Gaza : la reconstruction a commencé en silence, 70 millions de tonnes de gravats

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Gaza : la reconstruction a commencé en silence, 70 millions de tonnes de gravats

Gaza : la reconstruction a commencé en silence – Tsahal déjà engagée derrière la “ligne jaune”

Un chantier colossal sous coordination américaine

Alors que le débat international se concentre sur l’avenir politique de la bande de Gaza, une réalité plus discrète s’impose sur le terrain : la reconstruction a déjà commencé. Selon des informations relayées dans les médias israéliens et américains, un centre de coordination civilo-militaire dirigé par les États-Unis a été installé à Kiryat Gat afin d’organiser les opérations logistiques, humanitaires et sécuritaires nécessaires à la réhabilitation de l’enclave.

Ce centre, fruit d’une coopération étroite entre responsables américains et israéliens, supervise notamment la gestion des décombres, préalable indispensable à toute reconstruction. Car Gaza n’est plus seulement un territoire détruit : c’est aujourd’hui un champ de ruines estimé à près de 60 à 70 millions de tonnes de gravats. Les agences internationales évoquent un nettoyage qui pourrait durer jusqu’à sept ans.

Dans ce contexte, les premières opérations engagées prennent une dimension stratégique majeure.

Plus d’un million de mètres carrés déjà dégagés

Un rapport interne du centre de coordination américain, cité par des sources israéliennes, révèle que des forces d’ingénierie ont déjà dégagé plus d’un million de mètres carrés et traité des dizaines de milliers de tonnes de décombres à l’intérieur de la bande de Gaza.

L’information la plus significative provient de N12 : « Tsahal a accepté il y a environ deux mois d’effectuer le dégagement des décombres derrière la ligne jaune », confie une source bien informée. Cette “ligne jaune”, issue des arrangements sécuritaires post-conflit, délimite les zones sous contrôle opérationnel israélien. Autrement dit, l’armée israélienne ne se contente plus d’assurer la sécurité : elle participe activement à la préparation du terrain pour une reconstruction future.

Ce détail change tout. Il indique qu’Israël, sous impulsion américaine, s’implique concrètement dans la phase de stabilisation physique du territoire.

Une pression américaine assumée

Des médias américains et israéliens rapportent que Washington a exercé une pression claire pour qu’Israël assume la responsabilité du retrait massif des gravats. L’opération, selon certaines estimations, pourrait dépasser le milliard de dollars.

La logique américaine est pragmatique : sans déblaiement massif, aucun investisseur international, aucun État arabe, aucune organisation humanitaire ne pourra engager de véritable reconstruction. Les décombres constituent à la fois un obstacle logistique, sanitaire et sécuritaire. Ils contiennent des munitions non explosées, des matériaux contaminés, et représentent un danger constant pour les civils.

La question n’est donc plus idéologique mais structurelle : qui finance, qui supervise, qui sécurise.

Un défi technique et politique

Sur le terrain, les défis sont immenses. L’entrée d’engins lourds reste soumise à des restrictions sécuritaires strictes. Les infrastructures de base sont anéanties. Le traitement des déchets nécessite des sites spécialisés. Chaque zone doit être inspectée pour neutraliser d’éventifs explosifs.

Mais au-delà de la technique, la reconstruction de Gaza reste suspendue à une équation politique non résolue : qui gouvernera l’enclave à terme ? Les États arabes se montrent prudents. Les bailleurs internationaux attendent des garanties sécuritaires solides. Et Israël pose comme condition essentielle le désarmement du Hamas.

Dans ce contexte incertain, le dégagement des décombres apparaît comme le seul terrain d’action concret possible à court terme.

Une reconstruction sous surveillance stratégique

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse le simple nettoyage. La présence d’un centre américain à Kiryat Gat révèle une volonté de contrôle et d’encadrement international du processus. Les États-Unis ne veulent pas répéter les erreurs du passé où des fonds de reconstruction ont été détournés à des fins militaires.

La participation de Tsahal derrière la ligne jaune traduit également une stratégie claire : stabiliser physiquement les zones sous contrôle sécuritaire afin d’empêcher toute réimplantation terroriste.

La reconstruction de Gaza ne se fera pas dans la naïveté. Elle se fera sous condition, sous supervision et sous contrainte sécuritaire.

Des chiffres accablants : 65 millions de tonnes de gravats et un coût dépassant le milliard de dollars pour le seul déblaiement

Selon les dernières évaluations consolidées par la Banque mondiale, l’ONU et l’Union européenne, près de 70 % des bâtiments de la bande de Gaza ont été détruits ou gravement endommagés, soit plus de 170 000 structures.
Le volume total des décombres est estimé à environ 65 millions de tonnes, ce qui équivaut à plus de 15 fois les gravats générés par le séisme de 2010 en Haïti.
Les ingénieurs estiment qu’au rythme actuel d’évacuation — en tenant compte des contraintes sécuritaires et du manque d’équipements lourds autorisés à entrer — le simple déblaiement pourrait coûter entre 1,1 et 1,3 milliard de dollars.

Par ailleurs, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU a confirmé la présence massive de munitions non explosées dans les zones urbaines détruites, ce qui impose une inspection systématique mètre par mètre avant toute opération de terrassement. Des sources sécuritaires israéliennes ont également indiqué que certains secteurs dégagés ont révélé des réseaux souterrains et des infrastructures militaires enterrées sous les immeubles civils, compliquant considérablement le processus technique.

Entre ruines et recomposition

Gaza reste aujourd’hui un territoire enseveli sous des millions de tonnes de gravats. Mais le fait qu’un million de mètres carrés aient déjà été dégagés, que des dizaines de milliers de tonnes aient été traitées et que Tsahal soit engagée dans cette phase initiale marque un tournant discret mais décisif.

La réhabilitation ne sera ni rapide ni simple. Elle sera longue, coûteuse et politiquement explosive.

Mais elle a commencé. En silence. Derrière la ligne jaune.

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