Paracha de la semaine : Korah révolte contre l'autorité de Moïse

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
la révolte contre Moïse, la révolte de Korah paracha de la semaine de claude layani

KORAH Révolte contre l’autorité de Moïse

La nouvelle épreuve qu’expose l’Ecriture à laquelle le peuple va être soumis est celle de l’autorité. Quel est donc le caractère de la contestation de Kora’h et ses alliés ?

C’est là une question bien légitime, car nulle part le texte n’en explicite le contenu, n’en formule les éléments. C’est le moment de la rupture entre les contestataires et Moïse qui va nous renseigner sur la motivation profonde de leur révolte.

Moïse était le chef du peuple, et son frère Aaron était le Grand-Prêtre. Kora’h, qui faisait aussi partie de la tribu de Lévi, a rassemblé deux cent cinquante princes du peuple et émet une contestation en disant à Moïse et à Aaron:

« Pourquoi avez-vous pris la part du lion ? Puisque toute la communauté est sainte, pourquoi, vous les deux frères, vous êtes-vous arrogé toute la direction, à la fois politique et religieuse, du peuple d’Israël (N0mbres 14).

D’après Nos Sages, l’épisode de Kora’h suit chronologiquement celui des explorateurs et la punition divine qui laisse le peuple séjourner pendant quarante ans dans le désert.

Pourquoi cette séquence ? La question est simple, mais elle est capitale. Ayant compris que l’essentiel est dans l’engagement dans l’Histoire, Kora’h ne voit plus de raison qui justifie la suprématie de Moïse et d’Aaron.

Ils viennent d’apprendre des explorateurs que ce qui compte, ce n’est pas de rester dans le désert, de vivre en ermites, mais d’entrer dans l’Histoire, d’accomplir des actes.

Or, pour les actes nous avons des mains comme vous et nous faisons autant d’actes que vous. Pourquoi vous êtes-vous donc partagé la direction d’Israël ? De plus, ils disent: « Nous avons été trompés. Vous nous avez fait sortir d’Egypte pour entrer en Terre sainte et nous n’y entrerons pas.

Comment se fait-il que Moïse et Aaron, qui étaient des homme d’une très grande valeur morale et spirituelle, aient eu à faire face à une révolte ? Comment se fait-il que tous les enfants d’Israël ne se soient pas précipités à leur secours ?

C’est que la position politique de Moïse et d’Aaron dans cette seconde année du séjour des Hébreux dans le désert, s’est affaiblie, car les Hébreux pensaient entrer directement en Terre Sainte.

Ils n’y sont pas entrés par leur faute, il y a eu des épidémies, l’affaire du veau d’or, l’épisode malheureux des explorateurs qui condamnera presque toute cette génération à mourir dans le désert et ils disent: il faut que cela change.

Cette révolte est donc motivée par la nouvelle situation des Hébreux qui savent qu’ils n’entreront pas en Terre Sainte.

Moïse pour la première fois est inquiet et il a une réaction agressive car à ce moment bien précis tout peut basculer dans une guerre civile dont l’issue peut-être la fin de cette grande entreprise, la disparition du peuple d’Israël.

Il se tourne vers D.ieu parce qu’il est ulcéré et révolté de ce qu’on lui ait attribué la responsabilité de l’échec des Hébreux et il s’adresse à D.ieu et dit: « Ne te tourne pas vers leur offrande, car je n’ai pris aucun âne d’eux, et je n’ai fait de mal à aucun d’entre eux »

Moïse était prêt au dialogue, Kora’h et ses acolytes ne recherchaient aucunement une discussion ; c’est la personne même de Moïse qu’ils contestaient, c’est son pouvoir qu’ils convoitaient.

Tous les arguments étaient bons pour parvenir à ce but jusqu’aux plus démagogiques.

Nehama Leibovitz d’observer que le soulèvement ne s’était pas fait sous la devise « toute la communauté est sainte », ce qui eut pu paraître légitime comme argument dans une contestation sincère.

Non pas, Kora’h flattait les instincts les plus bas, les appétits les plus sordides. : chacun d’entre vous est saint, chacun est roi et maître, mort au tyran.

C’est dans ce piège qu’allaient tomber les révoltés, c’est dans cette mauvaise querelle qu’ils allaient sombrer. Telle est encore une leçon qu’illustre de façon si vivante et toujours actuelle l’Ecriture

Claude Layani

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi