actualite internationale :Etats-Unis: à Middleburg, un camp d'été pour des jeunes victimes du terrorisme

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camps_vacances.jpgQuelques 70  jeunes venus d'Argentine, d'Israël, de Russie ou du Liberia se sont ras­sem­blés fin juillet à Middleburg (Virginie), près de Washington, pour une semaine d'ateliers de dis­cus­sions, de groupes de parole, de classes de des­sin ou d'activités sportives.

Le camp de vacances, bap­tisé Projet Lien Commun (Project Common Bond), est orga­nisé à l'initiative de l'association Tuesday's Children (Les enfants de Mardi), créée après le 11 sep­tembre (un mardi) pour sou­te­nir les familles des victimes.

Cette semaine a pour but d'aider ces jeunes, sou­vent repliés sur leur cha­grin, à bri­ser le silence et par­ler avec d'autres jeunes, qui peuvent les comprendre.

"J'essaie en géné­ral de ne pas par­ler de ce qui m'est arrivé avec d'autres jeunes, pour éviter les ques­tions", dit Julie, 19 ans.

Mais une fois arri­vée en Virginie, "j'ai faci­le­ment pu par­ler avec tout le monde. On peut être en train de man­ger, se sen­tir tout d'un coup envahi de cha­grin et on peut par­ler. Oui, c'est cela. On peut en par­ler alors qu'on est à table. Tout le monde com­prend", dit-elle.

"C'est dur de par­ler à ma mère, parce que ce n'est pas pareil pour l'une et l'autre. Elle a perdu un mari, moi un père", ajoute Allie Stahlman, 16 ans, dont le père était au 105e étage de la tour nord du World Trade Center.

"Ici, beau­coup ont perdu leur père. Tout le monde a vécu un drame de cette sorte, et peu importe si on vient de Californie ou du Sri Lanka", dit la jeune fille.

"C'est un lien que nous n'avons avec per­sonne d'autre", ajoute Mijal Tenenbaum, dont le grand-père est mort dans un atten­tat anti­sé­mite à Buenos Aires en 1994 (85 morts).

Madina Alikova, 14 ans, est en train de des­si­ner. Sa mère a été tuée à Beslan, en Russie, lors de l'attaque contre l'école Numéro I en 2004. "Ce séjour m'aide beau­coup, il m'aide à oublier ma soli­tude", dit-elle.

La Palestinienne Fadwa Sarrawi a perdu son père tué d'une balle dans la tête en 2001, sur le porche de sa mai­son de Naplouse. Joanne Murphy, 19 ans, n'a jamais connu sa grand-mère, tuée il y a 40 ans lors des "troubles" en Irlande du nord.

En classe de des­sin, les jeunes des­sinent leurs rêves et leurs espoirs sur des cartes pos­tales qui seront expé­diées à New York pour les céré­mo­nies mar­quant cette année le 10e anni­ver­saire des atten­tats du 11-septembre.

Ce camp de vacances peu com­mun a lieu depuis 2008. Cette année, les jeunes venaient d'Argentine, Israël, Liberia, Irlande du Nord, Russie, Espagne, Sri Lanka, Etats-Unis et des ter­ri­toires palestiniens.

Les orga­ni­sa­teurs s'attendent à accueillir plus tard des jeunes de Norvège, de Bombay (Inde), d'Irak ou de République démo­cra­tique du Congo, théâtres de récentes violences.

"Mais c'est trop tôt. Il y a un temps pour le deuil, puis on leur fait savoir que nous exis­tons et qu'ils ne sont pas seuls", dit Candy Cuchara, res­pon­sable de l'association.

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