Israël : Echec du plan d'aide à la location de logement

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en Israël, les aides sociales

Israël : Echec du plan d'aide à la location de logement

Le système social en Israël ressemble plus au modèle américain qu'au français.

En effet,  les aides sociales sont bien plus rares et touchent particulièrement une population qui dans les statistiques est considérée "en-dessous du seuil de pauvreté’.
La pauvreté en Israël

Certes, le Bitouah Leumi -qu’on peut considérer comme la CAF - alloue certaines aides sociales telles que le "complément de revenu" -environ 1800 shekels par individu et par mois- ce qui correspond à peu prés à 400 euros et est attribuée à un grand nombre d’israéliens, vivant seul ou en couple et justifiant de faibles revenus. D’autres aides existent comme "l’allocation pour les handicapés"

L’aide au logement a été réclamée à grands cris par les locataires justifiant de revenus modestes, ce pourquoi le gouvernement israélien avait mis en place un programme d’aide à la location qui semble avoir échoué.

Au ministère de logement, 50 mille allocataires n’ont pas bénéficié de l’aide pendant les fêtes de Tichri.

La population bénéficiaire de cette aide a également le sentiment d’être à la merci des propriétaires.
En effet, ce sont les propriétaires qui encaissent l’aide et la déduisent du montant de loyer.
« C’est absurde » dit une locataire, « les propriétaires profitent de cette manne pour augmenter les loyers, et les loyers flambent ! », « ils ne respectent pas la loi « .

Quant aux locataires des logements sociaux à loyer "modéré" ils reçoivent une aide financière en moyenne de 1.100 shekels par mois et protestent « car ce montant est ridicule et ne correspond pas à la réalité » .

Le programme de l’aide à la location est destiné à des milliers de dizaines de personnes, population âgée, personnes handicapées, parents isolés et autres éligibles en fonction de leurs revenus.

C’est la raison pour laquelle,  les allocataires et les défenseurs de la cause du logement social ont riposté suite aux publications parues dans les médias qui ont annoncé un retard dans le versement de l’aide au logement aux 150 milles allocataires, et ce, pendant la période des fêtes !

«  C’est inhumain et scandaleux » s’écrie un des membres actifs de la lutte pour les bénéficiaires sociaux. « On n’a pas le droit de retenir les allocations pendant les fêtes ». Il ajoute
« Ont-ils on pensé à toute cette population qui est déjà très faible pendant toute l’année, comment vont-ils subvenir aux besoins de leurs familles pendant les fêtes ? ».

Le retard dans le versement de l’aide au logement annoncé dans les médias a été la goutte qui a fait déborder le vase. «  L’Etat ne paye pas à temps. La loi l’oblige à le faire pourtant », dit un autre locataire. Les allocataires protestent « Ils n’ont même pas pris la peine de nous prévenir ».

Il s’agit d’une nouvelle aide dont les conditions d’obtention sont draconiennes.

La colère est très grande. Au "Forum du logement publique" une association des défenseurs du droit au logement  déclare « la véritable raison de l’échec du programme est que ce programme n’aide pas vraiment cette population d’un niveau social ‘affaibli’.

Dina Raviv, (52 ans) veuve et mère de deux enfants qui vit à Hadera, se bat depuis 9 ans pour avoir droit à un logement "social" Raviv est une des milliers à bénéficier de l’aide au logement. « Cette aide est ridicule » dit elle.

Dina travaille comme vendeuse dans un magasin et gagne 3,100 et 4,000 shekels par mois. « Si je gagne plus de 4,000 shekels, ils m’enlèveront l’aide au loyer, ajoute elle amèrement
« ils ne veulent pas qu’on vive avec Kavod, (fiérté) ils veulent qu’on survive à peine. »

Raviv vit à Hadera sans aide pour le logement

Raviv vit à Hadera sans aide pour le logement

Le désarroi de Raviv est immense. L’aide qui lui est attribuée est de 1,100 shekels par mois, « c’est insuffisant.  Tous les deux ans je suis obligée de déménager » dit-elle « On ne peux pas vivre ainsi. Je travaille très dur afin de survivre et aider mes filles, mais le gouvernement s’en fiche.

Dans la vie de tous les jours, ils donnent une aide qui ne correspond pas à la réalité et ils ne se préoccupent pas de ma condition ni de celle des gens comme moi »

Le problème principal est l’attribution de cette aide aux propriétaires et non pas remise directement aux locataires.
Guigui un participant de l’association pointe trois problèmes supplémentaires qui rendent le programme de l’aide au loyer insuffisant. Les locataires n’arrivent pas à trouver des garants au bail de location et sont donc systématiquement rejetés par les bailleurs.

Le montant de l’aide n’a pas été révisé depuis des années et l‘insuffisance de l’aide oblige cette population à vivre dans des quartiers difficiles, à déménager fréquemment et ne fait qu’augmenter la pauvreté.

Mais que fait donc le  gouvernement ?
Cela fait plus de quatre ans que le Contrôleur a publié un Rapport et rien n’a changé.

En effet, le rapport publié en Mai 2015 a sévèrement critiqué la politique de l’Etat quant à la subvention des loyers à ses citoyens ‘affaiblis’.

Le ministère du logement ne contrôle pas systématiquement les variations des loyers dans le marché ni la capacité de ces locataires à faire face à l’augmentation des loyers.

La Knesset doit se réunir d’urgence pour résoudre et apporter des solutions aux citoyens concernés appartenant à cette catégorie sociale. Mais rien n’a été fait depuis 2015 et les chiffres parlent d’eux même. La moyenne de l’aide au logement se situe autour de 880 shekels par bénéficiaire et ne couvre qu’une petite partie du loyer.

D’après les statistiques du marché immobilier, les loyers, au niveau national ont augmenté de plus de 30% en l’espace de 3 ans.

De ce fait, l’écart entre l’aide et le loyer s’est élargi et de nombreux allocataires potentiels abandonnent l’aide au loyer car ils ne peuvent prétendre à un logement et n’arrivent pas à assumer la charge du loyer. 7% de personnes qui ont droit à l’aide au logement ne réclament pas ce droit.

Qu’a-t-on fait des recommandations de la commission contre la pauvreté et concernant le logement ?

En 2014, la commission de la lutte contre la pauvreté a rendu un dossier et livré ses recommandations au Ministre de l’Intérieur, en soulignant le fait que l’Etat d’Israël ne rempli pas suffisamment ses obligations vis-à-vis de ses citoyens considérés en dessous du seuil de pauvreté.

La part du loyer dans les revenus est considérable et représente 61% ( !) en moyenne des revenus de la population concernée.

Ajouter à cela les charges courantes et on atteint 74% de charges par rapport aux revenus des foyers !

L’aide au loyer ne couvre qu’une infime part du loyer. Par conséquent, la commission a recommandé de réévaluer l’aide au loyer et de l’annexer à l’augmentation des loyers dans le but d’atteindre entre 40 et 95% du loyer en moyenne.

Cette résolution devrait concerner quelques 96 mille foyers et représente 950 millions de shekels de subventions par an. Mais cette résolution n’a jamais été appliquée.

Guigui appelle le gouvernement à abandonner ce modèle de subventions de l’aide au loyer et revenir à celui à l'attribution de logements sociaux  comme dans les années 1960 à 1980 lors de la Alya massives en Israël.

" L’Etat doit acquérir des milliers de logements pour les attribuer aux personnes en difficulté et augmenter donc le patrimoine immobilier de l’Etat. Ainsi les locataires vont bénéficier d’un toit pendant toute l’année y compris pendant les fêtes !"

Ran Melamed Vice Président de l’Association Yadid (AMI) approuve et pense que l’Etat aurait du se pencher sur la question du logement social depuis longtemps et proposer un bail à long terme avec des loyers modérés et avec option d’achat, déduction faite des loyers versés, « comme un leasing de location » ajoute il .

Le ministère du logement réagit et affirme « notre gouvernement travaille assidument avec le ministère du logement. Nous avons acheté un grand nombre de logements à but social et avons alloué un montant de 47 millions pour les aides aux loyers, ce qui représente environs 600 à 700 shekels de plus pour chaque famille par mois ».

Les fonds nécessaires pour parer à l’augmentation des loyers sont estimés à 1.8 milliards de shekels. Toutefois, une commission nommée à ce sujet travaille dans le but d’appliquer les recommandations du Contrôleur d’Etat.

« L’aide au loyer n’est pas versée systématiquement au bailleur » corrige un représentant du Ministère de Logement. Le locataire choisit entre l’option de recevoir l’aide directement ou qu’elle soit verser au propriétaire. La plus part des locataires concernés par l’aide optent pour la deuxième solution ».

Il ne faut pas oublier, que l'AMIDAR (la plus grande société publique des HLM) a vendu son parc de logements sociaux dans les années 80 en Israël et a pensé que le marché privé allait combler ce besoin en proposant des conditions favorables à l’acquisition de logement à but d’investissement locatif. Aujourd’hui AMIDAR se trouve dans l’incapacité de subvenir aux besoins croissants de logements.

Le Ministère du Logement devrait appliquer à nouveau le Model des années 60 quand le loyer était subventionné en quasi totalité et les Olim se logeaient dans des logements sociaux et bénéficiaient d’une option d’achat. Toutefois, il ne faut pas oublier que la population Israélienne est 6 fois plus importante aujourd’hui, et les besoins en logement sociaux ont considérablement augmenté.

L’insuffisance des moyens mis en œuvre pour résoudre le problème de pauvreté en Israël tache l’image de marque du pays et risque de freiner la Alya pour certaines catégories d’Olim appartenant à une classe socio-économique fragile.

Traduction de Marie Rose source Ynet

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