L'inquiétude de la communauté juive justifiée

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attentat Hyper Cacher Vincennes

L’inquiétude de la communauté juive

La prise d’otage démontre « une nouvelle fois que la menace pesant sur la communauté juive est bien réelle », constate le grand rabbin de France, Haïm Korsia. Pour Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), « la communauté juive, déjà anxieuse, a des raisons supplémentaires de s’inquiéter. La situation devient tout à fait grave : j’ai l’impression que c’est la guerre du djihad contre l’Occident, avec des cibles qui sont les journalistes, la liberté d’expression et les juifs. »

Porte de Vincennes, quatre hommes se parlent gravement sur le trottoir. L’un, en kippa, est venu avec ses deux petits enfants. Tous se connaissent et vivent à deux pas : c’est leur magasin casher qui a été attaqué. « Je venais voir l’identité des blessés ou des morts. Pourvu que les caissières n’aient rien. C’est des gamines de 18 ans. On les connaît bien. »

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L’homme à la kippa se dit sûr « qu’on était dans le viseur dès hier. Vous croyez que le gars était à Montrouge par hasard ? Moi je suis sûr que Coulibaly voulait attaquer l’école juive qui était tout près du lieu où il a tué la policière… Il a raté sa cible et a retenté aujourd’hui. » Ses trois amis approuvent. Ils se retrouveront samedi à l’une des deux synagogues de Vincennes-Saint-Mandé, l’une, historique, ashkénaze, l’autre séfarade.

Dès 14 heures, des policiers sont arrivés rue des Rosiers, dans le Marais, à Paris, l’ancien quartier juif. Ils ont demandé aux commerçants de fermer boutique. Même chose au Sentier, haut lieu de la confection bon marché. La traditionnelle prière du vendredi soir a été annulée un peu partout, en attendant la fin des prises d’otages. Dans un restaurant casher, un vendeur estime que « ce n’est que le début ». Rue des Rosiers, un vieux monsieur à barbe blanche soupire que « rien n’a changé, c’est toujours la même chose ».

Sasha, étudiant en ingénierie, achète ses sushis dans un restaurant casher. « Les terroristes font du tort aux musulmans, ça va être horrible pour eux, alors qu’ils n’y sont pour rien » dit le jeune homme. Il regrette qu’« inéluctablement, on passera par l’extrême droite au pouvoir ». Marc Konczaty, le dirigeant du Mouvement juif libéral de France (MJLF), estime lui que c’est avant tout « la France qui est attaquée », et qu’il faut « continuer à vivre, à être fier de ce que nous sommes, de notre démocratie ».

C’est pour cela qu’il appelle à manifester dimanche. Avec une sourde inquiétude. « Il y a eu Merah à Toulouse, Dieudonné et son déferlement de haine, et puis aujourd’hui… Ça fait quand même beaucoup de petites pierres. » Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, a demandé à la France de maintenir un niveau de sécurité élevé autour des institutions juives, « même après un retour à la normale ».

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