Est-ce que la Hongrie se déresponsabilise de ses crimes durant l’Holocauste ?

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Viktor Orban, le Premier ministre hongrois est actuellement en visite en Israël. Le ministre des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a défendu son pays qui œuvrerait pour une attitude juste envers l’État hébreu en Europe.

Une visite qui suscite la polémique de la part des Israéliens. Sous le feu des critiques après des décisions jugées antisémites, Viktor Orban a entamé une visite en Israël depuis ce mercredi soir.

Dans une interview accordée à Ynet, son ministre des Affaires étrangères a défendu Viktor Orban.

« La Hongrie est l'un des alliés les plus engagés envers Israël en Europe et se bat constamment pour cela. C'est pourquoi les critiques par les dirigeants israéliens contre Orbán ne sont pas justes, pas amicales et sans fondement », a déclaré Péter Szijjártó.

Mais il ne s’arrête pas là. Selon lui, le gouvernement hongrois lutte pour la souveraineté de l’État hébreu. « Nous avons toujours eu une attitude équilibrée et équitable envers Israël vis-à-vis de la communauté internationale. Nous avons toujours été le pays sur lequel Israël pouvait compter dans les votes de l'ONU et de l'Union européenne ».

Ces attaques de la part des Israéliens ne sont pas anodines. En effet, Orbán est considéré comme l'un des dirigeants les plus controversés. L’année dernière, ses critiques se sont accentuées. Durant un discours, le dirigeant hongrois avait déclaré que Miklós Horthy avait été un leader exceptionnel.

Notons tout de même que Miklós Horthy prend la tête du gouvernement hongrois après la Première Guerre mondiale. A partir de 1930, en échange de certains territoires perdus, il s’allie à l’Allemagne nazie. En 1944, et sous la menace d’une invasion soviétique, Adolf Hitler envahit et prend le contrôle de la Hongrie. Entre 1944 et 1945, plus de 550 000 juifs sont déportés dans des camps de concentration principalement à Auschwitz.

Viktor Orban doit rencontrer son homologue Benyamin Netanyahu aujourd'hui à Jérusalem.

Viktor Orban doit rencontrer son homologue Benyamin Netanyahu aujourd'hui à Jérusalem.

« La Hongrie a clarifié qu’historiquement, son gouvernement pendant la guerre n'a pas réussi à défendre sa communauté juive. Nous n'oublierons jamais ce chapitre de l'histoire. Nous en avons parlé honnêtement et franchement ».

Après la Pologne, serait-ce au tour de la Hongrie de se déresponsabiliser dans l’assassinat de millions de juifs ?

Le ministre des Affaires étrangères a également insisté sur le fait que la Hongrie se bat pour éradiquer l'antisémitisme de son pays. « Nous avons déclaré une politique de tolérance zéro pour toute forme d'antisémitisme. Par exemple, le déni de l'Holocauste peut être passible d'emprisonnement ».

« Ce n'est pas à Budapest que des jeunes portant une kippa sont attaqués dans la rue. En Hongrie, nous assurons la sécurité et la défense de toutes les personnes vivant dans l'État, quelle que soit leur religion ou leur communauté.

Il y a une renaissance dans la vie juive à Budapest. Quiconque viendra ici verra que la plus grande synagogue d'Europe et l'une des plus grandes cathédrales catholiques du monde se trouvent à côté », a poursuivi M. Szijjártó.

Mais ce n’est pas tout. Viktor Orban s’est également attiré les foudres en critiquant le milliardaire juif hongrois-américain sur la politique migratoire du pays.

Le Premier ministre hongrois a mené une campagne à l'encontre de Georges Soros. Son visage a ainsi été placardé dans les rues hongroises accompagné de messages critiques pour tenter de réduire sa popularité. Cette photo rappelle à beaucoup l'imagerie utilisée par les nazis en 1930 pour représenter l'ennemi juif.

« Le différend entre la Hongrie et Gerorges Soros n'est pas dû à son appartenance ethnique, mais à ses positions concernant l'avenir de l'Europe », a expliqué M. Szijjártó.

A la fin de son discours, le ministre des Affaires étrangères a admis le traitement inégal de l’Union européenne envers l’État hébreu.

« J'ai vu une attitude hostile et déséquilibrée à plusieurs reprises dans l'UE envers Israël. Nous ne l'aimons pas et nous sommes contre cela ».

Viktor Orban doit visiter également le musée commémoratif de l'Holocauste Yad Vashem

Il rencontrera le président Reuven Rivlin ainsi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Pour conclure sa visite, il se rendra ce vendredi 20 juillet au Mur des Lamentations avant de retourner dans son pays.

 

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