Caravane Sumoud : les militants pro-Gaza tabassés à mort et arrêtés en Libye -vidéo-

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Caravane Sumoud : les militants pro-Gaza tabassés à mort et arrêtés en Libye -vidéo

Le convoi de la honte : les militants pro-Gaza tabassés et arrêtés en Libye

Censés apporter de l'aide humanitaire à Gaza, deux cents militants internationalistes se retrouvent bloqués, matraqués et expulsés en plein désert libyen. Leurs agresseurs ne sont pas des soldats israéliens ce sont les forces d'un général arabe.

La caravane de la « Résistance » face au mur libyen

Ils s'appelaient eux-mêmes la « Caravane mondiale Sumoud » sumoud, en arabe, signifie
« résistance », « fermeté ».
Deux cents militants venus des quatre coins du monde, soudés par une même ambition affichée : acheminer de l'aide humanitaire à la population de Gaza en transitant par la Libye, puis par l'Égypte.

Une route terrestre, symbolique autant que pratique, destinée à contourner les blocus maritimes et à faire pression médiatiquement sur la situation dans la bande de Gaza.
Sauf que la réalité les a rattrapés bien avant d'atteindre la frontière égyptienne, au cœur d'une Libye fracturée et sans pitié.

Le convoi progressait vers l'est du pays quand il a été stoppé net. Pas par Israël. Pas par une puissance occidentale. Mais par les forces du général Khalifa Haftar, l'homme fort qui contrôle l'est de la Libye depuis son bastion de Benghazi, et dont l'influence s'étend aujourd'hui sur une large partie du territoire national.

Des véhicules non identifiés foncent sur les tentes

Les militants du convoi ont été « attaqués avec violence », battus et traînés de force dans des autobus par les hommes du général Haftar, qui contrôle l'ouest de la Libye.
Selon les médias italiens, qui suivent de très près le sort de ces deux cents activistes, des « véhicules non identifiés » ont percuté les tentes que les militants avaient dressées après s'être vu refuser la poursuite de leur route par les autorités.

La scène est saisissante dans sa brutalité : un campement de fortune érigé en urgence au niveau d'un checkpoint, dans les environs de la ville de Syrte, transformé en quelques minutes en champ de chaos.
Des bâches arrachées, des corps projetés au sol, des cris dans plusieurs langues.
Le campement des militants, situé à un barrage routier près de Syrte, « se trouvait sous attaque » et les activistes ont contacté des médias dans l'espoir d'obtenir de l'aide.

"Ils ont été frappés jusqu'à perdre connaissance"

La porte-parole italienne de l'organisation Sumoud, Maria Elena Dalia, a confirmé le pire. Elle a déclaré : « Malgré les difficultés de communication, nous avons appris qu'il y avait des blessés suite à l'attaque violente contre le convoi terrestre en Libye. Certains des militants étrangers ont été sévèrement battus jusqu'à perdre connaissance. Il semblerait qu'ils soient transportés en autobus vers l'ouest, peut-être vers Misrata. »

Misrata port stratégique tenu par des milices qui n'obéissent à personne sauf à leurs propres intérêts n'est pas une destination rassurante. Ce choix de destination, s'il se confirme, soulève des questions sur les intentions réelles des autorités libyennes vis-à-vis des détenus.

Qui se cache derrière cette violence ?
L'organisation italienne du convoi a précisé dans un communiqué : « Bien qu'il ne soit pas encore clair qui se trouve derrière les attaques, nous recevons des informations indiquant qu'elles sont menées par des forces de sécurité liées aux autorités de l'ouest de la Libye. »
Une formulation prudente, mais qui pointe clairement vers les milices affiliées au gouvernement de Tripoli lui-même reconnu internationalement  ou vers les forces d'Haftar, selon les zones de contrôle effectif sur le terrain.

Dix militants arrêtés, menacés d'expulsion

La veille, il avait été rapporté que le convoi, auquel participaient environ deux cents militants venus du monde entier, avait été arrêté par les forces d'Haftar près de la ville de Syrte. Le sort de dix militants était alors inconnu, mais ils ont depuis été localisés : ils ont été arrêtés par la police locale après avoir insisté pour poursuivre leur chemin. Les autorités de l'ouest de la Libye ont annoncé que ces dix personnes sont passibles d'expulsion du territoire en tant qu'« immigrants clandestins ». 

« Immigrants clandestins »  le terme est kafkaïen. Des militants occidentaux, porteurs de passeports européens, américains, britanniques, traités comme des migrants sans papiers dans un État en déliquescence. La qualification juridique choisie par Tripoli n'est pas anodine : elle permet de les mettre à l'écart du droit commun, de contourner les procédures d'extradition normales, et surtout de les expulser rapidement, sans bruit, sans procès.

Quand la Libye fracture le discours militant

Cette mésaventure en plein désert libyen soulève une question que beaucoup préfèrent esquiver : pourquoi des militants se retrouvent-ils violentés, non par Israël ou ses alliés, mais par un régime arabe dont personne dans leurs rangs ne s'est jamais donné la peine de dénoncer les crimes ?
La Libye de 2026 est un État fantôme, divisé entre factions armées, où les droits humains n'existent que sur le papier. Le général Haftar lui-même est accusé par plusieurs organisations internationales de crimes de guerre. Et pourtant, le convoi Sumoud avait choisi de transiter par ce territoire signe d'une naïveté stratégique confondante, ou d'une indifférence assumée à la nature des régimes qu'ils traversent.

Le paradoxe est cruel. Ces militants, dont beaucoup ont participé à des marches de solidarité en Europe et scandé des slogans contre « l'apartheid » ou « le génocide », se retrouvent tabassés, inconscients, chargés dans des camions non par la puissance qu'ils désignent comme bourreau, mais par l'un des innombrables potentats arabes qui règnent sur la région dans l'indifférence générale de l'opinion progressiste mondiale.

Un convoi, deux cents militants, zéro aide acheminée

La Caravane mondiale Sumoud voulait forcer une route symbolique. Elle a obtenu, à défaut, une leçon de géopolitique réelle. La Libye n'est pas un couloir humanitaire. C'est un champ de bataille entre factions armées, traversé par des routes migratoires mortelles et tenu par des hommes qui ne répondent à aucune autorité internationale. Y faire transiter un convoi de militants politiques sans garanties diplomatiques solides était, au mieux, une erreur de calcul. Au pire, une mise en scène dont les organisateurs n'avaient pas mesuré les risques réels pour leurs propres participants.

Pour l'heure, selon les dernières informations, les dix arrêtés ont été localisés. Leur expulsion semble imminente. Les autres membres du convoi, eux, attendent quelque part entre Syrte et Misrata, dans des autobus dont on ne connaît ni la destination exacte ni le degré de liberté accordé à ceux qui s'y trouvent. Les blessés, frappés jusqu'à l'inconscience selon la porte-parole de l'organisation, n'ont pas été évacués vers des structures médicales identifiées.

La caravane de la fermeté a rencontré, en Libye, une fermeté d'une toute autre nature. Celle des matraques, des blindés et des geôles d'un général qui n'a que faire des causes humanitaires qu'elles viennent de l'est ou de l'ouest.

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