Israël: Les habitants de Tel Aviv vivraient-ils dans une bulle?

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Reouven Goldberg a 30 ans. Il vit à Tel Aviv depuis plus de 4 ans et, en tant qu’ancien Jérusalémite, il déteste le terme « bulle de Tel Aviv ». « Je pense que les habitants de Tel Aviv sont très reliés à Jérusalem et ce concept est particulièrement irritant. Il y a ici un éventail de gens issus de tous les coins du pays et il n’est donc absolument pas question de « bulle ».

« Est-ce que pour les habitants de la «  bulle Tel Avivienne », Jérusalem ne représente que le nom d’une plage ? » se demande le commissaire de police Ronnie Alshikh.

Dans ce cas la  « bulle », concept qui sonne comme une critique définissant l’indifférence des habitants de Tel-Aviv envers ce qui les entoure, se confirme.
Est-ce que cette question suscite l’intérêt de Jérusalem et de ses habitants ?

« Jérusalem est l’antithèse de Tel Aviv, pour le meilleur et pour le pire, c’est pour cela que toutes sortes de légendes ont vu le jour à ce sujet » ajoute Goldberg. « Un pourcentage non négligeable d’habitants de Tel Aviv sont comme moi d’anciens Jérusalémites. Je pense qu’à Jérusalem, il existe une relation d’amour\haine avec Tel Aviv. Tout ce qu’ils détestaient là-bas, ils l’adorent ici. Mais paradoxalement, même si à Tel Aviv, tout est possible et attrayant, parfois il faut revenir à Jérusalem. Même si c’est une ville pesante, elle a de bons côtés ».

Les allégations sur ce sentiment de détachement des habitants de Tel Aviv est une erreur absolue : « Lorsqu’il y a des attentats à Jérusalem, il règne une atmosphère de solidarité dans les rues, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Beaucoup de gens ne connaissent pas Jérusalem, et pas seulement à Tel Aviv. Ils la classent dans une catégorie peu flatteuse, de manière injuste. Je pense qu’il y a des gens qui ne connaissent rien de Tel Aviv  et c’est dommage car ils y perdent. Ils découvriront que finalement, ce sont eux qui vivent dans une immense bulle. Ils pourraient être agréablement surpris de constater qui sont réellement les habitants de Tel Aviv ».

Lorsqu'il y a des attentas à Jérusalem, il règne une grande atmosphère de solidarité à Tel Aviv

Lorsqu'il y a des attentas à Jérusalem, il règne une grande atmosphère de solidarité à Tel Aviv

Des habitants de Tel Aviv qui ne sont pas natifs de Jérusalem expriment eux-aussi leur connexion à la ville et leur sympathie pour ses résidents. Marina y vit depuis 3 ans et pense que l’approche de la « bulle » est très individuelle. « Il est clair qu’il existe une poignée de gens ici qui vivent dans une bulle, la population n’est pas monolithique. Personnellement, j’aime beaucoup Jérusalem qui représente à mes yeux le patrimoine juif et  notre histoire. Nous ne devons pas oublier qu’elle est notre capitale » explique-t-elle.

« Il se pourrait que l’approche de cette minorité soit en fait de l’ignorance » ajoute-t-elle au sujet des membres de la bulle, « mais la perception stéréotypée des habitants de Tel Aviv assis en train de boire du café ne provient pas d’une certaine nonchalance mais du mode de vie naturel  de la « ville sans interruption ». Les gens connaissent bien Jérusalem et ne la déteste pas ».

Ido, qui vit lui aussi à tel Aviv depuis 3 ans et a travaillé à Jérusalem jusque récemment, explique que pour lui, voyager sur Jérusalem n’est pas pesant. « J’aime me rendre à Jérusalem, les distances ne me gênent pas. Jérusalem est un lieu saint pour le peuple juif, fondamental pour tout citoyen israélien ».

« Parfois les habitants de Tel Aviv sont très centrés sur eux-mêmes mais cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas informés sur d’autres villes » argumente-t-il, « il y a beaucoup de gens natifs de kiboutzim, de villages, des Jérusalémites… La ville a une identité très particulière ».

Interrogé sur la grande question née de l’attentat de la rue Dizengoff en rapport aux attaques qui secouent Jérusalem, Ido soutien qu’à ses yeux la douleur est la même. « Quand j’entends parler d’attentats, peu importe où à travers le pays, cela me fait mal.

J’ai remarqué qu’après l’attentat du pub rue Dizengoff, les habitants ont émis de nombreuses critiques, pourquoi le terroriste a-t-il pu s’enfuir, pourquoi les forces de l’ordre ont-elles mis tant de temps pour arriver sur les lieux ? J’ai même entendu qu’à Jérusalem, cela se serait passé autrement. Je me suis mis en colère contre cette comparaison mais il est vrai que la population ici n’est pas rodée comme à Jérusalem, où il y a parfois deux attentats par jour. Les habitants de Tel Aviv ont donné une réponse similaire et nous assistons au développement de la solidarité et de l’empathie pour une longue période ».

Source: Ynet

 

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