Profil bas franco-israélien après un raid ayant blessé un diplomate français

International - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

PARIS - La France et Israël, dont les relations sont émaillées de tensions, ont adopté mardi un profil bas au sujet d'un raid israélien dimanche soir à Gaza qui a fait des victimes collatérales dans la famille du chef d'antenne consulaire française à Gaza, Majdi Shakoura.

Lors de ce raid qui visait un poste de police, le diplomate de nationalité franco-palestinienne, 44 ans, a été légèrement blessé, comme son épouse Majida, 42 ans, enceinte de deux mois, qui a ensuite perdu son bébé. Une de leurs filles, âgée de 13 ans, a également été touchée par des éclats de verre.

L'attaque israélienne a endommagé leur domicile, soufflant notamment les vitres de la maison, près de Beit Lahya. Selon des témoins, quatre missiles ont été tirés. Selon les services d'urgence palestiniens, un policier palestinien a été tué et six blessés, dont deux policiers, lors du raid qui visait un poste de police proche, après une attaque à la roquette contre Israël.

Tant du côté israélien que du côté français, les autorités ont montré un ton plutôt mesuré sur cette affaire, Paris se bornant à rappeler à Israël l'impérieuse nécessité d'éviter toute atteinte à des civils.

Cette affaire survient alors que le président français Nicolas Sarkozy vient de témoigner dans une lettre au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de son amitié entière, en assurant que leurs vues divergentes sur les problèmes du Proche-Orient et les commentaires publiés à ce sujet n'ont aucun impact sur celle-ci, selon des sources israéliennes.

Cette lettre a été envoyée après des déclarations attribuées à Nicolas Sarkozy traitant M. Netanyahu de menteur lors d'une conversation privée avec le président américain Barack Obama le 3 novembre en marge du sommet du G20 à Cannes (sud de la France).

Elle survenait aussi après le soutien apporté par Paris à l'admission des Palestiniens à l'Unesco.

Interrogé lors d'un point-presse pour savoir si la France avait demandé à propos du raid israélien des excuses à Israël et convoqué son ambassadeur en France, le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, a répondu par la négative.

La France déplore vivement les conséquences de ce raid aérien. Tout en étant engagé en faveur de la sécurité d'Israël, la France rappelle l'impérieuse nécessité d'éviter toute atteinte à des civils. Cet impératif a été rappelé aux autorités israéliennes, a déclaré le porte-parole, en rejetant plusieurs questions de journalistes s'étonnant de la faiblesse de la réaction française.

A Jérusalem, l'armée israélienne a affirmé pour sa part n'avoir reçu aucune plainte d'aucune forme concernant l'affaire. C'est possible qu'une fenêtre proche ait été brisée en raison de l'attaque aérienne, a dit un porte-parole, soulignant qu'une fausse couche pouvait être provoquée par la panique.

Il a expliqué que l'aviation israélienne avait mené un raid précis sur un lieu d'où des militants avaient auparavant tiré une roquette sur Israël, en accusant le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza.

Nous avons touché la cible que nous visions, l'endroit d'où ils avaient tiré sur nous, a affirmé le porte-parole. Le Hamas est responsable du tir de roquette contre nous. Ils devraient réfléchir à deux fois pour évaluer si cela vaut la peine de tirer sur nos citoyens.

Bernard Valero a précisé que le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, avait adressé une lettre à Majdi Shakoura, un collaborateur excellent qui travaille depuis 1996, afin de lui faire part de sa solidarité et de sa sympathie et de celle de tous ses collègues du Quai d'Orsay.

La France est présente à Gaza en soutien à la population civile. Elle y est représentée à travers une antenne consulaire et un centre culturel.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi