NAZA : 10 shekels par victime ? L’accusation choc que personne n’a encore pu vérifier -vidéo-

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
NAZA : 10 shekels par victime ? L’accusation choc que personne n’a encore pu vérifier

NAZA : 10 shekels par victime ? L’accusation choc que personne n’a encore pu vérifier

Un témoin anonyme affirme que les producteurs de NAZA auraient rémunéré leurs sources en fonction du nombre de morts palestiniens annoncés. Dix shekels par victime supplémentaire : l’accusation est explosive. Mais derrière le scandale, une question demeure entière : qui est ce témoin, a-t-il réellement participé au film et qui a vérifié son récit ?

Un témoin masqué accuse NAZA de payer pour gonfler les bilans

La vidéo, publiée par Shmulik Maman, dirigeant de Quentin Investigations, montre un jeune homme au visage dissimulé affirmant avoir participé à NAZA.
Selon lui, les réalisateurs auraient proposé 10 shekels pour chaque décès supplémentaire déclaré : un témoignage faisant état de 500 morts aurait ainsi rapporté 5 000 shekels.

Le jeune homme conteste également les chiffres avancés dans le film, notamment l’affirmation selon laquelle 400 à 500 civils auraient été tués lors d’un même incident. Selon son propre récit, le bilan le plus élevé qu’il connaissait concernant des dommages collatéraux était celui de la frappe ayant tué le chef militaire du Hamas, Mohammed Deif, qui aurait fait environ 90 morts, dont, affirme-t-il, près de la moitié étaient des membres du Hamas. Il dit aujourd’hui regretter sa participation au documentaire et accuse ses réalisateurs d’avoir été guidés par des motivations idéologiques et financières.

Mais une réserve majeure demeure : aucune preuve de ces accusations n’a été produite. Interrogé par Walla, Shmulik Maman a reconnu n’avoir ni vérifié ni cherché à vérifier les déclarations de son interlocuteur, expliquant que son rôle était de lui offrir une plateforme.

Ni le témoin, dont l’identité reste cachée, ni Quentin Investigations n’ont publié de document établissant sa participation au film ou confirmant les paiements allégués.

Cette vidéo ajoute ainsi une nouvelle pièce à la controverse qui entoure NAZA, le documentaire de Yuval Abraham et Rachel Szor récompensé du Prix spécial du jury à Venise et vivement contesté en Israël pour ses accusations visant Tsahal. L’accusation est spectaculaire ; sa démonstration, elle, reste à faire.

 

Dix shekels pour chaque mort supplémentaire ?

Alors que NAZA, le documentaire de Yuval Abraham et Rachel Szor, continue de provoquer une violente controverse en Israël après son Prix spécial du jury à la Mostra de Venise, une nouvelle accusation vient jeter le trouble sur les méthodes employées pour réaliser le film.

Un jeune homme, présenté comme ayant participé au documentaire, a accepté de témoigner devant le cabinet d’enquête privé Quentin Investigations, dirigé par Shmulik Maman. Son visage est dissimulé et son identité n’est pas révélée.

Son accusation est spectaculaire : selon lui, la production aurait proposé 10 shekels pour chaque victime supplémentaire déclarée. Autrement dit, annoncer 400 morts aurait rapporté 4 000 shekels, 500 morts 5 000.
Si elle était démontrée, une telle pratique modifierait radicalement la portée des accusations portées par le documentaire.
Mais c’est précisément là que commence le problème.

Le témoin affirme. La preuve, elle, manque

Le témoignage a bien été diffusé. L’accusation existe donc bel et bien. Mais aucun élément indépendant publié à ce jour ne permet d’établir que cet homme a effectivement participé au film, ni qu’il a reçu les sommes qu’il affirme avoir été proposées.

Le média israélien Walla a rapporté l’entretien et souligné l’absence de preuve permettant d’établir la participation du jeune homme au documentaire ou le paiement qu’il évoque.
Plus troublant encore : Shmulik Maman lui-même reconnaît ne pas avoir vérifié les affirmations de son interlocuteur.
L’enquêteur explique qu’il a essentiellement offert une plateforme au témoin pour qu’il puisse parler.

Autrement dit, la chaîne de vérification s’arrête avant même d’avoir commencé : un homme masqué formule une accusation extraordinairement grave, un enquêteur la filme sans authentifier son récit, puis l’accusation est reprise dans l’espace médiatique.
Cela ne prouve pas que l’homme ment.
Mais cela ne prouve pas davantage qu’il dit vrai.

Un témoin invisible face à vingt-quatre témoins invisibles

C’est ici que la polémique prend une tournure particulièrement singulière.
NAZA repose lui-même sur 24 témoignages anonymisés de personnes présentées comme des militaires ou des membres des services de renseignement israéliens. Leurs visages et leurs voix ont été modifiés afin de protéger leur identité.

Les réalisateurs présentent cet anonymat comme une nécessité pour permettre à des sources sensibles de parler.
Tsahal, de son côté, conteste précisément cette possibilité de vérification et rejette les principales accusations du documentaire.
Plusieurs responsables israéliens ont également demandé que les affirmations du film fassent l’objet d’un examen.
Et voici maintenant qu’une accusation destinée à fragiliser NAZA arrive elle aussi sous la forme d’un témoin dont personne ne peut vérifier publiquement l’identité.
Même procédé de protection.
Même impossibilité pour le public de connaître la source.
Mais avec une différence décisive : dans cette nouvelle affaire, l’enquêteur qui diffuse le témoignage reconnaît ne pas l’avoir vérifié.

Le documentaire est déjà confronté à des démentis officiels

Il serait toutefois faux de réduire la controverse autour de NAZA à ce seul témoignage.
Le documentaire affirme notamment qu’une frappe pouvait être autorisée alors que les responsables savaient qu’elle risquait de tuer plusieurs centaines de civils.
L’un des exemples les plus spectaculaires évoque jusqu’à 500 victimes civiles anticipées.

Tsahal a formellement rejeté cette affirmation, la qualifiant de fausse, et affirme n’avoir jamais planifié, autorisé ou exécuté une frappe dans laquelle 500 civils — ou un nombre comparable — auraient été considérés comme des victimes attendues.

Cette contestation officielle ne constitue évidemment pas, à elle seule, une démonstration de l’inexactitude de tout le documentaire. Mais elle établit une chose : les affirmations centrales de NAZA font l’objet de contestations factuelles précises et vérifiables.

Le documentaire repose par ailleurs sur des témoignages anonymes, ce qui rend leur vérification publique impossible. Reuters et l’Associated Press ont également rapporté que les autorités israéliennes contestent les accusations du film, tandis que les réalisateurs défendent leurs sources et leur travail journalistique.

Alors, qui dit vrai ?

C’est précisément la question que la vidéo de Quentin Investigations ne permet pas de trancher.
Le jeune homme affirme avoir participé à NAZA.
Il affirme avoir été confronté à un système de rémunération indexé sur le nombre de victimes.
Il affirme que les chiffres pouvaient être artificiellement gonflés.
Mais aucun contrat, aucun échange avec la production, aucun document financier, aucun enregistrement antérieur ni aucun élément indépendant permettant d’établir son rôle dans le film n’a été rendu public avec son témoignage.
Son récit peut être vrai.
Il peut être faux.
Il peut aussi contenir des éléments exacts et d’autres inexacts.
À ce stade, personne ne peut honnêtement transformer cette déclaration en preuve.
Et c’est précisément ce qui rend l’affaire intéressante.

Le doute porte désormais dans les deux sens

NAZA demande au public de croire des témoins qu’il ne peut pas identifier.
La nouvelle accusation demande au public de croire un témoin que lui non plus ne peut pas identifier.
Dans les deux cas, la question de la vérification devient centrale.
Le documentaire affirme présenter des témoignages de militaires et de membres des services de renseignement qui auraient été directement confrontés aux mécanismes décrits dans le film.
Son contradicteur présente un homme qui affirme avoir été l’un de ces participants.
Mais lorsqu’on demande : qui est-il ? Quand a-t-il participé ? À quel titre ? Avec qui ? Quelle preuve de sa participation existe ? A-t-il réellement reçu de l’argent ?, les réponses publiques restent absentes.
C’est là que le doute s’installe.
Non pas parce que l’accusation serait démontrée fausse.
Mais parce qu’elle n’est pas démontrée vraie.

Une affaire qui exige des preuves, pas seulement des récits

La polémique autour de NAZA est donc loin d’être close.
Le film a été récompensé à Venise et bénéficie d’une importante exposition internationale. Il est simultanément contesté par Tsahal et par des responsables politiques israéliens, tandis que ses auteurs défendent leurs sources anonymes et leur démarche journalistique.
À cette controverse vient désormais s’ajouter une accusation extrêmement précise : 10 shekels pour chaque mort supplémentaire annoncé.
Si cette accusation est exacte, des preuves doivent pouvoir apparaître.
Si elle est fausse, les éléments permettant de le démontrer devraient également pouvoir être produits.
Pour l’instant, le public dispose surtout d’un homme masqué, d’un récit explosif et d’un enquêteur qui reconnaît ne pas avoir vérifié son témoin.
Dans une affaire où chacun accuse l’autre de manipuler la réalité, une seule chose peut réellement faire la différence : les preuves.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi