Israël: l'économie agricole est en crise

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En Israël les agriculteurs en colère protestent: "les produits discount vendus en supermarché ainsi que le manque de soutien de la part du gouvernement vont nous détruire."

La concurrence entre les chaînes de supermarchés israéliens et la crise économique qui touche la Russie ont conduit à la chute des prix la vente de légumes.

Les agriculteurs du sud et du nord du pays ont menacé d'abandonner leur terrain et d'arrêter les récoltes: "c'est une catastrophe! Le pays nous a oubliés et les chaines de supermarchés en profitent pour nous exploiter."

L'État d'Israël est actuellement en pleine récession dans la zone agricole, les professionnels du métier sont les premiers affectés.

Le destin des agriculteurs est donc en péril puisqu'il y a de grandes chances qui ne fassent pas le poids contre les prix attractifs de la vente des légumes par les supermarchés qui cassent les prix.

Cette situation les amène tout droit à l'arrêt définitif de leur activité d'ici l'année prochaine.

"La semaine dernière, j'ai vendu un poivron et une tomate pour 10 centimes d'agorot" racontent l'agriculture Yaakov Yousof et rappelle que le coût de la production au kilo est de 3.5 shekels: "nous ne recevons aucune indemnisation pour les pertes financières."

Ses paroles sont similaires à l'ensemble des plaintes reçues par les agriculteurs israéliens au Ministère de l'agriculture, qui traversent la période économique la plus difficile sur ces dix dernières années.

La baisse de 0.9% du secteur agricole confirme qu'Israël est sur le point d'entrer dans un ralentissement de rythme de la croissance économique.

Dans la ville de Netivot, au sud du pays, les légumes sont vendus à 10 centimes d'agorot le kilo (soit l'équivalent de 0.45 centimes d'euro).

Dans d'autres régions, des tomates, un oignon ainsi qu'un chou sont vendus pour 2 shekels le kilo. Ce sont ces écarts de prix qui ont conduit les agriculteurs à s'inquiéter de leur sort.

D'après le Ministère de l'agriculture, le prix de certains légumes a baissé de 50% par rapport a l'année précédente. Au mois de février 2014, les agriculteurs vendaient aux grossistes un kilo de tomates de serre pour 4.80 shekels, aujourd'hui la même marchandise est vendue au prix moyen de 2.60 shekels le kilo.

Les grossistes qui revendent ensuite leur produit aux chaines de supermarchés reçoivent 1.5 shekel pour 1 kg.
Yaakov Yousof, âgé de 45 ans, du village Ranan situé dans le sud du pays, récolte des tomates, des poivrons et des pommes de terre.

Il possède 80 hectares de serre et 400 hectares de terres agricoles destinées aux pommes de terre. D'après lui, les difficultés viennent de la montée des prix et du manque de soutien de la part du gouvernement israélien.

Il explique: "le prix de l'eau est élevé, il est de 2.5 shekels le mètre cube, la main d'œuvre étrangère a un coût puisque les israéliens ne veulent pas travailler dans ce secteur, la récolte doit être équitable et toute la bureaucratie que l'on doit remplir à chaque fois pour s'assurer de toujours être en règle est embarrassante.

Ajoutez à cela le prix attrayant des légumes en supermarché et le manque de leadership au sein du gouvernement et d'ici quelques années nous n'existerons plus."

La plupart des amis de Yaakov ont dû arrêter d'exercer la profession d'agriculteur et se reconvertir dans un autre domaine. Il craint de devoir faire pareil.

Si la crise économique dans ce secteur devient inquiétante au sein du pays, les agriculteurs pouvaient comptaient sur l'exportation de leur produit à l'étranger.

Cependant le conflit entre l'Ukraine et la Russie qui impose un embargo sur l'import-export les empêche d'exercer librement. Les agriculteurs ne pensent plus également pouvoir compter sur l'Europe car le boycott des produits "made in Israël" devient de plus en plus influent.

Source Ynet
Traduit par Yaelle Krief

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