France : Les dons pour les synagogues en chute libre

Actualités, Antisémitisme/Racisme, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Aujourd'hui, certaines synagogues parisiennes sont en grande difficulté financière. En effet, l'économie juive s'est vue chuter après les événements tragiques en France et les départs pour Israël, l'alya. Rappelons que les synagogues ne vivent que des dons des fidèles.   

En 2015, la synagogue de la Roquette fait le bilan des dons « Je crois qu'avec un chiffre qui chute de 32 % on peut dire que les dons sont largement en baisse ! Les dépenses, elles, en revanche n'ont pas diminué » souligne Yves Krief ,le trésorier de la synagogue.

Yves Krief  souligne " 32 % de dons en moins, cela ne veut pas dire 32 % d'alya. La fréquentation est en baisse d'environ 5 à 7 % mais ce sont les plus gros donateurs qui partent ». 

Pour le rabbin Michel Serfaty,dans sa synagogue de Ris-Orangis dans l'Essonne, Kippour a été plus que révélateur « C'est impensable. D'habitude, les fidèles s'inscrivent des mois à l'avance. Là, les synagogues ont eu entre 5 et 10 % de réservations en moins. Les deniers du culte sont impactés », réagit le responsable religieux.

A La Roquette, bien que la synagogue soit pleine à craquer tous les jours pour les offices , les 70 places pour Kippour facturées jusqu'à 300 € n'ont pas été réservées cette année. Yves Krief décrit c'est une « véritable hémorragie ».

Certaines synagogues pratiquent l'enchère ouverte pour des Brakhot ou des montées à la Torah, et ce, même le jour saint de Yom Kippour. Le Choul'han 'Aroukh Hilkhot, Chabbath 306,6 permet explicitement de faire des dons pour une synagogue durant Chabbath, car il s'agit d'argent utilisé pour "le ciel", c'est-à-dire à des fins spirituelles.

De même, il est permis de faire les comptes, réaliser des enchères, à partir du moment où la destination de cet argent est une Mitsva synagogue, Tsédaka, Yéchiva.

Cela est permis pendant le  Shabbat  à plus forte raison le jour de Kippour.
Il faut rappeler que la sainteté de Kippour est moins grande que celle de Chabbath.

Fait d'une manière ostentatoire, le fait de "publier" ces dons permet d'encourager les autres personnes à donner. L'importance des dons est vitale pour ce lieu culte.    

En effet, une synagogue doit payer son loyer et ses impôts locaux comme n’importe quelle entreprise. Mais aussi ses charges sociales sur les salaires versés, les livres de prières pour les offices, des manuels scolaires pour les enfants du Talmud Torah, des livres d’études pour les cours, des accessoires religieux pour toutes les occasions, des produits alimentaires et des boissons pour les Quiddouchim et les activités chabbatiques.

Elle a également une vocation sociale, importante, auprès des familles défavorisées qui viennent demander un soutien occasionnel ou plus régulier, auprès des malades qu’il faut assister, auprès des enfants nécessiteux qu’il faut aider dans leurs études.

La Synagogue Don Isaac Abravanel, plus connue sous le nom de Synagogue de la Roquette,

La Synagogue Don Isaac Abravanel, plus connue sous le nom de Synagogue de la Roquette,

Pour la Grande Synagogue de la Victoire, à Paris, outre les mariages qui représentent environ 20% des recettes totales d’une année, équivalent aux dépenses, le reste des recettes provient à 30% des réservations des places pour les fêtes et à 50% des dons accordés par les fidèles pendant les offices religieux.

Mais depuis 3 ans le budget n'a plus d'équilibre. La cause : financement du redéploiement des  activités de jeunesse, Talmud Torah, groupes d’étudiants, lancement des travaux importants de mise en conformité technique des installations, et soutien d'un nombre croissant de familles en difficulté.

 

 

Nathalie ZADOK

 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi