Bal du 14 Juillet ! Les pompiers et les français vont peut être retrouver la joie...par Paul Sillam

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Bal du 14 Juillet ! Les pompiers et les français vont peut être retrouver la joie...par Paul Sillam

Bal du 14 Juillet ! Les pompiers et les français vont peut être retrouver la joie...

Connaissez-vous la Baronne de Paname ? Paname c’est le surnom donné à Paris au temps de la mode « panama », inspiré des couvre-chefs des ouvriers qui creusaient, en 1914 en Amérique centrale, le long canal maritime de 80 km reliant l’océan Pacifique et l’océan Atlantique.

Depuis seize ans, Madame la Baronne a relancé, à Paris, la belle histoire du bal musette du 14 juillet qui fait virevolter, depuis un siècle au moins, des hommes et des femmes de tous les âges, de toutes les origines. Un des lieux de vie du brassage social français c’est le parquet des bals populaires.

Jusqu’à l’arrivée du COVID 19, la « tenancière de bal »  organisait, la guinche. Le Cent-quatre le nouvel établissement culturel du 19e arrondissement de Paris, La Coupole, Paris Plage, les péniches de l’Ourcq lui donnaient carte blanche. Elle était devenue LE contact utile aux maires qui voulaient redonner, à leur ville, une âme de village.

La passion de cette femme pour le « french savoir-fête » provient de l’institution “chez Gégène” à Joinville-le-Pont. La fameuse gargote champêtre du bords de Marne, seule survivante des milliers de guinguettes apparues en trois siècles, où le petit peuple s'encanaillait sous la tonnelle, aux sons des flonflons et de l'accordéon.

Les  GÉNÉRATIONS BAL ont été une source d’inspiration pour de nombreux cinéastes, peintres impressionnistes, chansonniers et auteurs qui décrivent chacun, avec leur palette, cette pratique du rapprochement social, qui rime, à la belle saison, avec joie, rencontre et plaisir de la vie.

Longtemps célibataire, la Baronne de Paname connaît aussi l’importance de ces lieux de rencontre dans une ville comme Paris. Depuis 2010, le taux de célibat dans la population de cette ville est très stable autour de 50%.

C’est aux célibataires qui ont envie de ne plus l'être à qui je pense en écrivant ce nouvel article. Les personnes seules qui ont survécu au confinement totale, pendant deux mois, sont aussi des héros. En particulier, celles et ceux qui avaient trouvé avec la danse-à-deux un équilibre et une harmonie dans leur existence.

Car presque tous les célibataires français et du monde savent l’importance de la danse dans notre pays depuis la prise de la Bastille. Danser avec un inconnu, s'étourdir, se faire tourner la tête par un e personne inconnue à la Saint Jean. ça change votre quotidien, les aficionados de La Baronne de Paname savent combien ça fait du bien d’être tenu.e dans des bras, de découvrir un “tendre penchant” naître, de laisser derrière soi la journée de travail et le stress. Surtout éprouver le plaisir de tourner, dans un sens puis dans l'autre, éprouver la symbiose avec un.e cavalier.e sur un swing, une rumba, un rock, une valse, un paso-doble, une java, un zouk, une salsa, un tango…. .

Voilà donc une autre victime de la crise sanitaire sur la longue liste des lieux culturels à l'arrêt total. Les bals de la Baronne et de toutes les écoles de danse-à-deux, fermées par ordre du gouvernement.

A l’heure à laquelle j'écris ces lignes, seule l’Espagne a ouvert ses CLUBS ET BOÎTES DE NUIT mais drôlement, car son gouvernement leur a interdit la danse.

Il y a eu une autre époque où la danse-à-deux et les bals ont été interdits. C'est quand les Nazis sont arrivés à Paris. Dans son livre “Bals clandestins pendant la Seconde guerre mondiale (2014)”, Alain Quilleveré se souvient : “Ce que les Nazis cherchaient à punir avec l’interdiction des bals, c’est un esprit de fête, de jouissance. Alors que sous l’Occupation, d’autres divertissements continuent d’être autorisés : le cinéma, le théâtre, les concerts, les spectacles de danse classique. Ce que le régime de Vichy pourchassait, c’est le rapprochement des corps, l’érotisme diffus, le fait que les garçons et les filles soient dans une troublante proximité.”

Braver les risques de condamnations allemandes, l'accordéoniste de Brel, Marcel Azzola nous en avait fait part sur France Inter avant de décéder en 2019 : “ Les bals clandestins à Paris, ça se passait par quartiers. Je me souviens surtout de la rue de Turbigo, il y avait un appartement au 2e étage assez grand pour contenir huit ou dix couples. Ou alors ça se passait dans des pavillons de banlieue. Et de temps en temps, quand un car de police ou une estafette allemande passait dans la rue, il fallait courir se planquer dans le jardin.” 

Impossible aujourd'hui d’outrepasser l’interdit, même pour les bals masqués !

Pouvez-vous imaginer la conséquence de l’interdiction de danser en duo  dans le monde des célibataires de la planète parisiennes ou française ? Je n’entre pas ici dans les effets économiques de la disparition du chiffre d’affaires du secteur des bals et des établissements où l’on danse qui représentait, avant le virus 2019, deux milliards d’euros.

Non, je voudrais partager avec vous l'intérêt de la danse-à-deux, d’un point de vue social et psychologique. La force d’un pas de deux où se croisent les regards et tous les autres sens dont l’homme dispose.

Tous les danseurs ou danseuses vous le diront : ils ont perdu plus qu’un loisir, plus qu’un moment agréable, plus qu’un sport, plus qu’une philosophie de vie. Ils ont perdu l’occasion rare de communiquer entre humains sans les mots, juste avec le corps.

Alors que s’est-il passé, dans cette période d'emprisonnement conditionnel, pour les solos parisiens qui passaient la moitié de leur temps libre à danser ? Par quelles activités ont-ils pu  remplacer des expressions non-dites de la danse ? Laissez-moi vous présenter Philippe, Virginie, Jacques, Héloïse et quelques autres qui traversent, encore en ce moment, la fermeture de ce rideau sur le bal.

Virginie commence  “Rien qu’avec une valse, je reconnais la personnalité de mon cavalier : rigide ou molle, folklorique ou attentionnée, galante ou centrée sur lui-même, timide ou à l'écoute. Je dois avoir une âme argentine car j’adore quand ma peau touche celle de l’homme pendant une danse. Depuis le 17 mars dernier, je suis sourde et aveugle. Cette absence de contact par le toucher me stress et m’angoisse.

Mireille nous surprend “Dans une danse-à-deux comme le swing, chacun a sa place et son rôle. Il y a un suiveur et  un leader. Avec les pros, les rôles peuvent s’inverser sans changer de sexe.  Quand l'alchimie opère, quand l’harmonie des corps concorde avec la musique, c’est un bonheur que je vis sur le parquet et nulle part ailleurs. Avec la protection contre la COVID, c’est comme si une partie de mon corps était au freezer.

En un tango, dit Philippe, mon échange avec la femme que je tiens dans mes bras est beaucoup plus riche que l’information donnée par une poignée de main ou un regard. Et je ne parle pas de la pauvreté des échanges avec les amis Facebook. Mais depuis l’arrêt économique du monde entier, les relations sur les réseaux sociaux se sont densifiées. Le rapport avec les amis est moins superficiel. J’y ai retrouvé un groupe de danseurs à l'arrêt. Pour la première fois on verbalise, on partage notre peine et c’est moins lourd. On se dit avec plein de mots, ce qu’on arrête pas de dire à son partenaire le temps d’une danse : “je tiens à toi !” ou “ j'ai  envie de danser encore.” 

Jacques précise ”Une femme qui accepte de danser avec moi prend le risque que je la démasque. Quand je lui dis tout ce que j'ai découvert sur elle, soit elle prend peur, soit elle va dans mon lit ! J’ai hâte qu’un nouveau Louis Pasteur trouve ce vaccin ! ”

Chris analyse “Il y a celles qui ne veulent pas se laisser conduire et s'expriment par une tension permanente des muscles du coude. Il y a les généreuses qui n’hésitent pas à enlacer plus qu’il n’en faut. Il y a celles qui demandent beaucoup d'énergie pour canaliser la leur. Il y a les danseuses de formation « classique » avec une “tenue” et un port de tête qui montrent l'élégance. Et puis, il y a celles qui ont une telle soif d’apprendre qu’elles ne se laissent pas emmener par la musique, ni par leur partenaire. Vous en connaissez sûrement car elles demandent toujours « je vais où maintenant ? Depuis la pandémie de coronavirus, c’est avec moi que je converse. J'écris le livre de mes cavalières. je pense que j’aurai fini le jour de la réouverture des bals”…

Pour Sonia “Le tango rompt avec le régulier tournoiement de la valse et dessine de nouvelles répartitions des rôles masculins et féminins. C’est une recherche d’accord sur nos personnalités si différentes. Pendant la distanciation sociale, j’essaie de voir comment c’est transposable chez les couples qui ne dansent pas. Je vais peut-être me réorienter dans la relation apaisée entre les planètes humaines Mars et Vénus. Merci sale virus !”

D’origine espagnole, Heloïse souligne “La sevillana, aussi, se danse-à-deux, il y a quatre temps : la rencontre, la séduction, la dispute et la réconciliation.  Le cercle sans fin d’une vie à deux. Cette danse peut s'apprendre seule. Durant l'incarcération chez moi, je me suis perfectionnée quatre heures par jour.”

L’aventurière Elsa avoue “Il y a quatre ans, je me suis reconvertie dans le management  d’un groupe de musiciens- chanteurs pour bal swing, je donne des cours pendant les concerts. pendant ces 3 mois, notre HAPPY BAL ORCHESTRA a fait ses concerts en live sur Facebook pour garder le lien avec nos 100 000 followers parisiens. Ce que je leur apprends dans mes cours et sur le net, c’est la triple concor-danse : concorde avec soi, avec l’autre et avec la musique !! ”

Philippe dévoile “Dès que tu invites une femme, tu sens si elle aime danser ou non. Si elle ose, je sais que ça va être sympa, que je vais lui ouvrir la porte qui mène à l’univers de la danse-à-deux… J’ai hâte de rouvrir cette porte. ”

Isabelle interroge “Connaissez-vous un sport aussi agréable où la souffrance et les tensions disparaissent ? Je n’arrive pas à courir plus de cent mètres mais je peux danser plus de quatre heures sans m'arrêter. Pendant la crise, je me suis améliorée un peu, maintenant je peux courir trois cent mètres mais qu’est-ce que c’est triste de courir seule !

Et puis, il y a le pauvre Fred qui a connu sa femme dans un bal “Ensemble ça a tout de suite marché, on ne s’est plus quitté. On s’est même lancé ensemble dans le métier de coach swing en donnant des cours de swing bebop. Mais j’ai tellement poussé la passion que j’ai usé tout le cartilage de mes deux genoux. A tel point qu’il a fallu qu’on me les remplace. Les deux nouveaux sont en titane maintenant. Pendant le confinement, j’ai fait ma rééducation. Je serai fin prêt pour la reprise des Bals !” 

L’auteur de cet article est danseur, “ la danse-à-deux offre une chose incroyable : les inconscients et les corps se parlent le temps d’une polka. Alors que le coup de foudre rend intime, au premier regard, un  inconnu, la danse les fait se connaître avant qu’ils se parlent !  Depuis le premier avril 2020, j’ai remplacé la danse par l'écriture. J’ai théorisé dans 8 articles en rapprochant les tâtonnements du gouvernement à celui d'un individu qui entre en thérapie.”

En couple depuis début 2019, Sonia soutient “On a mis de la musique et on a dansé à la maison quand on voulait comme quand on allait au Cirque Electrique, porte de Bagnolet. Sauf qu’on n’avait pas, autour de nous, ni le public stimulant, ni l’émulation des autres couples et encore moins la possibilité de faire, le temps d’une danse, une infidélité en changeant de partenaire”.

Nous terminerons ces témoignages avec  David, swinger “pro” quinquagénaire célibataire, fan de Dany Brillant : “J’ai grossi d’une taille pendant l'arrêt économique, j’ai du remplacé les temps de danse par le vélo. Mon trajet revisite tous les endroits où je dansais avant le virus. Je pars toujours du Temple du jazz, ouvert 365 soirs par an, avec chaque soir un concert live de lindy hope, be bop ou boogie woogie : le Caveau de la Huchette à Saint Germain-des-Prés. Puis, direction l’Institut du Monde Arabe pour me balader au bord de la Seine du côté des amphithéâtres du jardin Tino Rossi qui tolèrent des SALSAS jusqu’à minuit. Je prends de la vitesse pour vite rejoindre, rive droite, la péniche Marcounet sous le pont Marie, où le dimanche après midi un orchestre swinguait. Puis, arrêt à place de la République où le jeudi soir un aficionado venait avec ses amplis offrir aux fans de SWING la musique qu’ils aiment. Longue distance pour arriver à la Mairie du 14e où le parquet et la salle des fêtes “art déco” apporte un chic pas désuet du tout au bal du dimanche après midi. L’esplanade des Olympiades rue de Tolbiac est l’avant dernier stop pour boire un coup à la petite salle d’Intensive Danse. Je fini ce marathon par le lieu emblématique des rendez-vous dansants : le Chalet du Lac, ancien pavillon de Chasse de Napoléon III. Ce lieu à l'orée du bois de Vincennes rénovée, il y a deux ans à peine, n’a rien perdu de son jus avec cette piste designée par Stark. avec ce périple de plus de 15 km quotidien, j’ai repris ma taille normale”.

Ne sont-ils pas merveilleux ces danseurs ? Rassurez vous les amis, je n’ai aucun doute : les bals reprendront. Ce sera le plus beau bal de tous les temps, plus grandiose encore que ceux que nous n’avons pas connu les armistices ou la prise de la bastille. ce sera historique et on pourra dire on y était.

C’est la danseuse Patricia qui me remet dans la direction de ma conclusion. “ Depuis le SIDA, pour passer d’ une relation sociale, commencée ou non avec la danse, à l’intimité d’une histoire d’amour, le protocole était simple :  jusqu’au dépistage du SIDA, il faut utiliser le préservatif. Mais faut-il maintenant, en plus, montrer son attestation de dépistage COVID19 ?” 

Je crois qu’il faut préciser ce nouveau protocole : D’après ce que j’ai compris, la covid 19 n’a rien à voir avec le SIDA. Nos défenses peuvent se battre contre lui et gagner. La COVID ressemble au virus de la grippe mais en cent fois plus virulent. Comme lui, en été, il hiberne et en hiver il se développe. Celui qui l’a eu, et qui n’est pas mort, a développé les anticorps et n'est plus contagieux. La période des symptômes, résultat de la bataille que livre le corps contre cette bébète, est très contagieuse.

Hé les amis ! La Baronne, Patricia, David, Hélène, Jacques, Mireille, et les autres, danseriez-vous avec quelqu’un qui a des symptômes de fièvre, de douleur ou la toux ? Hé les copains, auriez-vous envie de danser si vous aviez, vous-même, ces symptômes ?

Monsieur le Président Macron, j’espère que vous entendez la clameur en faveur du bal populaire du 14 juillet qui approche ? La force du tissu social qu’il génère face aux stratégies individualistes pour la course au confort et à la productivité extrême. Notre monde d’avant marchait trop souvent sur la tête.  Vous avez le pouvoir de la lui faire tourner, la tête, avec la musique et ses valeurs d'échange et de partage. S’il vous plaît, devenez un bon danseur de bal : maîtrisez les changements de direction, combinez vos pas avec votre peuple, et trouvez le swing. S’il n’y en a pas, ça marchera moins bien.

Allez, autorisez les français à danser. L’hiver dernier, le virus est né, L’hiver prochain, comme la grippe son cousin, il reviendra. Le 14 juillet 2020, les conséquences de l'arrêt économique ne seront pas encore dramatique pour tous. Décidez, maintenant, Monsieur le Président, pendant la saison où le virus ne semble plus circuler, de rouvrir les bals.

Si ma musique ne résonne pas en vous, voici le lien vers la chanson du petit bal perdu

« Non je ne me souviens plus, Du nom du bal perdu. Ce dont je me souviens C’est de ces amoureux Qui ne regardaient rien Autour d’eux. Y'avait tant d’insouciance Dans leurs gestes émus. Alors quelle importance Le nom du bal perdu. Ce dont je me souviens C’est qu’ils étaient heureux. Les yeux au fond des yeux. Et c’était bien. Et c’était bien »  Texte de Robert Nyel, musique de Gaby Verlor

 

Paul Sillam
Psy au service du divorce religieux du Consistoire de Paris Île-de-France
président de l’association de psy CHAAR Comité Humanitaire d’Aide à l'Autonomie psychique Retrouvée

PS : Signez ma pétition pour Faire du 1er Mars LE JOUR FÉRIÉ MONDIAL pour rappeler l'arrêt de l’économie face à COVID19

Vos réactions

  1. mallisphoto@free.fr'mallisphoto

    Depuis le confinement COVID19, les Français ont bien compris les mesures pour éviter la contamination, les danseurs aussi en arrêtant leur sport favori. Alors que ce 14 juillet, le traditionnel “bal des pompiers” reste silencieux, et que le Caveau de la Huchette est toujours fermé, un petit groupe de danseurs s’offre leur bal mythique avec visières et gel. Rejoignez les meilleures danseurs et musiciens de ce Temple du Swing.

    Bal Swing
    du 14 juillet
    Lindy et Valses
    avec visières et gel hydroalcoolique

    26 rue de Chabrol
    Métro Gare de l’Est
    ou Poissonnière

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