Singapour - auraient été blessés. Des parlementaires et fonctionnaires européens en visite à Bombay ont été pris dans les fusillades, mais aucun ne semble avoir été blessé, indique le Parlement européen.

Ces attentats ont été revendiqués au nom d'un groupe islamiste se présentant comme les Moujahidine du Deccan. "Il est évident que le groupe qui a mené ces attaques, basé en dehors du pays, est venu avec l'unique détermination de provoquer le chaos dans la capitale économique du pays", a dit le Premier ministre indien Manmohan Singh dans une allocution télévisée où il a appelé la population à "maintenir la paix et l'harmonie".

Attaques concertées

Peu après 22 h 30, heure locale (19 h à Paris) mercredi, plusieurs hommes armés de Kalachnikov ont attaqué la gare centrale de Bombay, ouvrant le feu et lançant des grenades, faisant au moins 10 morts. Des fusillades ont également eu lieu à l'hôpital Cama, dans le sud de Bombay, et l'explosion d'un taxi piégé dans le sud-est de la ville a fait trois morts, selon la police. Un immeuble de bureaux, le Nairman House, abritant un centre juif, a également été attaqué ; une famille et un rabbin étant retenus jeudi à l'intérieur par des hommes armés.

Ces attaques coordonnées ont aussi visé de hauts lieux touristiques. Parmi eux, le Café Leopold, lieu de convergence des routards occidentaux (voir ici le témoignage de deux étudiants australiens, dont l'un a été blessé dans l'attaque) et deux des plus prestigieux hôtels de la ville, le Taj Mahal et le Trident, où des clients ont été pris en otage. Au Trident, 200 personnes sont toujours retenues. Quant au Taj Mahal, il semble que la police en ait repris le contrôle. Les forces de sécurité sont intervenues dans cet établissement tôt jeudi matin, réussissant apparemment, à libérer des clients retenus à l'intérieur. Peu après, un incendie s'est déclaré dans les étages supérieurs du palace. Deux des assaillants ont été tués ainsi que le chef de la division antiterroriste de Bombay et au moins dix autres membres des forces de sécurité.

Quatre hommes également soupçonnés d'être impliqués dans ces attaques ont été tués par la police dans deux incidents séparés alors qu'ils tentaient de prendre la fuite à bord de voitures. Neuf autres auraient été arrêtés, selon le ministère de l'Intérieur de l'État de Maharashtra.

Ces attentats, condamnés par le Premier ministre indien Manmohan Singh, ont suscité l'indignation dans le monde . Il y a six semaines, une série d'attentats dans la capitale indienne New Delhi a fait 24 morts.

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