Pas de menace claire contre l'aéroport de Roissy, selon MAM

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Les services de renseignement français ne disposent pas d'éléments indiquant un risque notable d'attentat contre l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, déclare la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie.

Interrogée à l'Assemblée nationale sur deux Français arrêtés en Italie en novembre et accusés depuis mardi d'avoir dirigé une cellule d'Al Qaïda, elle a souligné que les deux hommes étaient connus et a minimisé la menace que les autorités italiennes leur prêtent, notamment contre le principal aéroport français.

"Les individus en question sont connus pour des opérations de propagande, de recrutement, également d'appartenance à des filières. Pour autant, je puis vous indiquer que nous n'avons aucun élément nous permettant de penser sérieusement à une menace d'attentat sur Roissy", a-t-elle dit.

Les deux hommes, accusés de diriger une cellule d'Al Qaïda en Europe, sont placés en détention dans le sud de l'Italie, a annoncé mardi la police de Bari.

Arrêtés en novembre dans le cadre d'une enquête sur l'immigration clandestine, ils sont désormais visés par des mandats pour association de malfaiteurs à visée terroriste.

Claudio Galzerano, de l'unité spéciale antiterroriste Ucigos, a indiqué que les documents trouvés en possession des deux hommes mentionnaient des attentats en France et en Grande-Bretagne, "mais comme une vague possibilité, sans rien de concret ni menace immédiate".

Selon l'agence de presse italienne Ansa, l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle figurait parmi les cibles envisagées.

FILIÈRES IRAKIENNE ET AFGHANE

Les magistrats français confirment ne pas avoir été informés d'un projet sérieux d'attentat en France ou en Angleterre. En revanche, le parquet faisait état de soupçon sur les deux hommes portant sur une implication dans des filières de recrutement pour envoyer des combattants en Irak et en Afghanistan.

Une opération menée par la police locale en collaboration avec le service central de l'antiterrorisme a permis de repérer deux correspondants importants du réseau terroriste Al Qaïda en Europe, a expliqué la police de Bari dans un communiqué.

"Les deux Français, qui résidaient depuis quelque temps en Belgique, Bassam Ayachi et Raphaël Gendron, avaient été arrêtés en novembre 2008 durant un contrôle aux frontières, alors qu'ils cherchaient à faire entrer cinq clandestins en Italie", a expliqué au téléphone Claudio Galzerano.

C'est en contrôlant le matériel trouvé dans leur véhicule et après vérification "qu'il est apparu qu'il s'agissait d'extrémistes déjà signalés par différentes polices européennes", a ajouté le fonctionnaire de l'Ucigos.

"Ce sont deux personnes assignées à la transmission et à la propagande d'Al Qaïda en Europe", a-t-il précisé.

Connus depuis longtemps pour leur appartenance à la mouvance islamique, les deux Français disposaient notamment d'un ensemble important de documents sur des supports informatiques.

Bassam Ayachi est un imam d'origine syrienne. Son fils et Raphaël Gendron ont été condamnés le 23 janvier 2009 par la Cour européenne de Bruxelles pour incitations à la haine et la violences contre les juifs, à 2.000 euros d'amende et un mois de prison pour une affaire de 2002. Ils était gestionnaires du site internet du centre islamique belge de Molenbeek.

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