BDS à Montpellier mais que fait donc l'état français ?

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Ce samedi, à Montpellier dans un supermarché discount du quartier de Cévennes, le  Comité pro-palestinien BDS a appelé les clients à boycotter certains fruits et légumes en provenance d'Israël. Des tracts et une pétition ont circulé.

Alors que l'appel à boycotter des produits israéliens est totalement illégal et sévèrement puni, une enseigne de supermarché discount a été pris pour cible depuis début 2015 par le BDS . La raison : ils importent des fruits et légumes d’Israël. Vendus sous la marque "Mehadrin" sous le label "made in Israël", le BDS  affirme que c'est "illégal".  

La France  est l’un des rares pays du monde et la seule démocratie, où l’appel au boycott par un mouvement associatif ou citoyen pour critiquer la politique d’un Etat tiers est interdit.

14 militants du BDS ont été condamnés à 28 000 euros de dommages et intérêts aux parties civiles et chacun à une amende de 1 000 euros avec sursis pour avoir  le 26 septembre  2009 pour les uns et le 22 mai  2010 pour les autres participé à une manifestation dans un magasin Carrefour à Illzach, près de Mulhouse Haut-Rhin, «  appelant au boycott des produits en provenance d’Israël  ».

Vêtus de tee-shirts avec le slogan « Palestine vivra, boycott Israël  » et distribuant des tracts aux clients sur lesquels était écrit   : «  Acheter les produits importés d’Israël, c’est légitimer les crimes à Gaza, c’est approuver la politique menée par le gouvernement israélien.  »

BDS

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Mais aussi à Toulouse, quatre militants du BDS ont été poursuivis pour un appel au boycott de produits israéliens. Quatre militants de la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanction comparaîtront le 30 juin pour deux actions de boycott contre Israël menées à Toulouse.Les faits reprochés à ces quatre militants remontent tout d’abord au 19 décembre 2014. Une dizaine d’activistes avait alors distribué des tracts devant la boutique Orange de la place Wilson puis de Séphora, deux entreprises visées par la campagne BDS pour commercialiser des produits d’entreprises israéliennes. 

La campagne BDS lancée par des militants pro-palestiniens en 2005 à travers le monde  fait l’objet depuis 2010 de poursuites systématiques dans l’Hexagone. Une circulaire aux procureurs datant de février 2010 – Michèle Alliot-Marie était alors ministre de la justice visait spécifiquement les «  appels au boycott de produits israéliens  » et recommandait aux parquets d’apporter « une réponse ferme  ».

Pour Pascal Markowicz, avocat, membre du comité directeur du Conseil représentatif des institutions juives de France CRIF, la Cour de cassation «  se contente d’appliquer la loi  ». Si la France est isolée sur cette voie, «  c’est que beaucoup de pays n’ont pas de lois aussi poussées en matière de lutte contre les discriminations », analyse-t-il. « Le problème est que derrière BDS il n’y a pas que la volonté de critiquer un Etat ou de défendre une cause.» Certaines actions du BDS ont parfois donné lieu à des propos antisémites.

Dans leur arrêt, les juges constatent que cet appel au boycott discrimine «  à raison de l’origine et de l’appartenance nationale des producteurs et des distributeurs israéliens  ». Ils concluent que la liberté d’expression peut être soumise à « des restrictions ou sanctions qui constituent (…) des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la défense de l’ordre et à la protection des droits d’autrui  ».

Rappelons, que le but officieux de cette campagne BDS  selon son porte-parole, Omar Barghouti : "Il ne s’agit pas de remettre en cause l’occupation militaire israélienne ou le déni du droit des réfugiés, mais tout le système d’exclusivisme raciste du sionisme...C’est une nouvelle étape dans la lutte centenaire des palestiniens contre la conquête coloniale sioniste, puis l’occupation, l’exploitation et le régime d’apartheid institués par Israël...Le boycott des produits des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés n’est pas une fin en soi, mais un temps tactique. Le but étant le boycott de tous les produits en provenance d'Israël".

Nathalie ZADOK

 

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