Actualité Internationale, Libye : Les rebelles libyens s'organisent sur la ligne de front

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Les rebelles libyens ont acheminé vendredi du matériel lourd sur le front de l'Est où d'anciens officiers s'efforcent d'organiser les forces insurgées afin de reprendre l'initiative face aux troupes loyalistes.
Dans leur ligne de mire, le contrôle du port pétrolier de Brega, pris alternativement par l'un et l'autre camp ces dernières semaines et où des combats se poursuivent.

A un poste de contrôle installé à la périphérie de la ville, les rebelles interdisent désormais aux jeunes dépourvus d'armes de poursuivre leur chemin.

"Seuls ceux qui ont des armes lourdes sont autorisés à passer. Pas les civils sans armes", déclare Ahmed Zaitoun, membre d'une brigade de volontaires qui a été formé au maniement des armes.

"Aujourd'hui, il y a des officiers avec nous. Avant, nous étions seuls", ajoute-t-il avant de désigner un homme arrêté au checkpoint: "C'est un jeune garçon et il n'a pas d'arme. Qu'est-ce qu'il va faire là-bas ?"

"Des militaires sont arrivés et ont renforcé les lignes rebelles. Si Dieu le veut, ils commenceront par Ajdabiah et continueront sur Brega et Ras Lanouf", explique Khaled Fardjani, un capitaine de l'armée de l'air qui s'est rangé du côté de l'insurrection.

Les villes pétrolières de Ras Lanouf et Es Sider sont revenues aux mains des forces loyalistes qui repoussent les rebelles à l'aide de leurs armes lourdes. Malgré les frappes aériennes menées par les Occidentaux, les insurgés n'ont pas réussi à garder le contrôle de leurs gains territoriaux.

Les dirigeants de l'insurrection saluent l'enthousiasme des jeunes, ces "chebab" qui foncent vers le front à bord de pick-ups, mais le manque de discipline et de coordination pèse.

La situation semble pourtant évoluer. Jeudi soir, une dizaine de véhicules de transport chargés de camions équipés de lance-roquettes multiples se dirigeaient vers Ajdabiah, en provenance de Benghazi, a constaté un journaliste de Reuters.

TIRS À TRIPOLI

Cette nouvelle approche doit encore prouver son efficacité, après la déroute subie cette semaine par les rebelles, qui ont perdu en deux jours les 200 km de route côtière qu'ils avaient gagnés à partir de Brega les deux jours précédents.

A Tripoli, les partisans de Kadhafi ont chanté et dansé jeudi soir pour affirmer leur détermination à défendre le dirigeant libyen, au pouvoir depuis plus de 41 ans. Des tirs de mitrailleuses et d'armes automatiques ont retenti avant l'aube dans le centre de la capitale, ont rapporté des journalistes de Reuters, sans qu'on sache d'où ils provenaient.

Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, qui mènent les frappes aériennes au nom de la résolution 1973 du Conseil de sécurité autorisant le recours à la force pour protéger les populations civiles, ont évoqué la possibilité d'armer les rebelles, une hypothèse écartée par l'Otan, qui dirige désormais les opérations militaires engagées le 19 mars.

Moustafa Abdeldjeïl, le président du Conseil national de transition mis en place à Benghazi, a demandé de nouveau une aide étrangère face à des forces loyalistes mieux équipées.

Lors d'une conférence de presse commune avec l'émissaire de l'Onu sur la Libye, Abdelilah al Khatib, arrivé vendredi pour une visite de quatre heures dans la capitale de la Cyrénaïque, Abdeldjeïl a également posé des conditions à un éventuel cessez-le-feu: autoriser la liberté d'expression dans les villes de l'Ouest et retirer les mercenaires des rues.

Des responsables américains ont parallèlement révélé que le président Barack Obama avait autorisé la CIA à mener des actions clandestines pour appuyer les insurgés.

Prié de dire s'il a vu des agents occidentaux opérer sur la ligne de front, Ahmed Zaitoun répond: "J'aimerais bien. Ils ont un très bon équipement. Leurs conseils nous seraient utiles. J'ai entendu beaucoup de choses mais je n'ai encore rien vu."

Sur la route qui traverse le désert entre Benghazi et Ajdabiah, des emplacements ont été fraîchement creusés dans le sable, premier signe de positions défensives organisées protégeant Benghazi.

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