Israël : la justice bloque le projet de crocodiles-gardiens de prison de Silman et Ben Gvir

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Israël : la justice bloque le projet de crocodiles-gardiens de prison de Silman et Ben Gvir

Israël : la justice bloque le projet de crocodiles-gardiens de prison de Silman et Ben Gvir

Un tribunal de Jérusalem suspend en urgence le transfert de crocodiles du Nil vers la prison de Ketziot, réclamé par la ministre de l'Environnement Idit Silman et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir.

Une ordonnance provisoire stoppe net le projet

Le tribunal de district de Jérusalem a rendu dimanche soir une ordonnance provisoire interdisant, à ce stade, toute avancée du plan controversé de transfert de crocodiles du Nil vers l'établissement pénitentiaire de Ketziot. Cette décision fait suite à une requête administrative urgente déposée par l'association « Let the Animals Live », qui juge la démarche illégale et dangereuse tant pour les animaux que pour le public.

Le juge Avraham Rubin a statué qu'aucune action ne pourra, pour l'instant, être entreprise sur la base de la déclaration de la ministre de l'Environnement Idit Silman classant les crocodiles du Nil comme « animal sauvage domestiqué ». L'ordonnance restera en vigueur jusqu'à ce qu'une décision soit rendue sur la demande d'injonction provisoire, une fois que l'État aura transmis sa réponse, attendue sous quinze jours. Les travaux de creusement des douves destinées à accueillir les reptiles autour de la prison de Ketziot pourront en revanche se poursuivre.

Une plainte contre la ministre, Ben Gvir et l'administration pénitentiaire

La requête vise conjointement la ministre de l'Environnement, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et le Service pénitentiaire israélien. L'association réclame l'annulation de la décision prise par la ministre le 15 juillet, censée permettre l'usage de crocodiles à des fins de surveillance et de dissuasion dans les prisons, en les retirant du statut d'espèce sauvage protégée et en supprimant les mécanismes de licence et de contrôle qui s'y rattachent.

Selon la requête, le Service pénitentiaire aurait déjà engagé des opérations sur le terrain, notamment le creusement d'une tranchée autour de la prison de Ketziot et des rencontres avec des détenteurs de crocodiles. Le projet pilote mobiliserait 21 millions de shekels puisés dans le budget du ministère de la Sécurité nationale.

« Les crocodiles ne sont pas une arme »

Pour « Let the Animals Live », la décision a été prise sans autorité légale et en ignorant les objections des experts et des conseillers juridiques. Les avis joints à la requête alertaient sur les dangers pour les crocodiles eux-mêmes, pour le public et pour l'environnement.

Les avocates Hagit Gluska et Amnon Keren, représentant le département juridique de l'association, ont réagi après la décision : le tribunal a stoppé ce soir une démarche dangereuse et illégale, déjà engagée sur le terrain au mépris de l'avis des professionnels. Les crocodiles ne sont ni une arme, ni un outil punitif, ni un décor de campagne politique. L'ordonnance empêche, à ce stade, la réalisation de travaux irréversibles, une souffrance animale grave et le gaspillage de millions de shekels. L'association affirme poursuivre son combat jusqu'à l'annulation totale du projet.

De son côté, le ministre Ben Gvir a dénoncé la décision : selon lui, le système judiciaire se range une nouvelle fois du côté des terroristes en pleine guerre et fait échouer des mesures dissuasives importantes. Il affirme que les terroristes redoutaient l'arrivée des crocodiles, mais que la justice serait aujourd'hui venue à leur secours.

Une classification contestée par les experts

À la mi-juillet, la ministre Silman avait déjà provoqué une controverse en classant le crocodile du Nil comme « animal sauvage domestiqué », contre l'avis de la conseillère juridique de son propre ministère et de l'Autorité de la nature et des parcs. Cette décision visait à permettre au Service pénitentiaire de positionner des crocodiles autour des prisons. Les spécialistes avertissent qu'une telle mesure est sans précédent, dépourvue de fondement professionnel, et pourrait même contrevenir à la loi.

L'Autorité de la nature et des parcs a fait savoir que ce projet n'est tout simplement pas envisageable, la détention d'animaux sauvages de ce type n'étant autorisée qu'à des fins éducatives, scientifiques ou de sensibilisation. Ses représentants ont tenté d'expliquer au ministre Ben Gvir et à la ministre Silman qu'il revient aux autorités de protéger ces animaux, et non l'inverse, et que cette approche ne correspond pas à l'esprit de la loi.

Un statut recyclé, détourné de son usage initial

Pour contourner ces obstacles, la ministre a choisi de recourir au statut d'« animal sauvage domestiqué ». Ce statut avait autrefois été créé pour permettre l'élevage de crocodiles destinés à l'exploitation commerciale de leur peau. Mais cet élevage avait généré de nombreux problèmes, dont des évasions de crocodiles et des craintes d'invasion du milieu naturel, mettant en danger des vies humaines. L'ancien ministre de l'Environnement Gilad Erdan y avait mis fin, une euthanasie de plus de 200 crocodiles avait fait les gris titres il y a encore quelques mois et ce sur recommandation du comité consultatif de l'Autorité de la nature et des parcs.

En réalité, la ministre Silman a ressuscité une disposition tombée en désuétude de la loi sur la protection des animaux sauvages, tout en créant dans les faits une nouvelle catégorie : celle d'animal sauvage domestiqué à des fins sécuritaires, détenu par un organisme de sécurité sous réserve de validation du besoin sécuritaire par la ministre de l'Environnement elle-même. Une telle initiative dépasse le cadre d'un simple règlement administratif et devrait, selon les critiques, passer par une législation primaire.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi