Les clefs de la vie d'Enrico Macias

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 Trois ans après Venez tous mes amis , Enrico Macias est de retour avec un nouvel album : Les Clefs.

Cet album s’inscrit dans la veine inaugurée en 2003 avec Oranges amères, première collaboration du père et du fils Ghrenassia .

Sorti depuis le 19 février 2016, cet opus du chanteur oriental se compose de douze titres sur lesquels l’interprète raconte ses espoirs, ses regrets, ses doutes, mais surtout ses bonheurs. Il est écrit et composé en collaboration avec ses auteurs compositeurs favoris dont son fils Jean-Claude Ghrenassia. 

Enrico Macias rend  également un vibrant hommage à l'amour de sa vie, sa femme décédée. Les chansons "chanter pour toi" et "pour ma belle" racontent cet amour perdu.

Rencontre avec Enrico Macias  pour ALLIANCE magazine. 

Nathalie ZADOK : L’album  les clefs était initialement prévu le 2 octobre… alors tout d’abord, permettez-moi de prendre de vos nouvelles concernant votre fracture au bras droit ? Tout va bien ?

Enrico Macias en interview pour ALLIANCE magazine

Nathalie ZADOK et Enrico Macias Interview pour ALLIANCE magazine

Enrico Macias : Merci beaucoup de vous en inquiétez ! Et bien je vais mille fois mieux de cet accident. Effectivement, cela m’a un peu retardé, mais finalement  j'ai pu me reposer un peu ! (rires) . Chaque chose mauvaise de la vie il faut en tirer le meilleur. On dit en hébreu : «gam zou letova ». 

Nathalie ZADOK : Les 12 titres de l'album dégagent une certaine mélancolie,  des brumes et même des douleurs, pourtant elles racontent surtout vos bonheurs. Pouvez-vous-nous en dire plus ?

Enrico Macias : Depuis le début de ma carrière j’ai toujours chanté la nostalgie parce que j’ai été orphelin de l’Algérie, orphelin de mon beau-père et de ma maman qui a été assassinée.
J’ai Toujours chanté la tristesse, oui, mais à chaque fois je l'accompagne par de l’espoir et je finis toujours par faire la fête.Je me dit :  il faut  toujours ,comme dans la musique, terminer par une belle note.

Nathalie ZADOK : Vous êtes d’ailleurs un grand optimiste ? Comment l’expliquez-vous ?

Enrico Macias : Vous savez, quand on doit survivre aux épreuves, il est essentiel de se dire : on ne peut pas rester dans un état pessimiste. Mais  attention ! Je ne suis un optimisme béat, je suis un optimiste lucide. J’ai une philosophie qui est positiviste pas négativiste.
Le négatif s’élimine de lui-même, le positif s’ajoute de lui-même.

Nathalie ZADOK : Les textes et mélodies sont signés Marc Estève, Da Silva, Bruno Maman, Claude Morgan, Frédéric Zeitoun,  Didier Barbelivien... comment se sont faites ces rencontres ?

Enrico Macias : Certains sont des amis, d’autres se sont ajoutés. Les rencontres se font de façon simples, Jean-Claude Ghrenassia, mon fils, a tout coordonné.    

Nathalie ZADOK : Jean-Claude Ghrenassia, votre fils a participé lui aussi à la naissance de cet album, parlez-nous de votre relation avec votre fils.

Enrico Macias : Avant « orange amère », j’ai traversé des moments difficiles dans la chanson. j'avais perdu un peu mes repères et mon inspiration. Mon fils, qui est d’un naturel très critique,parce qu’il m’aime énormément m’a dit : "tu ne peux pas rester ainsi" . Je lui ai répondu : qu’est-ce que tu attends pour t’occuper de moi ? il est devenu alors, à ce moment-là, mon guide.  je suis devenu son fils et lui mon père. Mais pas dans la vie ! Seulement au studio ! (rires)

Nathalie ZADOK : Votre single « Ami » évoque la splendeur de Paris, un mot sur la triste nuit de novembre qui a frappé la capitale ?

 Enrico Macias :  La vie est faite  de pleines de coïncidences.  Quand on m'a présenté cette chanson, les attentats de novembre n'avaient pas eu encore lieu.
Elle a été enregistrée bien avant. Quand je la chante aujourd'hui je m'aperçois de l'importance de cette chanson par rapport aux événements du 13 novembre mais aussi l'année dernière hypercasher, Charlie Hebdo.

 Je suis bouleversé par tout cela mais cela ne m’empêche pas de continuer à me battre pour la paix , la réconciliation.
Mais pas avec ces extrémistes, ces barbares, ça jamais de la vie !  Je réunis la paix depuis cinquante quatre ans ans dans mes chansons et mes spectacles. On éradiquera tour cela, j'en suis certain.

Nathalie ZADOK : Comment expliquer qu’un tel conflit en Israël s’exporte, est ce qu’aujourd’hui antisémite= antisioniste ?

Enrico Macias : Bien  sur ! Vous savez qu'à chaque fois que l’antisémitisme s'est exprimé on a toujours cherché des prétextes. Avant c'était l'économie : si on est dans la misère c'est à cause des juifs, les juifs nous on mangé notre économie. Maintenant c'est le conflit israelo-palestinien, cela n'a aucun sens ! C'est uniquement un prétexte pour exprimer leur antisémitisme. Maintenant on invente d'autres raisons de nous combattre, mais nous les juifs, nous ne sommes pas dupes !

Nathalie ZADOK : Vous qui avez quitté l’Algérie dans les années 60 pour la France, où les Juifs étaient plus ou moins chassés, les comparez- vous à ceux qui quittent la France pour Israël ?

Enrico Macias : Je ne fais pas le rapport avec l'Algérie où c'était d'ailleurs un peu la même chose. Mais je préfère parler de l'époque de la Shoah. On avait pas d'autres choix que d'aller à Auschwitz, il n'y avait pas encore l'Etat d’Israël. Maintenant que l'on a cet Etat, on est tenté de se réfugier en Israël et c'est normal !  Mais il faut partir pour l'amour de ce pays, pas pour fuir l'antisémitisme ! Israël est une histoire de pionniers !      

Nathalie ZADOK : Etes vous concerné par l'Alya ? 

Enrico Macias : L'alya est en nous, il est logique de le faire . Mon alya, j'avais vraiment envie de le faire avant ces actes antisémites ! Quand il y a eu ces actes antisémites j'ai retardé mon départ.  Je n'ai pas voulu que la communauté juive mondiale, la diaspora se disent  que je les  abandonne.  Evidemment ce n'est pas le cas,  mais j'ai trois quart de mon cœur en Israël et un quart ici en France.  

Nathalie ZADOK : Quelle place à la religion pour vous ?

Enrico Macias :  Une très grande place mais elle est personnelle. La religion c'est :  moi, Israël et D.ieu ! Je suis  laïque. Pour moi, les tables de la loi on été donné à Moise pour le monde entier, pas  seulement pour le peuple juif, mais comme c'es le peuple juif qui les a accepté alors c'est pour cela qu'on a été élu (rires).

Nathalie ZADOK : Pour finir, gros coup de cœur pour une chanson de votre album  "A la grâce de D.ieu", se sera votre prochain single ?  

Enrico Macias : Je ne sais pas ! Mais ce dont je suis certain c'est que cette chanson a un moment donné va "manger" tout le reste !

Merci Enrico Macias, on vous souhaite le meilleur pour cet album qui est un véritable bijou ! 

Nathalie ZADOK

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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