Interpol: L'Iran veut annuler des mandats d'arrêts contre cinq responsables

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 Interpol: L'Iran veut annuler des mandats d'arrêts contre cinq responsables

Article paru dans "Le Monde",le 07/11/07

L'Iran mène une campagne de la dernière chance pour tenter d'annuler des mandats d'arrêt émis par Interpol à l'encontre de cinq hauts responsables accusés par l'Argentine d'implication dans un attentat meurtrier en 1994 contre une institution juive à Buenos Aires.

"Nous discutons avec les délégations présentes pour les convaincre du bien fondé de notre position car nous sommes tout à fait conscients que les Américains et les Israéliens mènent une campagne à outrance au sein de l'Assemblée générale pour récolter le maximum de voix nous condamnant", a affirmé mardi à l'AFP Djamchid Motaz, membre de la délégation iranienne.

Après de nombreuses péripéties, un juge d'instruction argentin avait émis en novembre 2006 des mandats d'arrêt contre huit Iraniens, dont l'ancien président Akbar Hachémi Rafsanajani, l'ex-chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Velayati, l'ancien ambassadeur à Buenos Aires au moment des faits Hadi Soliemampour, l'ex-ministre du renseignement Ali Falahian, trois autres diplomates ayant servi en Argentine et Mohsen Rezaï, ancien haut commandant des Pasdaran (Gardiens de la révolution).

Puis en mars 2007, le comité exécutif d'Interpol avait retiré les "notices rouges" contre les trois premiers mais les avait maintenues contre les cinq autres dans le cadre de l'enquête sur l'attentat contre une mutuelle juive qui fit 85 morts et 300 blessés.

Dans le système d'Interpol, une notice rouge est une requête demandant l'arrestation d'individus recherchés.

Usant de son droit d'appel, la délégation iranienne demandera mercredi à l'Assemblée générale d'Interpol, qui se tient jusqu'à jeudi à Marrakech (Maroc), de retirer ces cinq mandats. Un membre de la délégation iranienne et un de la délégation argentine présenteront leur position puis les 144 pays présents voteront.

"Les Américains et les Israéliens font cette campagne car si l'Assemblée Générale approuve ces notices rouges, cela veut dire que l'Iran est un pays terroriste et que les autres autorités iraniennes ont pour politique de mener les actions terroristes", a ajouté M. Momtaz, professeur de droit international à l'université de Téhéran.

"Tout est fait pour mettre l'Iran au ban des nations. Les mandats d'arrêt lancés par l'Argentine sont purement politiques et les statuts d'Interpol lui interdisent de s'engager dans des affaires religieuses et politiques", a-t-il ajouté.

Téhéran a proposé la création d'une commission judiciaire composée d'Iraniens, d'Argentins, du Comité exécutif et du secrétaire général d'Interpol afin de "trouver un mécanisme pour résoudre le problème".

Les délégués argentins, américains et israéliens ont refusé de s'exprimer en soulignant qu'il s'agit d'une affaire purement criminelle. "Nous parlerons après le vote, car il s'agit d'un crime terroriste et notre démarche n'a rien de politique", a affirmé à l'AFP Guillermo E. Gonzalez, un diplomate membre de la délégation argentine.

Le même mutisme est observé du côté des Américains. "Il s'agit d'une affaire concernant l'Iran, l'Argentine et le comité exécutif d'Interpol. Nous ne voulons pas nous exprimer pour ne pas nous retrouver au milieu, même si nous sommes concernés car des juifs ont été tués", a déclaré pour sa part une responsable de la délégation israélienne.

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