Rice, principale responsable du retrait de Gaza ?

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                               Rice, principale responsable du retrait de Gaza ?

theconfidante.jpgLe 05/09/07, Un livre très révélateur des intrigues politiques menées aux Etats-Unis ces dernières années vient de sortir dans les librairies américaines. Son auteur n’est autre que le correspondant diplomatique du Washington Post Glenn Kessler, qui propose, sous le titre The Confidante, la Confidente, une biographie de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice.

Il rappelle qu’à l’issue du premier mandat du président George Bush, la conseillère à la Sécurité nationale Condoleezza Rice s’apprêtait à quitter la vie politique pour reprendre son poste à l’université de Stanford. Mais le président Bush, lors de sa réélection, en a décidé autrement et c’est ainsi qu’elle a repris du service pour devenir la nouvelle secrétaire d’Etat américaine.

Deux ans plus tard, les électeurs américains la considéreraient comme la femme la plus influente du pays. Le journaliste, qui a accompagné Condoleezza Rice dans de nombreux déplacements, dresse un portrait de la secrétaire d’Etat.

Dans cet ouvrage, Kessler prétend que Rice a grandement influencé, depuis 2002, la politique américaine concernant le conflit israélo-palestinien et a instauré un dialogue entre Bush et Sharon par son intermédiaire et par le biais également de l’avocat Dov Weissglass, bras droit de l’ancien Premier ministre israélien.

Il révèle notamment que lors du premier mandat présidentiel de George Bush, Rice, alors conseillère à la Sécurité nationale, aurait tenté de torpiller au nom du président toute initiative diplomatique du secrétaire d’Etat de l’époque Colin Powell concernant le conflit israélo-palestinien.

Rice aurait en outre exercé des pressions sur le gouvernement israélien afin que celui-ci cesse d’encercler la Mouqata de Ramallah où Arafat s’était retranché. Elle aurait convoqué d’urgence Weissglass à Washington pour lui expliquer que "l’action d’Israël dans la Mouqata nuisait aux efforts déployés par les Etats-Unis en vue de réunir une coalition en Irak". Elle aurait laissé entendre que George Bush était le président américain le plus proche d’Israël et que ce n’était donc pas le moment de "créer des problèmes".

Faisant preuve de compréhension face aux besoins d’Israël d’assurer la sécurité de ses citoyens et de lutter contre le terrorisme, elle aurait ajouté qu’Arafat ne constituait pas pour elle une "bombe à retardement". Kessler rapporte dans son livre qu’après l’entretien, Weissglass aurait appelé Sharon au téléphone et que vingt-quatre heures plus tard, le siège était levé sur la Mouqata.

L’auteur rapporte dans son livre les propos échangés entre Rice et Weissglass lors de l’un de leurs entretiens. La secrétaire d’Etat aurait déclaré à l’avocat israélien que "la Feuille de Route était, dans le meilleur des cas, un plan marginal". Elle lui aurait conseillé de pousser le gouvernement israélien à entamer des démarches sérieuses "afin que le monde apprécie les initiatives israéliennes et exige un geste des Palestiniens".

Kessler ajoute : "C’est ainsi qu’est né le plan de retrait (Hitnatkout) de la bande de Gaza. Weissglass aurait proposé qu’Israël se retire de trois ou cinq implantations mais Rice lui aurait répondu que les Etats-Unis attendaient davantage et aurait déclaré : "Si vous souhaitez que la situation change, il faut que ce soit de tout Gaza".

L’auteur parle également dans son livre du désarroi de Mahmoud Abbas face au renforcement du Hamas et du découragement de Rice et de ses conseillers, déçus de la faiblesse du chef de l’AP. Par ailleurs, il prétend que Rice aurait tenté en vain d’éviter la proclamation d’un cessez-le-feu, lors de la seconde guerre du Liban, malgré les pressions internationales exercées sur cette dernière lors du sommet de Rome.

Dans l’ensemble, on peut dire que Kessler reconnaît les succès de Rice dans un certain nombre de domaines mais il lui reproche de ne pas avoir donné une vision plus cohérente de sa politique étrangère.

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