Paracha de la semaine : TOLDOTH LA BENEDICTION

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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TOLDOTH LA BENEDICTION

L'affrontement de Jacob et d'Esaü, les bénédictions d'Isaac interverties, l'apparent conflit entre le patriarche et son épouse Rébecca qui court en filigrane à travers tout le récit, tels sont les principaux thèmes de nos lectures hebdomadaires.

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paracha de la semaine toldot la bénédiction intervertie de Yacoov

 

La sobriété du récit biblique et le petit nombre des personnages mis en scène font de ce passage de l'Ecriture un extraordinaire scénario dans lequel les passions contenues, les caractères marqués donnent aux personnages une extraordinaire présence dramatique.

Pour nos Sages cependant, l'essentiel est le contenu des bénédictions interverties qui demeurent acquises, malgrès les circonstances troublantes de leur obtention "...ainsi il restera béni" (Gen. 27,33)

Jacob et Esaü reçoivent tous deux la bénédiction de la richesse et de la puissance, bien que dans des termes différents, nous y reviendrons de suite. Par contre, seul Jacob se voit accordé le pouvoir de bénir "...bénis soit qui te bénira" il devient "source de bénédiction".

Quant à la promesse de richesse et de puissance elle leur est faite différemment. C'est le Seigneur qui accorde "la rosée des cieux et la graisse de la terre" à Jacob comme à Esaü, mais alors que ce dernier s'y installe "ta demeure en particulier en participera", le destin de Jacob sera de féconder, d'élever le monde, ce monde-ci, par son action. La puissance est certes promise aux deux frères, cependant dans des conditions normales, Esaü sera soumis à Jacob "...tu serviras ton frères...(Gen,40) ce n'est que lorsque Jocob démérite, se rend indigne, qu'il sera asservi à son frères "...tu briseras le joug qu'il fera peser sur ton cou.".

Certains commentateurs font observer que la bénédiction essentielle, celle qui avait été donnée à plusieurs reprises à Abraham, c'est-à-dire celle concernant la descendance et le pays, la terre de Canaan, n'est pas mentionnée dans la scène que nous venons d'évoquer. Elle est pourtant renouvelée par le Seigneur à Isaac dans les mêmes termes que celle accordée à Abraham et en appelant le souvenir de celui-ci lors du séjour d'Isaac auprès d'Abimélé'h, roi de Guérar: "...Je donnerai - dit le Seigneur - toutes ces contrées à toi et à ta postérité et J'accomplirai le serment que J'ai fait à Abraham...(Gen. 26,3).

Lorsque Jacob fuyant le courroux d'Esaü, part vers Aram se réfugier dans la famille de sa mère, chez Laban, son père Isaac le bénit cette fois en toute connaissance , sans ambiguité, sans subterfuge, dans les termes de la bénédiction d'Abraham: "Qu'il te donne la bénédiction d'Abraham, à toi et à ta postérité avec toi, afin que tu possède le pays où tu as séjourné..."

C'est à nouveau, formulée dans ses thèmes essentiels, la promesse de la postérité et de la terre qui passe cette fois clairement d'Isaac à Jacob. Les bénédictions arrachées à Isaac par ses deux fils dans des circonstances équivoques ne viennent qu'en complément de la bénédiction capitale qui, d'Abraham à Jacob, en passant par Isaac, se transmettra de génération en génération dans la famille d'Israël, celle de la descendance et celle de la Terre d'Israël. La puissance et la richesse ne viennent qu'accessoirement s'y ajouter ou peut-être servent-elles de révélateur du fait qu'enfin la Promesse se réalise, s'accomplit.

La compétition entre les deux frères pour obtenir la bénédiction d'Isaac est si acharnée qu'il est légitime de rechercher ce que recouvrent les mots que prononce celui qui bénit.

Disons de suite qu'il ne faut pas y voir une formule douée d'un pouvoir magique. L'homme qui bénit affirme par là.même que tout ce que l'on peut acquérir ici-bas vient de D.ieu ; en échange, la bénédiction n'a de valeur réelle et d'efficacité pour celui qui la reçoit que s'il partage la même foi et la même croyance. D.ieu n'est certes pas lié par les bénédictions que dispensent les humains en son nom, faut lorsque le bénéficiaires les acceptent dans l'esprit où elles sont données, et règlent toujours leur comportement sur les bases d'une fidèlité inconditionnelle à D.ieu

CLAUDE LAYANI

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