Yvette Farnoux, survivante d'Auschwitz et grand'croix de Légion d'honneur

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yvette.jpgHuitième française de l'histoire grand'croix de la Légion d'honneur, Yvette Farnoux, élevée à la plus haute dignité de l'ordre lors de la promotion du 1er janvier, est une femme discrète qui parle peu de la Résistance et de sa déportation à Auschwitz et à Ravensbrück.

Dans son appartement de la proche banlieue au sud de Paris, Yvette Farnoux, 89 ans, l'oeil gris bleu lumineux sous un casque de cheveux blancs, consent pourtant à montrer son numéro de déportée (80583) tatouée sur son bras.

Elle avait raconté sa Résistance et sa déportation dans "Héroïnes françaises" (éditions Du Rocher), paru au début 2008, où l'auteur Monique Saigal avait consacré un chapitre à Yvette Baumann qui épousa Abel Farnoux, également résistant, décédé le 30 juillet 2008.

Yvette Baumann rejoint la Résistance en 1941, à l'âge de 22 ans, sous les ordres de la célèbre Berty Albrecht, en volant du ravitaillement pour des résistants emprisonnés.

Tout en travaillant au Commissariat au chômage (organisme dépendant du Secours national, crée par Vichy), la jeune femme prend en charge l'aide des familles de prisonniers avant de remplacer en 1943 Berty Albrecht, après son arrestation, comme responsable du service social des Mouvements unis de la Résistance (MUR, Combat, Franc-Tireur et Libération-Sud).

A ce poste, Yvette Baumann prépare également des évasions de résistants. Elle est arrêtée un "dimanche de janvier" 1944 à Paris, à son domicile avec son premier mari. Elle ne le revit jamais. Jean-Guy Bernard, également juif, secrétaire général de Combat, fut déporté dans l'un des derniers convois et mourut entre Drancy et Auschwitz.

Enceinte de 8 mois et demi, elle tente de se suicider en s'ouvrant les veines du poignet gauche avec une lame de rasoir cachée dans la doublure de son manteau et accouche d'un bébé mort. Transportée à l'hôpital de Blois, elle s'en évade. Reprise, elle passe à la prison de Fresnes, puis à Drancy d'où elle est déportée vers Auschwitz-Birkenau en avril 1944, puis à Ravensbrück, le seul camp de concentration réservé aux femmes.

A la libération du camp par l'Armée rouge le 30 avril 1945, Yvette Baumann rencontre Abel Farnoux, évadé de Buchenwald après 22 mois de captivité. Portant un uniforme d'officier américain, il est chargé du rapatriement des déportés de la zone. Les deux anciens déportés se marieront l'année suivante. Ils auront trois enfants.

Abel Farnoux, à l'origine du procédé de télévision Videocolor, sera également conseiller d'Edith Cresson, Premier ministre en 1991. Il était grand officier de la Légion d'honneur.

Sept autres femmes ont été élevées à la dignité de grand'croix de la Légion d'honneur, dont trois résistantes: Geneviève de Gaulle-Anthonioz (décédée en 2002), Germaine Tillion (décédée en 2008) et Gilberte Champion. Les quatre autres sont Jacqueline de Romilly, Simone Rozès, la générale Valérie André et Christiane Desroches-Noblecourt.

Vos réactions

  1. c.stark@orange.fr'Cathy Stark

    J’ai appris il y a quelques années que mon grand-père a été déporté à Auschwitz (convoi 55 du 26 juin 1943).Il n’est jamais revenu comme tant d’autres.
    Mon père et ma grand-mère n’ont jamais rien dit, j’ignorais qu’ils étaient juifs et aujourd’hui je veux réparer et honorer son souvenir pour que les nazis n’aient pas réussi à l’effacer complètement.Il a son nom sur le mur des noms.
    Je me suis lancé dans les recherches et souhaiterais de tout coeur rencontrer une personne qui a vécu Drancy et Auschwitz comme lui.
    Merci de transmettre mon message à Madame Yvette Farnoux.
    J’attends avec impatience une réponse

    Cathy Stark

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