L'aéroport de Ben-Gourion peut il être menacé par les roquettes du Hamas

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LES ROQUETTES DU HAMAS PEUVENT-ELLES MENACER LES VOLS DE L'AÉROPORT DE BEN-GOURION ?

La réponse dépend de ce qui constitue ou pas une menace réelle.

Il n'y a pas de réponse claire, suite à la déclaration publique du mois dernier :
"les roquettes du Hamas peuvent-elles  menacer les vols à l'aéroport Ben-Gourion? "

Toutefois, faisant suite à aux menaces de tirs de roquettes sur l'aéroport de  Ben-Gourion, l'Autorité aéroportuaire israélienne a modifié les itinéraires des vols à l'arrivée.

La question est également de savoir si les roquettes peuvent frapper les avions ou si la menace peut être un risque suffisamment grave pour que les autorités aéronautiques étrangères arrêtent également  les vols vers Israël.

Selon un rapport du Centre Begin-Sadat de l'Université Bar-Ilan de Bar-Ilan, rédigé par l'ancien lieutenant-colonel Raphael Bouchnik-Chen, la probabilité de roquettes du Hamas - qui sont encore pour la plupart primitives - " est plus un message de propagande qu'une menace concrète ".

Ces missiles peuvent atteindre l'aéroport et tromper le drome de fer

Ces missiles peuvent atteindre l'aéroport et tromper le drome de fer

 

Il avance plusieurs arguments à l'appui, Bouchnik-Chen reconnaît que le Hamas possède des roquettes d'une portée de plus de 70 kilomètres qui pourraient atteindre Ben-Gourion, et qu'en 2014, l'une de ses milliers de roquettes a frappé Yahud, à mois de deux kilomètre  de l'aéroport.

Toutefois, il affirme que la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis, l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et d'autres autorités de ce type ont deux poids deux mesures à l'égard d'Israël.

S'appuyant sur les propres directives de l'OACI tirées de son rapport d'information sur les risques liés aux zones de conflit et sur les clarifications apportées en 2015, les trois menaces qui pèsent sur les opérations de l'aviation civile près des zones de conflit sont les missiles surface-air (SAM), les systèmes portables de défense aérienne (MAN-portable) et les attaques aériennes (Air-to-air), pas un  seul mot sur les roquettes ou missile balistiques.

Il considère donc que ces menaces ne  sont pas à prendre au pied de la lettre et ont une connotation  politique et provenant d'Israël et non du Hamas !

En effet, selon Bouchnik-Chen, les sous-entendus politiques auxquels il fait référence sont celles de certaines personnalités politiques, d'avoir voulu suspendre brièvement les vols vers Ben-Gourion en 2014 dans le but de faire pression sur Israël pour un cessez-le-feu prématuré avec le Hamas.

En 2014, un responsable du Hamas avait déclaré  que son mouvement avait « décidé de riposter à l’agression » d’Israël en faisant de l’aéroport David Ben Gourion de Tel Aviv une « cible d’attaque« .

En réponse aux bombardements israéliens sur Gaza qui avaient repris le 19 août après une courte trêve, le Hamas menaçait de tirer davantage de roquettes en direction de l’aéroport international de Tel Aviv.
Le mouvement palestinien conseillait même aux compagnies aériennes internationales de ne plus desservir l’aéroport international israélien (14,2 millions de passagers et 105 000 mouvements d’avions en 2013).

Ce n’est pas la première fois que le Hamas menaçait de bombarder l’aéroport David ben Gourion. Des roquettes tirées de Gaza avaient touché une localité proche de l’aéroport, YEHUD.

Des compagnies comme Air France, Lufthansa, EasyJet ou Delta Air Lines avaient annulé leurs vols (sauf British Airways qui avait maintenu son programme).

L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) avait d’ailleurs recommandé à l’ensemble des compagnies européennes de ne plus desservir Tel Aviv. L’Agence fédérale américaine de l’aviation (FAA) avait aussi interdit aux compagnies américaines de voler vers ou depuis Israël pendant 24 heures.

En outre,Bouchnik-Chen donne l'exemple de l'Arabie saoudite en guerre avec le Yemen : "Quand les barrages de missiles balistiques ont été lancés presque quotidiennement par les rebelles yéménites Houthi vers plusieurs aéroports principaux saoudiens... aucune interdiction de vol n'a même été envisagée."

A l'appui de cette idée de deux poids, deux mesures vis à vis d'Israel, il ajoute qu'à la suite de l'abattage du vol MH17 de Malaysia Airlines par la Russie en juillet 2014, un haut fonctionnaire de l'OACI a admis que les points de vues politiques différentes des Etats membres ont rendu l'organisation incapable de fournir une évaluation globale commune du risque pour les opérations aériennes"et ont en conséquence poursuivi les vols de façon habituelle.

En d'autres termes, fait valoir M. Bouchnik-Chen, les avertissements de l'OACI s'inscrivent dans la sphère politique et ne sont pas uniquement fondés sur la sécurité.

Il a cité l'ancien maire de New York Michael Bloomberg, le sénateur américain Ted Cruz et des responsables israéliens qui ont tous mis en doute la crédibilité de l'annulation des vols vers l'aéroport Ben-Gourion pour des raisons de sécurité.

Uzi Rubin de TOP FORMER est expert en défense antimissile du ministère de la Défense et membre du Jerusalem Institute of Security Studies, et tout en sympathisant avec certaines idées de Bouchnik-Chen, a abordé la question différemment.

Il a déclaré mardi au Jerusalem Post que la question pertinente n'est pas de savoir si les roquettes du Hamas peuvent frapper les avions civils entrant dans le Ben-Gourion, mais si la FAA, l'OACI et d'autres vont pouvoir émettre des avertissements en temps réels afin de prévenir du danger. Quand est la vraie question.

Uzin Rubin a également pensé qu'il y avait des questions sur les considérations de l'administration Obama pour expliquer pourquoi la FAA a émis une directive de non-vol pour Ben-Gourion pendant la guerre de Gaza en 2014.

Il a également ajouté que même sans politique, il est compréhensible qu'un bureaucrate qui dirige la FAA accorde la priorité à la sécurité ou même à la perception de la sécurité.

Bien que pour Israël, la perte de vols, même temporaire à Ben-Gourion soit un grave préjudice économique et psychologique et  le préjudice pour les bureaucrates de l'aviation de perdre des vols pour une courte période n'est rien comparé au risque de compromettre la sécurité de ces vols, aussi faible soit-il, a dit M. Rubin.

Pour ce qui est de l'avenir, M. Rubin a déclaré que même si Iron Dome "drome de fer" a obtenu des résultats remarquables, le Hamas n'étant pas statique on ne pouvait pas assurer que la défense anti-missile serait totalement efficace et hermétique aux missiles du Hamas.

Il a également déclaré que le mois dernier, alors qu'Israël et le Hamas n'avaient jamais été si proches de la guerre, particulièrement les 12 et 13 novembre, le Hamas avait réussi à tromper le drome de fer bien peu plus qu'en 2014. La menace est donc réelle.

Cela signifie, a dit Rubin, que même si les chances du Hamas de frapper un avion ou l'aéroport étaient faibles, les menaces doivent être prises au sérieux.

En outre, il a contesté la comparaison avec le cas saoudien, affirmant qu'il y avait eu huit cas pertinents d'attaques à la roquette contre des aéroports saoudiens et que Riyad a insisté sur le fait qu'aucune de ces menaces ne les avait réellement inquiétés.

Certains analystes ont affirmé que malgré les dénégations saoudiennes les menaces étaient bien réelles, la situation d'Israël est différente et n'est en rien comparable au contraire, car
Israël a admis publiquement qu'une roquette était bien tombée à moins de deux kilomètres de l'aéroport Ben Gourion.

Même si le Hamas n'a pas réussi à se rapprocher de Ben-Gourion en 2014, cette menace  sera probablement relancée lorsque le prochain conflit éclatera.

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