« Am Israël Haï » : le cri d’un ministre belge face à l’antisémitisme ambiant de Bruxelles

Actualités, Antisémitisme/Racisme, International - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
« Am Israël Haï » : le cri d’un ministre belge face à l’antisémitisme ambiant de Bruxelles

Belgique et Israël : Francken et Bouchez brisent le front critique du gouvernement fédéral

Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, a publié « Am Israël Haï » le 7 octobre à 6h29, l'heure exacte du début de l'attaque du Hamas. Dans un gouvernement parmi les plus sévères d'Europe envers Israël, ce message et le soutien affiché par le président du MR, Georges-Louis Bouchez, révèlent une fracture au sommet de l'État belge.

Par Claudine Douillet i 14 octobre

La Belgique s'est imposée depuis le 7 octobre 2023 comme l'une des voix les plus critiques envers Israël au sein de l'Union européenne. Pourtant, au cœur même de son gouvernement, deux figures majeures affichent ouvertement leur solidarité avec l'État juif. Le quotidien israélien Ynet, sous la plume de son correspondant diplomatique Itamar Eichner, a mis en lumière ce paradoxe le 13 octobre.

Une politique belge parmi les plus dures d'Europe envers Israël

Bruxelles a multiplié les mesures contre Jérusalem depuis le massacre du 7 octobre. En septembre 2025, la Belgique a déclaré persona non grata sur son territoire les ministres israéliens Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich. Elle a également restreint ses exportations d'armes vers Israël et décidé de limiter certains services consulaires offerts aux citoyens belges résidant dans les implantations de Judée-Samarie.

Ces décisions ont placé le royaume dans le peloton de tête des capitales européennes les plus hostiles à la politique israélienne. Ynet n'hésite pas à qualifier une partie des responsables belges de franchement anti-israéliens. C'est précisément ce contexte qui donne tout son poids aux gestes de soutien venus de l'intérieur de la coalition.

Trois mots publiés à 6h29 le jour anniversaire du massacre

Le 7 octobre 2026, troisième anniversaire de l'attaque du Hamas, Theo Francken a publié sur le réseau X un message de trois mots : « Am Israël Haï », le peuple d'Israël est vivant. Il l'a accompagné de deux cœurs bleu et blanc, aux couleurs du drapeau israélien.

L'heure de publication n'avait rien d'un hasard. Le ministre a choisi 6h29, la minute précise où les terroristes du Hamas ont lancé leur offensive contre les localités du sud d'Israël. Un geste symbolique fort, que peu de dirigeants européens en exercice ont osé ce jour-là.

Theo Francken, un soutien constant à Israël

Le ministre de la Défense, issu du parti nationaliste flamand N-VA, n'en est pas à son premier engagement. Ynet le décrit comme un responsable politique courageux qui n'a jamais caché son soutien à Israël et qui a régulièrement accusé les précédents gouvernements belges d'adopter une attitude hostile et injuste envers un État démocratique.

En novembre 2023, quelques semaines après le massacre, il avait condamné les ministres du gouvernement belge de l'époque qui refusaient de qualifier le Hamas d'organisation terroriste ou qui appelaient au boycott d'Israël. En juin 2025, dans une interview accordée à la chaîne Al Arabiya, il avait affirmé qu'il était essentiel qu'Israël conserve le monopole de l'arme nucléaire au Moyen-Orient afin de contenir la menace iranienne contre l'Occident. Une déclaration rare dans la bouche d'un ministre européen de la Défense.

Georges-Louis Bouchez défend le droit d'Israël à se protéger

Theo Francken n'est pas isolé. Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement réformateur (MR), deuxième formation de la coalition fédérale, a participé cette semaine à une cérémonie à la mémoire des victimes du 7 octobre, aux côtés de l'ambassadeur d'Israël en Belgique.

Dans son discours, le chef de file des libéraux francophones a pris une position sans ambiguïté en faveur d'Israël et de la communauté juive. Il a affirmé le plein droit de l'État juif à se défendre contre le terrorisme et a désigné explicitement le régime iranien comme la source de la menace qui pèse sur lui. Venant du dirigeant d'un parti pivot de la majorité, ces propos tranchent avec la ligne officielle de Bruxelles.

David Saranga, un ambassadeur qui parle aux Belges dans leurs langues

Le nouvel ambassadeur d'Israël, David Saranga, a présenté ses lettres de créance au roi Philippe le 7 octobre, jour du troisième anniversaire du massacre. Sur X, il a souligné la portée de cette date, rappelant qu'en Israël la douleur et l'espoir partagent souvent le même jour. Il a expliqué entrer au palais royal en portant la mémoire des victimes et la détermination de son peuple à vivre et à prospérer, ajoutant que les ennemis d'Israël avaient tué les siens sans briser leur esprit.

Dès son arrivée, le diplomate s'est adressé directement au public belge par une série de vidéos en français, en néerlandais et en arabe. Il y appelle à mettre fin aux boycotts contre Israël, évoque le combat israélien contre l'islam radical et avertit que cette menace existe aussi sur le sol européen, sous la forme de cellules terroristes actives ou dormantes. Il plaide enfin pour un dialogue avec la population musulmane modérée, estimant que les démocraties attachées à la liberté et à la vie ont la responsabilité commune de relever ce défi.

David Saranga est connu comme l'un des pionniers des nouvelles technologies dans la diplomatie publique israélienne. Dès 2023, il s'était exprimé en huit langues dans une série de vidéos du ministère des Affaires étrangères destinées à toucher les opinions publiques du monde entier.

Un enjeu direct pour les Juifs de Belgique

Pour la communauté juive de Belgique, concentrée à Bruxelles et à Anvers, ces signaux comptent. Depuis trois ans, elle fait face à une montée des actes antisémites et à un climat politique qu'elle perçoit souvent comme défavorable. Voir un ministre de la Défense et le président du deuxième parti de la majorité afficher publiquement leur soutien à Israël rappelle que la position belge n'est pas monolithique.

Reste à savoir si ces voix pèseront sur la politique étrangère du royaume ou si elles demeureront des gestes symboliques dans un gouvernement qui maintient ses sanctions. Une chose est acquise : le 7 octobre 2026, à 6h29, un ministre belge a choisi son camp.

Source : Ynet, article d'Itamar Eichner, 13 octobre 2026.

Le ministre belge de la Défense Theo Francken a posté « Am Israël Haï » le 7 octobre à 6h29, malgré la ligne dure de Bruxelles envers Israël.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi