Alya or not Alya . That is the question ...L'alya de choix n'existe pas, c'est un acte de foi.

Israël - le - par .
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Même menacé au plus profond de son être, un juif ne fera pas son alyah. C'est un constat.

Si un juif fait son alyah c'est par conviction religieuse et sioniste avant tout.  Mais aujourd'hui est-ce suffisant ?

Il y a de fortes chances, car  Israël ne sera jamais une solution refuge  et ceux qui l'on envisagé ainsi, son rapidement revenus sur leur décision et font partie certainement des 1 sur 5 olims qui reviennent vivre en France.

L'Alyah réussie est une alyah conscientiser. Pas celle d'un idéalisme suranné, factice qui ne pourra faire face à la réalité israélienne. Certains sont revenus en disant  "Je pensais rencontrer des juifs j'ai rencontré des israéliens." A la bonne heure. C'est exactement ça.

Vivre en Israël c'est vivre dans un nouveau pays, constitué majoritairement par… des israéliens issus également de la Diaspora, certes, mais qui n'avait pas d'autre choix que de rester ici, dans ce pays, où rien n'est acquis d'avance. Ce sont ces israéliens ou nouveaux juifs qui ont fait le pays.

Alors quand un juif français pense trouver ici, une bande de copains et faire la fête sur la plage de Tel-Aviv, très vite les sunlight vont devoir s'éteindre, et il devra trouver un travail, un appartement, faire l'armée,  apprendre l'hébreu.

Etre juif parmi les  israéliens, c'est tout autre chose que d'être juif en France.

Cette particularité cultivée aux pays des droits de l'homme, ici, en Israël, le rouleau compresseur lui passera dessus.

Adieu vieilles croyances, voeux pieux, vous allez devenir un citoyen "normal" enfin.. un israélien, qui n'aura pas à faire le choix entre son identité et sa citoyenneté.

Plus de débat philosophique, vous êtes juif et alors ? Vous ne serez plus juif par réaction, mais un israélien, un immigré avant tout, qui essaye de faire son trou avec un bagage intellectuel français… Il vous faudra désapprendre pour apprendre.

La  question est de savoir est-ce que nous,Juifs de France, sionistes en règle général, qui venons soutenir Bibi en France, qui nous battons comme des acharnés contre tout acte manqué ou non, d'antisémitisme, saluons par ailleurs l'UEJF, remarquable par leurs actions répétées dans ce domaine. Nous, remarqués et remarquables par notre particularité celle d'être juif en diaspora sommes nous capables, avons nous envie  de faire notre Alyah et de devenir un israélien , un citoyen normal, sommes nous à la recherche de cette normalité ?

Certains et heureusement pour Israël, vivent leur alyah comme un acte de bravoure, ce sont des héros.

Pourtant ici, plus de débat pseudo-philosophiquo-religieux, cela n'a plus de sens , vous allez apprendre à devenir un juif citoyen ou autrement dit un israélien. 

Faire son alya c'est comme se marier, c'est pour le meilleur et pour le pire. Au début on se marie par amour, ainsi faisons nous notre alya.

Puis les problèmes surgissent, l'amour passe au second plan, certains préfèrent à ce stade divorcer.. revenir en France, d'autres vont réussir à surmonter et finalement intégrer que vivre en Israël c'est plonger dans une autre culture, l'autre versant de notre identité, celle qui a été occultée pendant des années de diaspora, va ressurgir, et vous transformer.

Les codes vont changer. Vous ne serez plus un juif de diaspora mais un israélien. Si vous prenez conscience de ces quelques mots vous avez tout compris.

Méfions nous de ceux qui pensent faire un copié-collé de leur vie de France en Israël, c'est un leurre. Tôt ou tard Israël vous placera face à un  miroir. Il y a fort à parier que vous comprendrez que ce n'est pas vivre en statut d'expat que de vivre en Israël, c'est accepter la transformation de l'intérieur qui va fatalement s'opérer en vous et dans toute votre vie, dans votre couple , vos relations parents-enfants, famille, travail.

Si vous acceptez cette transformation alors vous avez presque gagné votre ticket vers la terre promise.

C'est comme apprendre une nouvelle langue,  pour ne plus traduire dans sa langue maternelle, il faut plonger, l'immersion totale est nécessaire.

En général le meilleur facteur d'intégration sont les jeunes enfants. Ils s'intégrent facilement grâce au système scolaire, ils apprennent la langue rapidement, ainsi il devient plus difficile de revenir en France. 

On pourrait ainsi dire, c'est à cause des enfants que l'on quitte la France et c'est à cause des enfants que l'on décide de rester en Israël.

Tant que nous avons le choix, la possibilité de faire marche arrière est tentante. Et je dis bien faire marche arrière.

Parce qu'il me semble que de faire un choix conscientiser comme vivre en Israël, sans que rien nous y oblige, demande des ressources  intérieures que la France n'exigent pas de nous. Celles de  nous dépasser , d'accepter d'être un immigré français en Israël, accepter de gagner moins, accepter de ne plus voir ses anciens amis, toute sa famille, de ne plus être un juif de la diaspora, plus de crimes antisémites à décrier, plus de politique à critiquer, nous rentrons dans  les rangs d'un juif presque normal, si l'on considère qu'Israël est un pays "normal".

Mais comment avec autant de sacrifices peut-on encore avoir envie de vivre en Israël dès que les premiers obstacles surgissent ?

En dehors du fait que les enfants sont le meilleur vecteur d'intégration, il reste un autre atout indispensable, votre entourage ici en Israël, votre prise en charge par les structures d'intégrations ,efficaces, constituées par des gens formidables pour les avoir rencontrés, dévoués,pour avoir rencontré ces familles qui ne parlaient pas un mot d'hébreu, venus d'horizons sociaux différents, mais qui pour rien au monde, aujourd'hui, ne quitteront  Israël.

En règle générale quand ces mots sont prononcés,  ces nouveaux olims ont dépassés des étapes très difficiles et nécessaires à cette transformation de l'intérieur. Mais inévitablement tous sont passé par ce stade de vouloir revenir en France. Tous. 

Ceux qui restent ont compris que revenir c'est renoncer. 

Mais renoncer à quoi me diriez-vous  ? A un salaire médiocre, à un appartement, où vous ne recevez plus tous vos amis d'avant, ni toute votre famille car resté en France? Aux avantages sociaux quasi-inexistants en Israël ? Alors ? Renoncez à quoi ?

Je l'ai cherché cette réponse à travers mes interviews, à travers mes propres questionnements, mes amis en Israël,  et je ne l'ai pas trouvée; Ce que je sais c'est ce que je ressens.

Et c'est ce que je ressens est un bien-être, une liberté d'être que je ne trouve pas en France. Israël est un pays neuf, avancé ce qui se traduit par d'énormes possibilités. Vous vous construisez avec le pays, vous êtes acteurs et non plus spectateurs.

Faire de votre volonté le  moteur de vos réalisations car c'est le pays de tous les possibles.

On fera tout pour que vous soyez bien ici, c'est de votre bien-être que dépend l'avenir du pays.Vous devenez vous même responsable de ce pays, ce qui n'est pas le cas en diaspora.

Pour Israël vous êtes quelqu'un d'important, vous n'êtes pas un juif en recherche de son identité, vous êtes un citoyen israèlien , plus la peine d'ajouter " juif".

Et vous avez choisi Israël contre tout l'or du monde. C'est un acte de foi, même si vous n'êtes pas religieux, ce qui fait de vous quelqu'un de spécial. 

On peut agiter sous votre nez les spectres de l'antisémitisme, de l'antisionisme, ils sont bien réels pourtant, mais pas suffisant pour franchir le pas. Car tant que nous sommes entourés de juifs qui vivent et supportent les mêmes événements , alors on se résigne. Ce n'est donc pas le réel déclin de la France qui fera l'Alya de masse. D'autres ont tenté, comme Hitler, et ils n'ont pas réussi. Alors quoi ? qu'est ce qui fera que les juifs partiront en Israël plutôt que de rester en France ?

Rien ! Absolument rien. 

Il y aura toujours des juifs qui reviendront dans le pays où ils ont le plus souffert, les juifs d'Allemagne sont revenus en Allemagne parce que c'était chez eux ! Tout simplement.  Il existera toujours une diaspora, et d'autres qui choisiront de vivre différemment, avec plus de risques, plus d'intensité, plus d'énergie, mais est-ce suffisant comme critères, plutôt subjectifs pour tout changer, non ? 

Pour les 2000 à 3000 juifs de France se "risquant" à venir vivre en Israël chaque année, c'est pourtant le déclic. Vouloir vivre autrement et plutôt que dans un pays sans attache, ils viennent en Israël où les attaches peuvent se faire sans crainte

Faut-il être un peu" cinglé "pour venir dans un pays où coule le miel et le lait seulement..? Oui absolument.

 Vous trouverez toutes les bonnes raisons du monde pour ne pas venir vivre en Israël, sauf une, la raison du coeur. 

Il faut aimer Israël pour le choisir, rien d'autre ne vous fera franchir le pas. 

C'est pour cela que les actions en France pour entretenir le sionisme sont nécessaires mais elles ne doivent pas être une fin en soi !

Il faut avoir envie de tout changer, de changer pour de bon, de vouloir vivre une vie plus riche parce que pleines de défis. Refuser une vie toute tracée jusqu'à que  la mort vous en sépare. Je pourrais ajouter que" c'est en faisant que l'on comprend". Le fameux "n'aassé vé nichma", prend ici tout son sens. Il faut être dedans, vivre ici, pour comprendre tout ce que l'on n'aura jamais ailleurs.

C'est totalement subjectif, je vous l'accorde, mais il n'y a aucune raison objective pour venir vivre en Israël. Choisir de vivre en Israël, c'est un état d'esprit, c'est avant tout  être capable de convertir le verbe avoir en verbe être. de dire je suis, plutôt que j'ai. Et ça ce n'est pas donner à tout le monde. Aujourd'hui ceux qui partent en Israël en laissant "tout" derrière eux sont les nouveaux héros.

Claudine Douillet


 

Vos réactions

  1. haiassouline@gmail.com'hai assouline

    tres tres bel article vraiment superbe je traduis de l’hebreu : » chaque mot est a grave dans la pierre ». tu as tout compris ??

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  2. Michelehazan@aol.com'michele hazan

    bonjour, formidable votre article claudine douillet, je vais l’envoyer à tous mes amis et à ma famille. bravo votre newsletter est toujours aussi intéressante et agréable à lire. amitiés Michèle Hazan

    Répondre
  3. jeankagan@wanadoo.fr'Jean Kagan

    j’ai passé deux semaines à tel-aviv;pour parler :anglais ou yiddish ou espagnol;mais pour l’hebreu je ne suis pas assez motivé; l’âge peut-être:nouvelle marque,nouveau ami ;vous avez surement raison sur tout mais pour franchir le pas…..c’est pas gagné!!!beaucoup de gens ont surement le même raisonnement que moi;les israeliens sont serviables malgré tout ; je ne dois pas croire suffisamment,c’est bien ce que je pense !!shalom à tous !!

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