Blue Jasmine de Woody Allen par Laurent Bartoleschi

Chronique Cinéma - le - par .
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blue-jasmine.jpgAprès une décennie quasi européenne, Woody Allen retourne (brièvement) à sa case de départ de Manhattan pour une comédie dramatique 100% existentielle, autour d’une femme. Cette femme, c’est Jasmine. Alors que sa vie vole en éclat, cette bourgeoise newyorkaise part s’installer chez sa sœur à l’opposé du pays, à San Francisco afin de surmonter sa crise.

Elle, qui était une habituée de belles garde robes, de soirées mondaines et autres, va voir sa riche vie dégringolée comme un château de carte. Blue Jasmine aurait pu s’appeler recherche moi-même désespérément. Un bouleversant portrait de femme, un constat précis sur la faillite humaine de notre société. 

Pourtant, dans Blue Jasmine, la vivacité demeure à chaque instant. Mais aussi, cher au cinéaste de Match Point ou Hannah et ses sœurs, un cynisme à toute épreuve. Dans l’une des plus belles surprises de la rentrée, il y a avant tout, Cate Blanchett, alias Jasmine, sur qui le film (et le monde) repose entièrement, et qui est tout juste époustouflante. 

Un peu à la manière d’une Diane Keaton ou d’une Mia Farrow, Blanchett dégage une part de féminité à part. Elle-même, grande admiratrice du cinéaste, la comédienne n'a pas hésité longtemps avant d'accepter ce rôle; elle qui a tourné derrière les caméras de Spielberg, Soderbergh, Scorsese ou Fincher ; deviendra-t-elle sa nouvelle muse? 

D’ailleurs, au dernier Festival de Deauville, Blue Jasmine a soulevé l’enthousiasme général, autant pour elle, que pour la qualité du film. S’il avait été présenté en compétition, il aurait été un candidat sérieux au palmarès! Blue Jasmine est un vrai drame comme Woody les aime et les confectionne depuis plus de quarante ans ; brutal, féroce, impitoyable, grave certes, mais qui dissimule sa noirceur sous une élégance, tranchante comme une lame.  

 

Laurent Bartoleschi      

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