Inédit en Israël : L'homme le plus à gauche Yaïr Golan tend la main aux Haredim

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Yaïr Golan aux haredim : la main tendue, mais pas de chèque en blanc

Par Claudine Douillet

La clé du prochain gouvernement israélien pourrait se trouver à Bnei Brak. Et c’est l’homme le plus à gauche du bloc du changement qui vient d’en fixer le prix.

Une ouverture inédite

Samedi soir, Yaïr Golan, chef des Démocrates, s’est dit prêt à coopérer avec les partis haredim pour former un « gouvernement du changement » qui remplacerait celui de Benjamin Netanyahu. Venant de lui, le geste n’a rien d’anodin. Ancien chef d’état-major adjoint, il a longtemps été l’un des critiques les plus durs des exemptions de service militaire accordées aux étudiants des yeshivot.

Les trois conditions

Golan n’abandonne pourtant rien sur le fond. Il pose trois exigences : le service militaire, l’entrée des haredim dans le monde du travail et le respect du mode de vie laïc. Son raisonnement est économique autant que politique : selon lui, la classe moyenne ne peut plus porter seule le fardeau sécuritaire et financier du pays. Chaque enfant israélien, dit-il, doit acquérir les compétences nécessaires pour gagner sa vie.

Sur le shabbat, il réclame la réciprocité : l’État respecte le mode de vie haredi, les haredim doivent respecter celui des laïcs, ce qui passe par des transports publics et des cafés ouverts le samedi. Il insiste toutefois sur un point : il ne cherche pas à « punir » les haredim. Et il marque sa différence avec Netanyahu par une formule : il n’ira pas à Bnei Brak ni à Mea Shearim, ses partenaires devront venir le voir à Ramat Gan.

Pourquoi les haredim sont devenus incontournables

L’arithmétique explique ce virage. Avigdor Liberman refuse un gouvernement qui dépendrait des partis arabes. Pour atteindre 61 sièges, le bloc d’Eisenkot doit donc attirer le Judaïsme unifié de la Torah, puis le Shas. Liberman lui-même a assoupli sa position sur la conscription, ce que le Judaïsme unifié de la Torah a salué.

Selon une analyse de Ynet publiée ce dimanche, c’est précisément ce scénario qui inquiète Netanyahu. Il soupçonne Liberman de se coordonner plus étroitement qu’il ne l’admet avec les hassidim de Gour, dont la direction serait prête à rompre avec le bloc de droite. La pression se concentre sur Aryé Déri, que le Premier ministre juge peu susceptible de basculer, sans en être certain. Le Shas dément pour l’instant tout ralliement.

Une figure du bloc du changement résume l’équation : soit un gouvernement avec les haredim, soit de nouvelles élections. Golan vient de dire à quelles conditions il accepterait la première option.

(Walla) https://www.walla.co.il/news/politics/383960433
(Ynet) https://www.ynetnews.com/article/sy487dttgx

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