UpScrolled explose aux États-Unis : le nouvel “anti-TikTok” noyé sous les appels au meurtre de Juifs

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UpScrolled explose aux États-Unis : le nouvel “anti-TikTok” noyé sous les appels au meurtre de Juifs

UpScrolled : l’anti-censure qui sert de caisse de résonance à l’appel au meurtre de Juifs

Une ascension fulgurante après la crise de TikTok

La plateforme UpScrolled a émergé en 2025 comme une application sociale alternative inspirée d’Instagram, TikTok et X, avant de connaître un boom de téléchargements en janvier 2026, notamment aux États-Unis.
Selon les données de Sensor Tower, elle a dépassé 1 million de téléchargements, avec environ 400 000 aux États-Unis seulement, et a brièvement dominé le classement des apps sociales gratuites dans l’App Store d’Apple. 

Son interface combine texte, photos, vidéos courtes et flux chronologique, sans algorithmes opaques favorisant certains contenus ou utilisateurs. L’objectif déclaré de ses fondateurs est de proposer une plateforme “transparente”, sans shadow-ban et sans favoritisme économique dans la visibilité des publications.

Une ascension éclair… et un signal d’alerte immédiat

L’application UpScrolled s’est hissée en quelques jours en tête des téléchargements aux États-Unis, au point de dépasser par moments ChatGPT, selon Ynet. Elle se vend comme une alternative « authentique », « sans censure » et « sans algorithmes cachés ». Mais le diagnostic dressé sur place est brutal : le fil est saturé de complotisme, de délires autour de la Shoah, de propagande et d’appels explicites à la violence contre les Juifs. 

« Israël n’existe pas » : quand une carte devient un programme politique

Dans la recherche interne, « Israel » renvoie à « territoires palestiniens occupés » et des villes comme Tel-Aviv, Haïfa ou Jérusalem y sont présentées comme situées en « territoires palestiniens occupés », affirme Ynet après tests dans l’app. 

Ce point est essentiel : ce n’est pas seulement un biais de contenus postés par les utilisateurs, c’est un choix de référentiel (données / libellés / géocodage) qui fabrique une réalité politique « par défaut ». Dans un réseau social, ce type de paramétrage structure ce que les gens voient, écrivent et partagent.

Le cœur du scandale : l’incitation, pas « l’opinion »

Dans le flux relevé par Ynet, on trouve notamment des publications accusant Israël du 11 septembre, des messages du type « tous les Juifs au mur » (formulation d’exécution), et une mise en avant de hashtags et de contenus valorisant des organisations terroristes. 

Ce n’est pas une dispute sur la liberté d’expression : l’incitation à la violence et l’apologie d’organisations violentes sortent du champ de la controverse politique classique.

« Nos équipes n’ont pas suivi » : défense de crise, pas réponse de fond

Une porte-parole de l’app, citée par Ynet, explique que les équipes de filtrage n’ont pas tenu le rythme des arrivées et promet d’« étendre » la division confiance & sécurité avec l’aide d’experts. 

Problème : c’est précisément dans ces phases d’hyper-croissance que se fixent les normes d’une plateforme. Si le contenu violent prospère au début, il attire ses publics les plus radicaux… puis les verrouille.

D’où vient l’exode : le “deal TikTok” comme détonateur politique

La poussée d’UpScrolled se produit sur fond de restructuration de TikTok aux États-Unis : création d’une co entreprise majoritairement non chinoise, avec une participation de ByteDance ramenée à 19,9 % et des investisseurs comme Oracle, Silver Lake et MGX (entre autres), pour éviter une interdiction liée à la loi “divest-or-ban”. 

Ynet relie cet épisode à une colère pro-palestinienne, nourrie aussi par la suspension du compte de la journaliste Bisan Owda.  Sur ce point, nuance importante : Al Jazeera rapporte qu’elle a ensuite récupéré son compte après  un tollé. 

“Pas d’algorithme” : l’argument marketing le plus trompeur

UpScrolled promet un fil chronologique et l’absence d’« ombrage » (shadowban), selon Ynet. 

Même sans recommandation “à la TikTok”, une plateforme fait des choix : tendances, pages “découverte”, comptes mis en avant, modération, priorités de signalement. Dire « pas d’algorithme » revient souvent à dire : « pas de transparence sur les arbitrages ».

Ce que dit UpScrolled sur le papier… et ce que le réel contredit

Sur sa page “Rules and Policies”, UpScrolled affirme interdire la violence, le soutien à des groupes violents/terroristes et les attaques haineuses fondées notamment sur la religion. 

Or, le terrain décrit par Ynet montre exactement l’inverse à grande échelle, au moins sur la période observée. 

Ce décalage est classique : écrire des règles ne coûte rien ; les faire appliquer exige des équipes, des outils, des priorités… et une volonté d’écraser les communautés toxiques au moment où elles “font” la croissance.

Données : la modération anti-haine progresse… mais reste un match inégal

Pour mesurer le niveau réel de “laisser-faire”, une boussole utile est le taux de retrait. CyberWell estime qu’en 2025 la suppression moyenne de contenus antisémites (sur plusieurs plateformes) atteint 52,53 % ; et note une forte hausse sur TikTok (de 65,1 % en 2024 à 88,81 % en 2025) dans son échantillon. 

Ce chiffre ne “blanchit” personne : il montre surtout que des plateformes massives, sous pression réglementaire et médiatique, peuvent durcir ,tandis que des plateformes nouvelles peuvent devenir des zones franches si elles ne verrouillent pas vite.

Le point aveugle : l’écosystème de soutien

Tech for Palestine est mentionné comme soutien de l’app par Ynet.  L’organisation revendique un incubateur et un dispositif d’accompagnement de projets. 

Attention à ne pas confondre : soutien logistique/communautaire ne signifie pas contrôle éditorial direct. Mais quand un réseau se présente comme “safe space” pour des “opinions interdites” et qu’il explose grâce à un exode militant, la frontière entre activisme et permissivité envers la haine devient le vrai sujet.

Ce qui vient ensuite : le test décisif

UpScrolled n’a qu’une issue si elle veut survivre hors des niches : prouver, en quelques semaines, qu’elle sait expulser l’incitation à la violence et l’apologie d’organisations terroristes, même quand ces contenus sont “engagement-friendly”. Sinon, elle restera ce que son fil laisse déjà deviner : une plateforme-refuge pour radicalités — avec un vernis “liberté”.

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