Gaza Riviera : quand Israël et Trump rêvent d’un Moyen-Orient réinventé

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Gaza Riviera : quand Israël et Trump rêvent d’un Moyen-Orient réinventé

Une vision post‑conflit spectaculaire et milliardaire, élaborée dès 2023 par des entrepreneurs proches du gouvernement Netanyahu, refait surface auprès de l’administration Trump sous un nouveau nom — le GREAT Trust“avec le même projet de transformation radicale de Gaza en hub technologique et touristique régional” mais enrichie d’incitations financières massives, migrations “volontaires” et promesses de retours sur investissement faramineux.

Un rêve grandiose remis au goût du jour

Dès la fin de 2023, des hommes d’affaires ont présenté à des hauts fonctionnaires du bureau du Premier ministre Netanyahu une stratégie ambitieuse de redressement de Gaza : un contrôle extérieur sur une décennie, la construction de usines géantes, la création de lignes ferroviaires transnationales, et une transformation radicale de la bande en une région verte et prospère, loin de la “serre du terrorisme” du passé—sous la bannière “de la crise à la prospérité”  .

Une recyclage émanant de Washington

Moins de deux ans plus tard, cette même vision parvient à l’administration Trump. Rebaptisée GREAT Trust — Gaza Reconstitution, Economic Acceleration and Transformation Trust — elle propose une phase de domination américaine d’au moins dix années ainsi qu’une transformation en pôle touristique haut de gamme et en hub technologique  .

Des accords visent à faire de Gaza une « Riviera du Moyen‑Orient ». Les résidents seraient « relocalisés volontairement », voire incités à l’être : chacun recevrait 5 000 $ en espèces, un an de nourriture et quatre années de loyer à l’extérieur ; les propriétaires fonciers obtiendraient en échange un jeton numérique donnant droit à un logement dans une des six à huit « villes intelligentes propulsées par IA » promises  .

Un projet rentable, sans fonds publics américains

Le GRAND INCITANT économique : le plan affirme ne pas dépendre de fonds publics américains, mais de l’investissement privé et public, dans des méga‑projets allant de manufacture de véhicules électriques aux centres de données, stations balnéaires de luxe et gratte‑ciel résidentiels.
Les calculs exposés promettent un
rendement de près du quadruple d’un investissement de 100 milliards de dollars sur dix ans, avec des revenus renouvelables à perpétuité  .

Contrôle initial assuré, retour aux autorités locales envisagé

Sur le plan sécuritaire, Israël conserverait un contrôle global la première année, tandis que la sécurité interne serait assurée par des contractants étrangers (TCN) puis relayée progressivement par la police locale. Si tout se déroule comme prévu, le conseil de régence américain‑israélien évoluerait vers un modus operandi multilatéral, pour transférer finalement le pouvoir à une autorité palestinienne réformée  .

Une stratégie de façonnement régional sous couvert de prospérité

Les deux versions — celle de 2023 et celle présentée par Trump — ont un leitmotiv identique : « Gaza florissante, intégrée à l’architectonie régionale abrahamique », conduisant vers un État palestinien autonome à long terme. Les premières étapes sont financières et symboliques, enchainées à grands projets économiques. Les nouvelles options — véhicules électriques, infrastructures ferroviaires régionales — soulignent une ambition de redéfinir Gaza comme moteur régional, non comme zone de conflit  .

Ce plan séduit par son audace économique, promettant millions d’emplois et des rendements financiers massifs. Il répond à une vision israélienne de sécurité, de modernisation et de dé‑radicalisation — tout en soulignant l’idée selon laquelle l’avenir de Gaza doit être façonné avant d’être contrôlé.

Mais l’incitation à la migration « volontaire » de millions de personnes soulève des doutes légaux majeurs. Selon certains analystes, cela viole potentiellement le droit international, en particulier si les départs visent à modifier la démographie sur un territoire occupé  . De plus, l’utilisation d’actifs numériques comme jetons immobiliers et la tokenisation du foncier évoquent une forme de colonialisme numérique dénoncée par les Gazaouis  .

Enfin, assurant une autonomie financière complète, le projet délègue les décisions stratégiques à des investisseurs privés. Cela pose un dilemme moral : transformer la survie d’un peuple en produit attractif pour le capital international, au risque d’en faire une marchandisee.

 

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