Une mère de famille grecque prend la mauvaise décision

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                   Une mère de famille grecque prend la mauvaise décision

Le 28/08/07, ARTEMIDA, Grèce - Mère de quatre enfants, Athanasia Paraskevopoulou s'était retrouvée face à un dilemme vendredi alors qu'un mur de flammes s'approchait de sa maison de vacances dans le village grec d'Artemida: fuir ou rester? Elle a opté pour la première solution, et c'est sans doute cela qui a coûté la vie à sa famille.

Elle a ainsi décidé de réunir ses trois filles, âgées de 15, 12 et 10 ans, et son fils de cinq ans, et de gagner la place du village, situé près de la ville de Zaharo, dans l'ouest du Péloponnèse (sud). Son mari était absent. Alors que les flammes approchaient, elle a donc entassé ses enfants dans une voiture.

Si elle avait décidé de rester, la famille aurait probablement survécu, affirment ses voisins. La maison a été épargnée par le feu. "Il ne leur serait rien arrivé. Les rares (personnes) qui sont restées n'ont pas été blessées", explique l'un d'entre eux, Vassiliki Tzevelekou.

L'institutrice originaire d'Athènes profitait de la fin des vacances d'été dans ce village de montagne, proche de la mer, lorsque les incendies se sont déclarés dans la région. La peur s'est rapidement emparé de la centaine d'habitants d'Artemida.

"C'était la panique générale. En dix minutes, le feu est arrivé de l'est et nous a tous encerclés, à la fois en dessous et au-dessus du village", souligne une amie d'Athanasia, Lambrini Tzevelekou. "Ils se sont tous rassemblés sur la place, Athanasia et ses quatre enfants, aux côtés de deux enfants étrangers, deux grands-mères et quatre autres enfants", avant de partir en voiture.

Le convoi a rapidement quitté le village et lorsque les véhicules ont atteint une fourche sur la route, décision a été prise de descendre vers Zaharo, à une dizaine de kilomètres. "Ils avaient le choix entre deux routes, il n'y avait pas d'autre solution pour sortir de la ville. Si vous alliez vers le bas, c'était la mort. Si vous partiez vers le sommet, c'était la vie", explique le maire, Giorgos Korifas.

Selon les habitants et les secours, la tête du convoi a percuté sur son chemin un camion de pompiers qui se dirigeait vers Artemida. Le camion s'est renversé, bloquant une partie de la route. Manquant de visibilité à cause de la fumée, le reste du convoi s'est apparemment embourbé dans les débris. Les survivants, dont Athanasia Paraskevopoulou et ses enfants, ont fui à pied.

Les pompiers ont par la suite découvert leurs restes calcinés blottis les uns contre les autres près du lieu de l'accident. Neuf personnes sont mortes sur cette route, pour un total de 23 victimes dans le secteur du village. Le bilan total des incendies est à ce jour de 64 morts.

Panagiotis Lambropoulos, 70 ans, et son épouse, ont eu plus de chances. "J'ai vu les flammes à environ 150m de nous. Nous sommes montés dans la voiture, avons roulé sur une dizaine de mètres, puis les flammes ont soudain pris de l'ampleur", explique-t-il. "Nous avons abandonné la voiture et avancé au milieu des bois, sur environ 400m, en nous tenant par le bras pour qu'en cas de décès, nous mourrions ensemble". Le couple a réussi à gagner la route conduisant vers le sommet. Celle de la vie.

"Il est incroyable que des villageois puissent abandonner leurs maisons par la route sans qu'un camion de pompiers ne leur ouvre la voie", note Nikos Bokaris, responsable de l'Union des experts légistes. "Je pense que ces décès ont été causées par des erreurs criminelles, l'ignorance du danger et les circonstances de l'incendie".

Comme Athanasia Paraskevopoulou, des milliers de Grecs souvent isolés dans des villages de montagne ont été confrontés au même dilemme. Si le pays dispose de la plus importante flotte de bombardiers d'eau, ses capacités ont atteint leur limite le 24 août, jour de la mort de la mère de famille, alors que 124 feux ravageaient le pays.

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