Ouverture du procès du gang des barbares : Fofana joue la provocation

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Le procès de Youssouf Fofana, chef présumé du "gang des barbares", et de 26 autres personnes, accusées d'avoir, à des degrés divers, participé à l'enlèvement, la séquestration puis l'assassinat d'Ilan Halimi en février 2006, s'est ouvert mercredi à 11h devant la cour d'assises des mineurs de Paris sur une première provocation de l'accusé avant que le procès ne se déroule à huis clos.
En effet, dès son entrée vers 10h40 dans le box vitré de la cour d'assises, Youssouf Fofana, veste blanche, collier de barbe et crâne rasé, affichant un large sourire a pointé le doigt vers le ciel lançant "Allah vaincra", avant de s'asseoir, détendu, souriant, discutant avec ses avocats.

Ensuite, il a enchaîné dès l'interrogatoire de personnalité.

"Quel est votre prénom?", lui a demandé la présidente Nadia Ajjan.

- "Fara" (le guide, NDLR), a-t-il répondu (Certaines personnes dans la salle ont entendu fara, d'autres "arabe", NDLR).

- "Nom de famille?".

- "Africaine barbare armée révolte salafiste".

- "Date de naissance?".

- "Le 13 février 2006", a lâché Fofana, en référence au jour de la mort d'Ilan Halimi, au terme de trois semaines de séquestration et de tortures.

- "Lieu de naissance"?

- "Sainte-Geneviève-des-Bois", dans l'Essonne où le Ilan Halimi a été retrouvé agonisant...

Aux côtés de Youssouf Fofana, dix-huit autres jeunes, trois filles et quinze garçons, sont entassés dans le box et paraissent beaucoup moins détendus que lui. Notamment, la jeune femme qui a servi d'appât à Ilan Halimi. Mineure au moment des faits, la loi lui permet de demander le huis clos. Son avocate avait toujours fait savoir qu'elle s'opposerait à un débat public.
Tous ont scruté avec angoisse la salle d'audience bondée et le box, réservé habituellement à la presse, où sont installé les parties civiles, notamment la mère et les deux soeurs d'Ilan Halimi. A côté, mais séparés par la barrière du box et un gendarme, les huit accusés libres.

Semblant tétanisée à l'entrée du tortionnaire de son fils, Ruth Halimi a ensuite commencé à légèrement basculer son corps d'avant en arrière, comme si elle récitait une prière intérieure.

L'audience a été brièvement suspendue dans la matinée avant que ne soit constitué le jury. Lors de cette suspension, des jeunes gens de confession juive s'en sont pris à l'un des accusés libres, avant de scander "Justice pour Ilan". Cinq femmes et quatre hommes jugeront les 27 accusés.

Avant l'audience, l'une des avocates de Youssouf Fofana, Me Isabelle Coutant-Peyre, a estimé que son client avait été "maltraité par une campagne de marketing politique et religieux".

Cette première journée d'audience doit être consacrée à des questions de procédure, notamment sur la publicité des débats. Les avocats de Youssouf Fofana qui souhaitaient un débat public ont renoncé à cette demande après avoir rencontré mercredi matin leur client.

La défense de Ruth Halimi, la mère de la victime, a indiqué qu'elle allait demander une nouvelle fois la publicité des débats. "Nous estimons que c'est le silence qui a tué Ilan Halimi et nous souhaiterions que la justice brise enfin ce mur du silence", a déclaré Me Francis Szpiner.

Le procès devrait donc se poursuivre à publicité restreinte, en présence des proches et des éducateurs, mais sans presse ni public. Il doit durer jusqu'au 10 juillet.

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