Yémen: le meurtrier d'un juif défend son acte avec des propos incohérents

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AMRAN (Yémen) - Un Yéménite jugé pour le meurtre de l'un de ses compatriotes de confession juive a défendu son acte lundi tout en tenant des propos incohérents, devant un tribunal d'Amran, au nord de Sanaa.

Abdel Aziz Yahia al-Abdi, 39 ans, accusé d'avoir tué par balle Masha Yaïche Nahari le 11 décembre, a comparu en état d'arrestation devant la cour d'Amran, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Sanaa.

Il a affirmé "avoir mis les juifs devant le choix de se convertir à l'islam, de quitter le Yémen ou de se faire tuer" par lui.

"Ce message était contenu dans ma thèse de doctorat dont le sujet est la guerre électronique et le jihad", a-t-il ajouté.

Quand l'un de ses cinq avocats a tenté de dire à la cour que son client était "un déséquilibre mental qui a quitté la force aérienne, où il était pilote, en raison de sa maladie", l'accusé a répondu: "Ce discours est en faveur des juifs".

"Souriez, ce discours est en votre faveur", a-t-il dit à l'adresse des membres de la famille de la victime, présents dans la salle d'audience, en demandant à "être représenté par un avocat américain".

Il a ensuite pressé ses proches, nombreux dans la salle d'audience, de "chasser les avocats", ce qui n'a pas empêché ces derniers de demander au tribunal de soumettre leur client à un examen psychiatrique pour déterminer s'il était responsable de ses actes.

La parole a été donnée au père de la victime, qui a déclaré en se tournant vers l'accusé, debout dans une cage métallique, portant l'uniforme bleu des prisonniers: "Cet homme nous a porté préjudice, que Dieu lui porte préjudice". "Je demande qu'il soit puni selon la loi divine", a-t-il dit.

A l'issue de l'audience, la deuxième depuis l'ouverture du procès samedi, le tribunal a décidé de soumettre l'accusé à un examen psychiatrique, fixant la prochaine audience au 31 décembre.

L'avocat général avait pourtant estimé que l'accusé était en pleine possession de ses facultés mentales.

Le correspondant de l'AFP s'est rendu dans la maison de la victime, père de neuf enfants, dans la localité de Rida, proche d'Amrane, où l'un de ses fils Sassa, 13 ans, a indiqué que son père avait été abattu par une balle de revolver près de sa maison alors qu'il était en train d'acheter des feuilles de qat à effet euphorisant que les Yéménites ont l'habitude de mâcher.

Le nombre de juifs dans la région d'Amran est estimé à 250 et dans l'ensemble du Yémen à 400.

Au moment de la création d'Israël en 1948, la communauté juive du Yémen comptait 60.000 personnes, dont 48.000 ont émigré dans l'Etat hébreu durant les trois ans ayant suivi.

Les juifs ont ensuite vu leur nombre baisser pour atteindre un millier au début des années 1990. Ils ont été alors interdits de voyager mais nombre d'entre eux sont à leur tour partis dès la levée de cette mesure, en 1993.

Aujourd'hui encore, les jeunes optent pour l'émigration aux frais d'organisations juives internationales qui payent leurs études à l'étranger, notamment aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

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