Jour du vote sous menace : Israël prépare un scrutin prolongé de 24 heures en cas d'attaque

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Jour du vote sous menace : Israël prépare un scrutin prolongé de 24 heures en cas d'attaque

 

La Commission électorale centrale israélienne a élaboré un plan de crise pour garantir le scrutin du mardi 27 octobre même sous le feu. Le vote pourra être prolongé jusqu'à 24 heures, tandis qu'un report n'est possible que par une loi votée par 80 députés.

Par Claudine Douillet

Un scrutin préparé pour le pire

Israël vote mardi pour renouveler la Knesset, et l'État se prépare à le faire sous la menace. Au fil des réunions de sécurité de cette semaine, la Commission électorale centrale se prépare à l'éventualité que des menaces sécuritaires perturbent le vote pour la 26e Knesset, fixé au mardi 27 octobre. Selon Israel Hayom, les scénarios étudiés incluent des tirs de missiles et des attentats terroristes, avec un objectif clair : permettre aux Israéliens de voter même dans des conditions de sécurité extrêmes.

Le contexte explique cette vigilance. Ce scrutin est le premier scrutin national organisé depuis le massacre du 7 octobre, et la menace extérieure pèse sur chaque étape de son organisation.

Jusqu'à 24 heures de vote supplémentaires

Le cœur du dispositif tient dans une prérogative de la commission. Une autre option à l'étude consiste à prolonger les horaires de vote sous l'autorité de la Commission électorale centrale : le scrutin pourrait être étendu de 24 heures au maximum pour permettre au public d'exercer son droit de vote. Concrètement, les bureaux pourraient rester ouverts une journée supplémentaire ou le vote se poursuivre toute la nuit, selon les circonstances.

Le report pur et simple, lui, échappe à la commission. Tout report des élections exigerait une loi adoptée à la majorité d'au moins 80 des 120 députés de la Knesset. Un seuil volontairement élevé, qui protège le calendrier électoral contre toute tentation politique de différer le vote.

Le pays sous « situation spéciale du front intérieur »

Israël se trouve sous une « situation spéciale du front intérieur », un régime juridique d'urgence qui permet aux autorités d'imposer des restrictions de sécurité particulières. Des dispositions spécifiques ont été prévues pour ce scrutin.

L'Institut israélien pour la démocratie en précise le fonctionnement. En cas d'attaque, le président de la Commission électorale centrale peut, après consultation du chef d'état-major de Tsahal ou de son représentant, émettre des directives encadrant les bureaux de vote et les autres lieux d'activité électorale. Ces directives doivent concilier les consignes de la Défense passive avec la protection du droit de vote. Une limite demeure : ces dispositions ne s'appliquent pas aux sirènes ni aux alertes préventives lorsqu'une action immédiate s'impose pour sauver des vies. La sécurité des électeurs prime donc toujours sur le déroulement du scrutin.

Tsahal en alerte maximale

L'armée a aligné son dispositif sur le calendrier électoral. Le chef d'état-major Eyal Zamir a ordonné de relever le niveau d'alerte avant le scrutin et d'annuler les permissions des soldats. Il a affirmé que l'armée était au plus haut niveau d'alerte et maintiendrait une vigilance élevée sur tous les fronts.

Les militaires votent déjà. Le vote anticipé a commencé dans des bureaux installés sur les bases et avant-postes de Tsahal sur tous les théâtres d'opérations, y compris la bande de Gaza, le Liban et la Syrie, avec plus de 850 bureaux de vote, dont beaucoup mobiles.

Tsahal a par ailleurs annoncé un bouclage général de la Judée-Samarie pour toute la journée de mardi, une mesure classique les jours de scrutin et de fêtes, destinée à prévenir toute infiltration terroriste.

Les armes dans les bureaux de vote : la Cour suprême tranche

L'autre décision sensible est venue de la Cour suprême. La Haute Cour de justice a rejeté une requête visant à interdire aux responsables électoraux et aux représentants des partis de porter des armes dans les bureaux de vote, les requérants estimant que leur présence pouvait intimider les électeurs.

La requête avait été déposée par le centre juridique Adalah et la Liste unifiée, après que le Likoud et le Parti sioniste religieux eurent annoncé le déploiement d'environ 2 000 observateurs électoraux dans les localités arabes, et qu'une directive de la police eut autorisé les détenteurs d'un permis à garder leur arme sur eux.

L'État a défendu une position simple. Le gouvernement a fait valoir que la décision relevait de la police, seule compétente pour fixer le dispositif de sécurité du jour du vote, et qu'aucune information sur des menaces visant les électeurs ne lui avait été signalée. Le président de la Liste unifiée, Yousef Jabareen, a vivement dénoncé ce jugement.

Un vote sous haute protection

Entre plan de crise de la commission, alerte maximale de l'armée et bouclage de la Judée-Samarie, Israël aborde ce scrutin avec une certitude : la démocratie israélienne votera, quelles que soient les menaces. La possibilité de prolonger le vote de 24 heures en est la garantie la plus concrète.

Israel Hayom : How Israel prepares for possible missile attacks, terror threats on Election Day

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