Crise en Iran : fuite massive de capitaux des cercles dirigeants

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Crise en Iran : fuite massive de capitaux des cercles dirigeants

Crise en Iran : fuite massive de capitaux des cercles dirigeants

Washington dénonce une sortie clandestine de fonds

Les autorités américaines observent une sortie accélérée de capitaux en provenance d’Iran, attribuée à des membres de l’élite politique et économique, signe d’une inquiétude croissante au sein des cercles au pouvoir face à l’instabilité interne et aux pressions extérieures. 

Le secrétaire au Trésor des États-Unis, Scott Bessent, a affirmé que Washington détecte des transferts de « millions, voire des dizaines de millions de dollars » quittant clandestinement le pays par des circuits non officiels, notamment via des institutions financières étrangères et des plateformes de crypto-actifs. Ces mouvements seraient motivés par la crainte d’un effondrement politique ou économique du régime iranien. 

Contexte : sanctions, crise économique et manifestations

L’Iran traverse une période de tensions aigües, marquée par une inflation élevée, une pression sociale intense et des manifestations d’ampleur dans de nombreuses villes, parfois réprimées durement par les forces de sécurité. Selon Scott Bessent, l’économie iranienne est « sur la corde raide », sous l’effet combiné des sanctions américaines et de dysfonctionnements internes, accentuant la précarité de la situation. 

Cette tourmente économique s’accompagne d’un effritement de la confiance dans la stabilité du régime, ce qui encourage non seulement les élites à sécuriser leurs avoirs à l’étranger mais aussi une fuite des capitaux plus large qui pèse sur les réserves du pays.

Données sur l’ampleur des sorties de capitaux

Des estimations récentes indépendantes suggèrent que la fuite de capitaux en Iran pourrait atteindre des niveaux historiques. L’ONG Iran Open Data a analysé les statistiques de la banque centrale et conclu qu’entre 2015 et le printemps 2025, près de 145 milliards de dollars ont quitté le pays, soit une somme équivalente à plus de 40 % des recettes pétrolières totales sur cette période. 

D’autres spécialistes, comme l’économiste Djavad Salehi-Isfahani, estiment que la seule année écoulée a vu entre 10 et 20 milliards de dollars sortir du pays, phénomène intensifié par la détérioration de la monnaie nationale et le recours accru aux devises étrangères ou aux crypto-actifs pour préserver la valeur des avoirs. 

Ces flux financiers incluent des transferts vers des comptes séquestrés à Dubaï, partiellement passés par des réseaux de cryptomonnaies, et impliqueraient même des proches du pouvoir, comme Mojtaba Khamenei, fils du Guide suprême iranien, selon des sources citées par des médias israéliens. 

Signification politique et stratégique

Selon les experts économiques, une fuite de capitaux d’une telle ampleur n’est pas uniquement motivée par des considérations financières : elle reflète une perte de confiance profonde dans l’avenir du régime islamique, accentuée par la pression internationale et les crises internes. Les élites cherchent à protéger leurs actifs face à l’éventualité d’un effondrement économique ou d’un changement brutal de régime.

La situation rappelle des épisodes antérieurs de fuite de capitaux en Iran, où l’incertitude politique et les sanctions ont déjà conduit à des sorties massives de richesses, aggravant encore la crise monétaire et réduisant les marges de manœuvre de l’État. 

Surveillance et réponse américaine

Le Trésor américain assure suivre ces mouvements financiers de près, notamment lorsque des crypto-actifs sont utilisés pour dissimuler les transferts. L’objectif affiché par Washington est de traquer ces fonds pour empêcher leur blanchiment et affaiblir les réseaux financiers du régime, tout en maintenant la pression sur Téhéran à travers des sanctions ciblées. 

Cette surveillance intervient dans un contexte de diplomatie dure des États-Unis, avec des menaces répétées de sanctions supplémentaires voire d’actions plus directes si les manifestations et les tensions internes se transforment en crise plus ouverte.

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