Alyah des Juifs de France : Une occasion historique à ne pas rater selon Zvi Hauser

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Alyah des Juifs de France : Zvi Hauser exige une campagne nationale de six mois et accuse Netanyahou de rater une occasion historique

Par Claudine Douillet

Israël doit lancer sans attendre une campagne nationale de six mois pour faire venir les Juifs de France. C'est l'appel lancé dans Israel Hayom par Zvi Hauser, ancien secrétaire du gouvernement, qui voit dans la crise française une fenêtre historique et fixe un horizon de 200 000 nouveaux immigrants.

La France dans la rue, Israël spectateur

Depuis près d'un mois, la France traverse l'une des plus graves vagues de troubles de son histoire récente. Parti des lycées du nord de la banlieue parisienne, le mouvement s'est transformé en révolte contre la vie chère et la flambée des prix du carburant et de l'énergie. Le week-end des 17 et 18 octobre, au moins 550 000 personnes ont manifesté dans le pays. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a fait état de 2 513 interpellations en deux jours. Des commerces ont été pillés, des bâtiments incendiés, et l'hôtel de ville historique de Limoges est parti en fumée. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a étendu les couvre-feux, déjà en vigueur dans certains quartiers de Paris, Lyon et Lille, tandis qu'à Nice, Éric Ciotti a instauré un couvre-feu pour les mineurs.

En Israël, ces images ont suscité deux réactions, constate Zvi Hauser. Certains s'inquiètent. D'autres dissimulent mal leur satisfaction de voir vaciller l'un des États européens les plus critiques envers Israël. L'auteur rejette les deux postures et pose une seule question : comment transformer la crise française en occasion historique pour l'État juif ?

Un demi-million de Juifs face à l'incertitude

La France abrite environ 500 000 Juifs, la première communauté d'Europe et l'une des plus importantes du monde, profondément liée à Israël. Mais son environnement s'est durci. Antisémitisme, peur pour la sécurité personnelle, tensions sociales et instabilité politique poussent de nombreuses familles à se poser des questions qui paraissaient impensables il y a encore quelques années. Israel Hayom rappelle au passage la synagogue cambriolée et vandalisée dans le 19e arrondissement de Paris à la mi-octobre.

Zvi Hauser ne prétend pas que tous les Juifs de France veulent partir, ni que chaque crise se traduira par des départs. C'est précisément pour cette raison, selon lui, qu'Israël doit agir. Une fenêtre historique ne s'ouvre pas quand des centaines de milliers de personnes ont déjà fait leurs valises, mais au moment où les circonstances les poussent à reconsidérer leur avenir. Il estime qu'un travail engagé dès aujourd'hui pourrait à terme amener au moins 200 000 Juifs de France en Israël.

Le « 11e million », objectif national d'Israel Hayom

Cette tribune s'inscrit dans une initiative lancée il y a environ un an par le quotidien : faire venir un million de Juifs en Israël au cours de la prochaine décennie. Baptisé « le 11e million », le projet est présenté comme une réponse stratégique aux défis démographiques, économiques, sociaux et sécuritaires du pays. Une immigration de cette ampleur, écrit l'auteur, changerait le cours de l'histoire d'Israël.

Netanyahou accusé d'un échec stratégique persistant

La charge contre le gouvernement est sévère. Selon Zvi Hauser, l'exécutif ne mesure pas l'enjeu et préfère la passivité à l'initiative. L'alyah n'est pas traitée comme une priorité nationale absolue mais comme un dossier dispersé entre ministères et agences, chacun dans son périmètre et avec son budget. L'État s'occupe surtout d'intégrer ceux qui ont déjà décidé de venir, au lieu d'aller les chercher. Benyamin Netanyahou, écrit-il, ne s'est pas réveillé face au défi.

L'ancien secrétaire du gouvernement rappelle qu'Israël a su absorber près d'un million d'immigrants en moins de dix ans, à une époque où le pays était plus petit et plus pauvre. Ce qui manque aujourd'hui, selon lui, ce ne sont pas les moyens, mais la conscience de l'ampleur de l'opportunité. La France doit être le terrain où Israël rompt avec cette routine.

Six mois, des objectifs chiffrés et des échéances

Sa proposition est précise. Au lendemain des élections israéliennes, le nouveau gouvernement devrait annoncer une campagne nationale de six mois consacrée à l'alyah des Juifs de France. Fini les salons ponctuels et les actions de routine des organismes d'intégration : il réclame une mobilisation exceptionnelle et coordonnée, avec des cibles définies, des ressources dédiées et un calendrier clair. L'objectif affiché est de faire venir des dizaines de milliers de Juifs français dans les prochaines années, en ouvrant dès les premiers mois des parcours concrets pour plusieurs milliers de familles.

Les employeurs israéliens appelés à recruter en France

Le cœur du plan repose sur une inversion de logique. Israël manque cruellement de main-d'œuvre qualifiée. Les hôpitaux cherchent des médecins et des infirmières, les entreprises technologiques des ingénieurs, l'industrie des ouvriers qualifiés et les transporteurs des chauffeurs de bus. La pénurie touche presque tous les secteurs de la vie quotidienne et pèse sur la productivité comme sur la qualité des services publics.

Plutôt que d'attendre qu'un Juif de France décide de faire son alyah pour l'aider à trouver un emploi, Zvi Hauser propose de commencer par l'emploi. Banques, compagnies d'assurances, hôpitaux, industriels, entreprises technologiques, chaînes de distribution et sociétés de transport devraient se rendre en France pour recruter directement, avec contrats de travail, formation et reconversion professionnelle à la clé. L'alyah cesserait alors d'être un projet lointain pour devenir un plan de vie concret. « Ce n'est pas de la philanthropie », insiste l'auteur, qui y voit un intérêt économique évident doublé d'une portée nationale.

Diplômes, logement, école : lever les obstacles

À l'État de faire sa part. Zvi Hauser demande la suppression des blocages bureaucratiques, une reconnaissance accélérée des diplômes et des licences professionnelles, ainsi qu'une aide au logement et à la scolarisation des enfants. L'Agence juive et les institutions nationales doivent être des partenaires centraux. Il reconnaît que des salons de l'emploi réunissant des employeurs israéliens existent déjà en France, mais juge qu'il y a un abîme entre des initiatives isolées et une véritable campagne nationale.

Le précédent Shamir et l'alyah soviétique

Pour convaincre, l'auteur invoque l'histoire. Il y a trente-cinq ans, Yitzhak Shamir avait compris que la vague d'immigration venue d'Union soviétique n'était pas seulement un défi d'intégration, mais une chance de transformer le pays. Un Israël de cinq millions d'habitants s'était mobilisé pour une mission jugée presque impossible, posant les bases de ce qui deviendrait la « Start-up Nation ». Plus riche et plus puissant qu'en 1990, l'Israël d'aujourd'hui n'a, selon lui, aucune excuse.

La France ne serait qu'un premier test. En cas de succès, le modèle pourrait être étendu au Royaume-Uni, au Canada, à l'Australie, à l'Argentine, à l'Allemagne et à la Russie. Le principe resterait le même : passer d'une politique qui attend les immigrants à une politique qui va les chercher.

Une tribune, pas encore une politique

Il s'agit à ce stade d'une prise de position éditoriale, et non d'une décision gouvernementale. Mais elle pose une question qui concerne directement les Juifs de France : Israël est-il prêt à leur offrir autre chose que des promesses, à savoir un emploi, un logement et des diplômes reconnus dès l'arrivée ? La réponse dépendra du gouvernement qui sortira des urnes.

Source : Israel Hayom, « France's crisis is a historic opportunity, but Israel is missing it », Zvi 

Dans Israel Hayom, Zvi Hauser réclame une campagne nationale de six mois pour l'alyah des Juifs de France et vise 200 000 immigrants face à la crise française.

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