Le vote FN : une pulsion de mort d'après Jean-Pierre Winter psychanalyste

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Alors que le vote Front National est de nouveau au cœur des questionnements en cette période d'élections départementales. Au-delà des résultats sortis des urnes et des débats sur une éventuelle progression ou régression du vote FN, une question se pose:  version "psy"Pourquoi le vote FN ? 

Pour Jean-Pierre Winter, psychanalyste, les français entretiennent un rapport masochiste  avec le front national .Il explique que le front national ne peut inviter qu’à une destruction généralisée de tout ce qui fait notre cadre de vie et que de ce côté là, c'est joué perdant /perdant.

Il en vient à la conclusion,que c'est précisément la pulsion de mort qui est en action au sens de la pulsion suicidaire.
En effet, dans une situation de crise quand tout va mal, on se dit qu il faut trouver une solution pour aller mieux et que peut-être, une des solutions pour aller mieux c' est d'aller encore plus mal.

A son avis, les Français qui ont voté Front National dans le Nord pour les régionales, ont plus ou moins un sentiment maternel avec Marine le Pen, si celle- ci était au pouvoir, elle l'exercerait de façon autoritaire, comme un parent qui maltraite son enfant.

Allant plus loin dans son idée, le psychanalyste explique que les enfants maltraités ont un amour bien plus grand pour leurs parents que l'on pourrait s'y attendre. Donc , voter FN, c'est voter pour la privation, la maltraitance. 

Pour l’élève de Lacan, le succès de Marion Maréchal Le Pen dans la région PACA, apparaît comme une jeunesse qui promet.

Selon le psychanalyste, ce n'est , que du vieux dans du jeune qui se met en place. Ce qu elle incarne ,c'est la proposition de jouir de ne pas penser.

Il explique,que c'est extrêmement confortable quand on est fatigué de ne pas à avoir à réfléchir, d'avoir une solution, d'avoir une personne qui vous dit que c'est simple de sortir de la crise ,par exemple, elle se propose de l'incarner et cela fonctionne.
Mais en fait , une grande partie des gens qui vote pour elle obéissent, c'est ce qu'on appelle
« la pensée servile » , c'est-à-dire la capacité à ne pas se servir de sa pensée et donc, c'est plus que reposant, c’est jouissif.

Le "succès" de ces deux femmes, est pour lui une tentative d'incarner une espèce de féminité, un certain renouveau, contrairement à ce qui se passe dans les autres partis.

Elles représentent  ce que notre société aujourd’hui  considère comme normal, à savoir que les femmes peuvent occuper, comme les hommes les plus grandes prérogatives du côté du pouvoir et donc d’une certaine manière elles sont modernes.
Une arnaque évidement  ! ce n'est pas "elles" qui comptent , car il faut aussi voir qui est derrière l’appareil ,les gens à l'intérieur, qui eux, incarnent des valeurs très contestables voir insupportables.  

De la même façon, pour comprendre la psychologie politique de cette frange de l'électorat FN, il faut s'imprégner de ce que sont les quartiers sensibles, ces «cités où les délinquants défient la loi» comme le titrait récemment un article du Figaro.

Il faut comprendre ce que cela signifie de subir la pression du travail toute la journée et d'être confronté à une autre pression, menaçante, parfois dangereuse,des quartiers sensibles,  psychologiquement fragilisante, en rentrant chez soi, en allant faire ses courses, en promenant son chien, en allant chercher ses enfants à l'école.

Il faut connaître ces halls d'immeuble qui, chaque matin et chaque soir, outre la crasse, les graffitis et l'odeur de pisse, vous plongent dans cette atmosphère inquiétante, trouble, face à ceux qui l'incarnent.

Il faut comprendre également la vague d'éthnicisation qu'ont subi certains quartiers au sein desquels les autochtones font désormais figure d'étrangers et amène à un sentiment d'isolement.

Marion Maréchal le Pen, Marine le Pen,

Marion Maréchal le Pen, Marine le Pen,

Ce segment de l'électorat FN n'est vraisemblablement pas dupe des petites phrases, des promesses intenables, de l'incapacité de ce parti à gouverner efficacement.

Le fait est qu'il n'est pas dupe non plus de l'incapacité des autres partis politiques à résoudre les problèmes de la société, malgré les promesses réitérées à chaque élection depuis des décennies.

Il ne vote pas FN pour donner une leçon à l'UMP et au PS, pas plus qu'il ne vote FN parce qu'il adhère à ses idées. Il vote FN parce que sa survie psychologique est à ce prix.

Le vote FN n'est donc pas, pour ce segment de l'électorat, un acte politique, mais un remède psychologique. Il vote FN non comme une protestation anti-système, mais comme un cri, de détresse, parfois de désespoir, comme un cri dans ce désert politique au sein duquel la modernité nous a tous plongés.

Ils déposent un bulletin dans l'urne comme ils valident leur ticket chez le buraliste, en espérant, en se disant: pourvu que mon quotidien change, non seulement le mien, mais celui de ma femme, de mes enfants, de mes parents.

Pourvu qu'on sorte de cet enfer. Ils ont cette conscience aigüe qu'ici-bas nous n'avons qu'une vie et qu'elle est en train de filer, mais qu'autour d'eux rien ne change, toujours la même misère,  l'insécurité, et l'insalubrité. Ils votent comme ils jouent au Loto, gardant espoir, mais sans grande illusion, ou ils votent le FN comme on joue à la roulette russe...

Nathalie ZADOK

 

Vos réactions

  1. jacques.borek@neuf.fr'jak40

    JP Winter joue toujours juste mais là il enfume en commençant par être « politiquement correct » puis….change d’ambiance, et descend en flamme le Régime les gouvernements d »incapables majeurs qui ont ruiné le pays depuis 50 ans.
    Il aurait dû commencer par là…???? Nuance pour nuance…..!

    Répondre

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