Actualité Internationale, Pétrole : Tripoli cesse toute coopération avec l'Italie

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carte-libye.gifArticle paru dans "Le Monde"

Les autorités libyennes ont annoncé jeudi l'"arrêt total" de leur coopération énergétique avec Rome. Elles ont affirmé qu'aucun accord ne serait signé à l'avenir avec le géant pétrolier Eni en raison de la participation italienne aux frappes de l'OTAN.

"En vertu de l'accord signé et adopté par les Parlements des deux pays, l'Italie s'engageait à ne pas agresser la Libye, malheureusement depuis le début de l'agression ses avions tuent nos enfants et détruisent nos maisons et les infrastructures de notre pays", a affirmé le premier ministre libyen, M. Mahmoudi. Il a estimé les investissements d'Eni dans le secteur pétrolier libyen à 30 milliards de dollars.

PRUDENCE À PROPOS DE LA FRANCE ET DES ÉTATS-UNIS

Le responsable libyen est toutefois resté prudent à propos de la France et des Etats-Unis. "Les deux pays ont commencé à revoir leur position, les Etats-Unis notamment fournissant une aide logistique à l'OTAN," a avancé le responsable libyen. "S'ils font un pas en notre direction, nous ferons de même", a-t-il souligné. M. Mahmoudi a expliqué que son pays, secoué depuis cinq mois par une révolte devenue guerre civile, allait renégocier les contrats pétroliers en accordant la priorité à la Russie, à la Chine et aux pays de l'Amérique latine.

La Russie s'est abstenue lors du vote par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution qui a ouvert la voie à une intervention internationale en Libye et à depuis critiqué les objectifs et l'intensité des frappes de l'OTAN. La Chine a pour sa part maintenu une ligne de non-ingérence dans le conflit mais plusieurs séries de contacts ont eu lieu récemment entre responsables chinois et représentants de l'opposition libyenne.

"LE PÉTROLE A ÉTÉ UTILISÉ COMME UNE ARME CONTRE NOUS"

La Libye, membre de l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP), exportait avant la guerre civile 1,49 million de barils par jour, en majeure partie (85 %) vers l'Europe. Plusieurs entreprises étrangères exploitaient des gisements pétroliers dans le pays, tels Eni et le Norvégien Statoil.

Mais la poursuite des combats autour du golfe de Syrte, où se situent les terminaux pétroliers, a engendré une baisse drastique de la production, forçant les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie à puiser dans leurs réserves stratégiques de pétrole, afin de contrer les menaces de "pénurie" à l'entrée de l'été dans l'hémisphère nord. La Compagnie nationale du pétrole (NOC), géant public, est actuellement sous le coup de sanctions internationales.

"Le pétrole a été utilisé comme une arme contre nous", a dit M. Mahmoudi, déplorant le fait que "les compagnies européennes qui ont profité de contrats en Libye ont été les premières à appliquer les sanctions contre la NOC et à ne pas traiter avec elle".

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