Guerre Iran : Quels rôles pourraient jouer les Houthis dans la guerre ?

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Guerre Iran : Quels rôles pourraient jouer les Houthis dans la guerre ?

Quels rôles pourraient jouer les Houthis dans la guerre ?

Abdel-Malik al-Houthi, chef de la branche politique du groupe Ansar Allah, multiplie les déclarations laissant entendre une entrée en guerre imminente de son mouvement.
Loin d’être un simple coup de bluff, on peut légitimement se demander quelles sont les véritables options dont dispose encore cette organisation aujourd’hui fortement affaiblie.

« Nous avons le doigt sur la gâchette et nous allons bientôt entrer dans la guerre avec une force que les Américains et les sionistes n’ont jamais vue. »

Ces propos sont ceux du chef d’Ansar Allah, la branche politique des Houthis. Au vu de l’évolution du conflit, il y a fort à parier qu’il ne s’agit pas simplement de menaces en l’air. D’ailleurs, le groupe a déjà repris ses attaques contre des navires battant pavillon israélien ou occidental en mer Rouge, et ce malgré l’accord signé avec les Américains il y a près d’un an, après l’opération Rough Rider, qui s’est terminée en mai dernier.

Cependant, le groupe a été extrêmement affaibli par deux années de guerre. Dès lors, une question se pose : quelle puissance de frappe l’organisation possède-t-elle encore et quelles options lui restent-elles réellement ?

Frapper les bases américaines dans le golfe d’Aden et décréter un blocus maritime total

Dans un premier temps, les Houthis pourraient viser les bases américaines présentes dans le golfe d’Aden et intensifier leurs attaques maritimes.

Le groupe yéménite dispose encore d’un certain savoir-faire dans la guerre maritime asymétrique, ce qui lui a valu d’être parfois comparé à une forme de « pirates modernes ». Et ce malgré les opérations israéliennes et américaines de l’année dernière.

Une telle décision romprait l’accord signé avec l’administration américaine. Les États-Unis pourraient alors rediriger leurs forces vers ce front et frapper les ressources économiques des Houthis, par exemple en ciblant leurs dépôts de carburant ou leurs centrales électriques.

S’attaquer directement à l’armée américaine serait toutefois une erreur stratégique majeure, que les Houthis ne sont peut-être pas prêts à commettre.

Se joindre au Hezbollah et à l’Iran directement contre Israël

Si le conflit s’enlise, les Houthis pourraient choisir de participer plus directement à la guerre contre Israël.

Même amoindri, le groupe conserve encore quelques missiles balistiques et des drones, capables d’être tirés quotidiennement. En cas d’attaques coordonnées, une stratégie de saturation des défenses aériennes israéliennes (comme Iron Dome, Arrow ou Eitan) pourrait être envisagée.

Ce scénario avait jusqu’ici été écarté, mais il constitue probablement leur principal levier de nuisance militaire. Avec quelques missiles et des essaims de drones par jour, surtout si les milices chiites en Irak participent également aux attaques, cela pourrait créer :

  • une pression psychologique sur la population israélienne
  • un sentiment de lassitude face à une guerre prolongée

Cette option pourrait donc être la plus stratégique pour les dirigeants houthis. Elle permettrait de mener une guerre d’usure, causant davantage de dégâts psychologiques que matériels, tout en préservant leur arsenal.

S’attaquer aux Émirats arabes unis et à l’Arabie saoudite, des cibles beaucoup plus proches

En 2015, une guerre a éclaté entre l’Arabie saoudite et les Houthis. Malgré les frappes aériennes et les offensives terrestres, la coalition menée par Riyad n’est jamais parvenue à vaincre totalement la milice yéménite. Le conflit a fait des milliers de victimes civiles, principalement au Yémen.

Aujourd’hui, dans la logique de confrontation entre l’axe iranien et les alliés des États-Unis, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite pourraient redevenir des cibles.

Du fait de la proximité géographique, de simples roquettes ou missiles à courte portée peuvent atteindre ces deux pays. Cette option a d’ailleurs déjà été évoquée par les Houthis en juin dernier.

Si ces États devaient intervenir contre l’Iran, même indirectement, les Houthis pourraient chercher à soutenir leur allié régional en frappant leurs territoires.

Une incursion terrestre depuis le Yémen reste peu probable mais pas totalement impossible, tant les frontières et les intérêts stratégiques sont imbriqués dans la région.

Ouvrir un autre front sur la Corne de l’Afrique

Enfin, le conflit pourrait s’étendre au-delà du Moyen-Orient, notamment vers la Corne de l’Afrique.

Le groupe dirigé par Abdel-Malik al-Houthi pourrait s’attaquer à un nouvel allié d’Israël : le Somaliland, qui aurait été reconnu par Israël en décembre dernier.

Certains observateurs évoquent déjà la possibilité que cet État accueille une présence militaire ou des installations d’observation israéliennes, ce qui en ferait une cible potentielle pour les Houthis.

Dans un tel scénario, Israël n’aurait aucune obligation légale d’intervenir militairement, mais une réaction indirecte ou des frappes ciblées au Yémen ne seraient pas à exclure.

En conclusion Toutes ces options stratégiques restent possibles pour les Houthis. La véritable question n’est donc peut-être plus s’ils entreront dans la guerre, mais plutôt :

Quand comment avec quelle intensité

Et surtout quelle carte ils décideront de jouer dans un conflit régional déjà extrêmement complexe et instable.

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