Attentat à la bombe à Monaco : le fils de l'oligarque visé se cache en Israël

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Attentat à la bombe à Monaco : le fils de l'oligarque visé se cache en Israël

Une Ukrainienne « armée et dangereuse » traquée par Interpol après l'attentat de Monaco

Un mandat d'arrêt international vient d'être délivré contre une ressortissante ukrainienne d'une trentaine d'années, résidant en Allemagne, soupçonnée d'avoir posé la bombe qui a dévasté l'entrée d'un immeuble de luxe à Monaco. L'oligarque ukrainien Vadim Yermolaev, sa maîtresse et leur fils de 13 ans ont été grièvement blessés dans l'explosion. Derrière cette affaire spectaculaire se dessine un réseau de fraudes massives, une longue liste d'ennemis, et un fil rouge inattendu menant jusqu'en Israël, où vivrait le fils aîné de l'oligarque, récemment condamné pour escroquerie.

Une notice rouge Interpol pour une suspecte insaisissable

L'information a été révélée jeudi soir par le Daily Mail. Le procureur général de la principauté, Stéphane Thibaut, a confirmé qu'un mandat d'arrêt visait une Ukrainienne d'une trentaine d'années établie en Allemagne, et qu'elle ferait l'objet dès le soir même d'une notice rouge d'Interpol. Selon une source proche de l'enquête, la suspecte aurait tenté de se faire passer pour un homme au moment des faits, avant d'être formellement identifiée grâce au témoignage d'un passant. Elle se serait ensuite enfuie en Italie avec des complices, et pourrait aujourd'hui se trouver quelque part dans les Balkans.

L'explosion du « Palais du Soleil »

La cible visée était Vadim Yermolaev, milliardaire ukrainien de 58 ans, sa compagne présumée Anna Nesovina, 46 ans, et leur jeune fils. La suspecte, dont l'identité n'a pas été rendue publique, a été photographiée devant le « Palais du Soleil », le luxueux immeuble d'appartements appartenant à l'oligarque. Peu avant 21 heures, un sac à dos piégé a explosé à l'entrée du bâtiment, déclenché à distance depuis un téléphone portable. Le bilan humain est terrible : Anna Nesovina a été amputée des deux jambes, tandis que son compagnon et elle ont été grièvement brûlés et touchés par des éclats.

Les caméras de surveillance du quartier ont capté la fuite de la suspecte, coiffée d'un chapeau noir, filant à pied vers la France voisine, dépourvue de tout poste de contrôle à cet endroit. Elle aurait rejoint la commune française de Beausoleil avant de traverser vers l'Italie. « Elle est armée et dangereuse, et serait accompagnée de complices », a averti une source proche du dossier. « Il convient de l'approcher avec la plus grande prudence. »

Une traque judiciaire à trois inculpations

Les autorités françaises et monégasques ont ouvert une enquête conjointe pour tentative d'assassinat, dépôt d'engin explosif sur la voie publique avec intention criminelle, et association de malfaiteurs. Les enregistrements montrent que la suspecte avait été repérée une première fois dans le secteur dès le matin de l'attentat, avant de revenir plus tard déposer la charge. Au moment de la déflagration, elle ne se trouvait qu'à une douzaine de mètres de distance.

Le jeune garçon de 13 ans, rapidement rétabli, a pu témoigner devant la police et le parquet. « Il leur a décrit précisément ce qu'il a vu, même si ses souvenirs sont manifestement très flous », a expliqué une source de l'enquête, qui précise que c'est sa mère qui a absorbé l'essentiel de la déflagration, l'enfant n'ayant subi que des brûlures et des blessures par éclats relativement légères.

Un oligarque « obsédé par la sécurité »

Si certaines théories évoquent l'implication du Service de sécurité ukrainien (SBU) dans l'attaque, la piste privilégiée par les enquêteurs reste celle du règlement de comptes lié au blanchiment d'argent. Au fil des années, Vadim Yermolaev s'est bâti une réputation encombrante et une longue liste d'ennemis. C'est précisément pour fuir les menaces qu'il s'était installé à Monaco, réputé pour la sécurité qu'offre la principauté. Siar Korshutov, homme d'affaires ukrainien originaire de Crimée et proche de l'oligarque, a confié au quotidien français Le Monde que son ami était « obsédé par la sécurité », ajoutant : « Vadim vit sur le fil du rasoir. »

Une escroquerie à 100 millions d'euros au cœur de l'affaire

Selon la police ukrainienne, Yermolaev aurait été visé en raison de ses liens présumés avec un vaste réseau de fraude estimé à 100 millions d'euros, organisé autour de centres d'appels basés à Dnipro. Ces structures auraient servi de plateforme à des escroqueries financières à grande échelle, opérant à travers toute l'Europe. La famille Yermolaev aurait joué un rôle central dans ce système, plaçant l'oligarque au cœur d'une vaste enquête paneuropéenne visant ces réseaux clandestins.

Le fils condamné qui « vit désormais en Israël »

C'est là que l'affaire prend une dimension particulièrement frappante. Fin 2025, Arthur Yermolyev, le fils aîné de l'oligarque, âgé de 35 ans, a été arrêté à Chypre pour son rôle présumé dans cette escroquerie de grande ampleur. Extradé vers l'Estonie, où environ 500 victimes auraient perdu chacune près de 5 millions de livres sterling, il a été condamné à cinq ans de prison. Or, selon son propre associé, Siar Korshutov, Arthur Yermolyev « vit désormais en Israël » une information qui relie directement l'entourage familial de l'oligarque au territoire israélien, en plein cœur d'une affaire de fraude internationale et de tentative d'assassinat.

Ce détail n'est pas anodin : il place, aux côtés du récit monégasque de la bombe et de la traque d'Interpol, un second volet judiciaire où le fils d'un oligarque visé par une tentative d'assassinat purge une peine pour escroquerie tout en résidant, selon les informations disponibles, en Israël. Un fil qui relie ainsi trois pays et trois volets d'une même toile criminelle : Monaco, théâtre de l'attentat ; l'Estonie, siège de la condamnation ; et Israël, lieu de vie actuel du fils condamné.

Un homme d'affaires torturé et démembré à Bali

L'ampleur de la violence entourant ce dossier ne s'arrête pas à Monaco. Dans une affaire connexe, Igor Komarov, homme d'affaires de 28 ans impliqué dans la gestion de ces centres de services, a été enlevé, torturé, tué puis démembré lors de vacances à Bali en mars dernier. « Les assassins n'ont jamais été retrouvés », a indiqué une source sécuritaire. « Cela donne une idée du genre d'ennemis auxquels Yermolaev a affaire. »

Le quotidien ukrainien Ukrainska Pravda apporte un éclairage supplémentaire, évoquant un accord de partage de territoire qui aurait mal tourné, ainsi que des dettes impayées envers des chefs du crime organisé de Dnipro  autant d'éléments qui pourraient expliquer la violence extrême déployée contre l'oligarque et sa famille.

À ce stade, la suspecte reste activement recherchée à travers l'Europe, tandis que l'enquête tente de démêler les fils d'un système de fraude tentaculaire, de règlements de comptes sanglants, et d'une famille dont les membres se trouvent aujourd'hui dispersés entre prisons européennes et exil discret en Israël.

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