Après la tuerie de Toulouse, recrudescence des actes antisémites

Actualités - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

toul.jpgArticle paru dans "La depeche"

Une jeune juive dépose un bouquet de roses devant l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse, le 25 mars 2012 Eric Cabanis AFP/Archives

Depuis l'effroyable tuerie commise par Mohamed Merah à l'école juive Ozar Hatorah à Toulouse, les actes antisémites se sont multipliés, prenant le plus souvent la forme de menaces et d'insultes contre une communauté qui est déjà sur ses gardes.

"Il y a effectivement une recrudescence des actes antisémites" depuis la tuerie de Toulouse, a répondu mercredi le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), en précisant à l'AFP que le Service de Protection de la Communauté Juive (SPCJ) était en train d'en faire le recensement.

Dès la mort de trois enfants et d'un père juifs tués par Mohamed Merah le 19 mars, le SCPJ s'est déclaré "mobilisé pour renforcer la sécurité des écoles juives en France" dans un message sur son site internet. Il a mis en place un numéro d'urgence pour signaler "toute personne, colis, véhicule suspect aux abords d'un bâtiment communautaire".

Signe que l'inquiétude est bien là, les responsables de la communauté ont été reçus mercredi par Claude Guéant au ministère de l'Intérieur pour évoquer la question de la sécurité des écoles juives et des synagogues à l'approche de la fête de Pessah, à partir du 6 avril.

Cette réunion avait notamment pour but de "faire le point sur la sûreté des différents établissements de la communauté, synagogues et écoles, avant la fête de la Pâque juive", a-t-on souligné au ministère de l'Intérieur.

Une "évaluation va être faite de la sûreté de ces installations, site par site, afin que puissent être prises les mesures appropriées", a poursuivi le ministère.

A Toulouse, la police enquête sur des appels et des mails antisémites reçus par l'école Ozar Hatorah. Si de tels agissements sont loin d'être nouveaux, l'établissement en a été assailli depuis le carnage qui l'a pris pour cible le 19 mars, selon le CRIF.

La direction de l'école a porté plainte le 26 mars, a rapporté le procureur. Ce dernier dit avoir "immédiatement ordonné une enquête pour déterminer l'origine ou les origines de ces appels et de ces courriers malveillants".

Selon le secrétaire général du CRIF régional, la boîte électronique de l'école "a reçu une grande quantité de mails antisémites et antisionistes" depuis le 19.

Les mails ne visent pas directement l'école elle-même, a précisé Marc Sztulman, "ils appellent au meurtre des juifs ou font des liens hasardeux avec le conflit israélo-palestinien".

Lundi, un garçon juif de 12 ans a été victime d'une "agression à caractère antisémite" après-midi dans le XIIIe arrondissement de Paris commise par trois autres garçons quasiment du même âge qui ont proféré des "insultes à caractère antisémite" et l'ont frappé à la tête.

A Sarcelles (Val-d'Oise), où vit une importante communauté juive originaire d'Afrique du Nord, des impacts de balles ont été découverts samedi matin sur la porte de l'école de musique Yitzhak-Rabin, près de laquelle se trouvait une affiche appelant à un rassemblement devant la synagogue en hommage aux victimes du "tueur au scooter", selon une source proche de l'enquête.

"On peut supposer que cet incident a un lien avec l'affaire Merah, mais rien n'est établi", a précisé cette source.

Interrogé pour sa part sur d'eventuels actes contre les musulmans, le président de l'observatoire de l'islamophobie n'a pas noté de recrudescence particulière.

"Il y a des messages qui circulent sur internet mais il n'y a pas eu d'agression violente ou de lieu (mosquée, cimetière) profanée", a dit Abdallah Zekri qui a souligné qu'il y a eu des rencontres entre responsables musulmans et juifs pour conjurer de tels actes.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi