Iran : Nuit d'explosions sur la côte d'Ormuz Téhéran lève la limite de portée de ses missiles

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Iran : nuit d’explosions sur la côte d’Ormuz, Téhéran lève la limite de portée de ses missiles

Par Claudine Douillet

Entre Washington et Téhéran, la trêve n’est déjà plus qu’un mot. En vingt-quatre heures, les frappes américaines, les explosions en série sur la côte sud de l’Iran et les menaces des Gardiens de la révolution ont ramené le Golfe au bord de l’embrasement.

Une frappe éclair, puis une nuit d’explosions

Tout a commencé vendredi. Les forces américaines ont détruit un système de défense aérienne installé sur l’île de Qeshm, à l’entrée du détroit d’Ormuz. C’était leur première frappe depuis les élections de mi-mandat aux États-Unis. Selon le site américain Axios, cité par Israel Hayom, il s’agissait d’une riposte : un lanceur iranien venait de tirer un missile contre un chasseur américain. Donald Trump a d’abord refusé de commenter, avant de parler de « petites frappes » qui auraient réduit l’installation à néant en quelques minutes.

Samedi soir, la situation a changé d’échelle. L’agence officielle IRNA a fait état d’explosions à Bandar Jask, à Qeshm, à Sirik et à Bandar Abbas, le grand port militaire du sud. Un responsable iranien a confirmé qu’un site avait été visé près de Jask, sans préciser lequel. Des médias iraniens affirment que des missiles antinavires ont été tirés contre la marine américaine, ce qui n’a pas été confirmé de source indépendante. Les Gardiens de la révolution disent aussi que deux pétroliers entrés dans une « zone interdite » ont sauté sur des mines.

Le blocus se resserre

Côté américain, le CENTCOM a immobilisé dans le golfe d’Oman le cargo Huda. Son équipage avait ignoré plusieurs sommations alors qu’il tentait de forcer le blocus naval imposé à l’Iran. Un appareil américain a tiré des munitions de précision sur la poupe du navire. Washington a aussi créé une nouvelle force, baptisée « Iron Gate », chargée de bloquer les armes et les marchandises sous sanctions qui passent par les frontières terrestres iraniennes et par la Caspienne.

Téhéran hausse le ton

La réponse politique est venue de deux voix. Mohsen Rezaei, figure du pouvoir iranien, a raillé une administration américaine qui aurait « perdu la guerre et les élections », et promis une riposte destructrice en cas de nouvelle guerre. Le porte-parole des Gardiens de la révolution a annoncé que la limite que l’Iran s’imposait sur la portée de ses missiles balistiques était levée. Pour Israël, l’annonce est lourde de sens : elle supprime l’un des rares garde-fous déclarés du programme balistique iranien.

La diplomatie n’est pas morte

Paradoxe de la séquence, les canaux restent ouverts. Le vice-président JD Vance mène des contacts discrets par l’intermédiaire de médiateurs, au premier rang desquels le Qatar. Doha propose un plan en deux jours : levée du blocus et dégel d’une partie des avoirs iraniens, que Walla chiffre à environ 8 milliards de dollars en citant la presse britannique, en échange du retour des inspecteurs de l’AIEA sur les sites nucléaires bombardés et de la réouverture d’Ormuz. Donald Trump l’assure : « Nous parlons avec l’Iran. »

À Jérusalem, où le gouvernement sortant expédie les affaires courantes en pleine formation de coalition, chaque explosion sur la côte iranienne se lit à l’aune d’une question : Israël sera-t-il entraîné dans un nouveau round ?

(Israel Hayom) https://www.israelhayom.co.il/news/world-news/middle-east/article/21799721
(Walla) https://www.walla.co.il/news/world/383960449

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