Actualité Internationale :Japon,forts niveaux d'iode radioactive dans l'eau de mer ...

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carte-japon.gifLes niveaux d'iode radioactive relevés dans l'eau de mer près de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi sont 3.355 fois supérieurs à la limite légale, signe que l'eau contaminée passe dans l'océan, ont annoncé les autorités mercredi. Le président de TEPCO, l'opérateur du complexe, a été hospitalisé pour de l'hypertension.

L'empereur Akihito et son épouse Michiko ont rendu visite mercredi à des victimes de la catastrophe hébergées dans un centre à Tokyo. Des centaines de milliers d'habitants du nord-est du Japon restent sinistrés. Les autorités font état de 11.257 morts mais s'attendent à ce que le bilan final dépasse les 18.000 morts.

Près de trois semaines après le séisme et le tsunami du 11 mars dans le nord-est du Japon, les responsables de la centrale tentent toujours de reprendre le contrôle de la situation et de remettre en service le système de refroidissement des réacteurs en surchauffe.

Les fuites radioactives ont contaminé le sol et l'eau de mer ainsi que des légumes, le lait et même l'eau du robinet jusqu'à Tokyo, à 220km au sud. Les habitants ont été évacués dans un rayon de 20km autour de la centrale et certains pays ont interdit l'importation de produits alimentaires provenant de la région de Fukushima.

Il semble que le stress lié à la gestion de ce qui s'avère la pire crise qu'ait connue le Japon depuis la Deuxième Guerre mondiale ait atteint la santé du PDG de TEPCO, qui a été hospitalisé mardi soir pour de l'hypertension, selon un porte-parole de l'opérateur, Naoki Tsunoda.

L'absence d'apparition publique de Masataka Shimizu, 66 ans, depuis une conférence de presse le 13 mars, avait alimenté des spéculations sur une possible dépression du dirigeant. Les responsables de l'entreprise se contentaient de répondre qu'il "se reposait" au siège.

Le président de TEPCO, Tsunehisa Katsumata, a annoncé en s'inclinant profondément qu'il assurerait l'intérimaire et a présenté des excuses. L'opérateur est de plus critiqué pour son incapacité à mettre fin aux fuites radioactives de Fukushima Dai-ichi.

TEPCO a reconnu publiquement pour la première fois qu'au moins quatre des six réacteurs de la centrale devraient être abandonnés une fois la crise surmontée, notamment en raison de la corrosion causée par l'eau de mer utilisée pour refroidir les réacteurs et les piscines dans lesquelles est immergé le combustible usé. Le gouvernement japonais affirme depuis le 20 mars que la centrale toute entière sera fermée.

En attendant, les autorités de la sûreté nucléaire ont annoncé mercredi que les niveaux de radioactivité de l'eau de mer au sud de la centrale étaient les plus élevés à ce jour: 3.355 fois plus que la quantité maximale d'iode-131 autorisée par la loi. C'est "préoccupant" mais ne représente aucun danger immédiat pour la santé humaine, a affirmé un responsable de l'Agence de sûreté nucléaire et industrielle, Hidehiko Nishiyama, précisant qu'il ne s'agissait pas d'une zone de pêche.

L'iode radioactive possède une durée de vie courte et devrait se dissiper rapidement dans l'océan. Elle ne s'accumule pas dans les coquillages. "Nous trouverons la cause et ferons de notre mieux pour éviter que (les niveaux) s'élèvent davantage", a dit M. Nishiyama.

Des traces de plutonium hautement toxique ont également été découvertes dans le sol autour de la centrale. Les responsables de la sécurité affirment que cela ne représente pas de menace pour les êtres humains mais cela confirme les soupçons de fuite d'eau radioactive provenant des barres de combustible endommagées. Il n'a pas été signalé de plutonium dans l'eau de mer à ce jour.

Autre signe inquiétant, de la fumée blanche s'est échappée de l'un des réacteurs mercredi soir. Les pompiers sont intervenus et l'alimentation de l'unité en électricité a été suspendu car la fumée venait apparemment d'une zone où se trouve le panneau électrique, d'après un responsable de la sûreté nucléaire, Kazuya Aoki, qui a ajouté qu'aucune radioactivité ne s'était libérée.

L'urgence est donc à la remise en fonctionnement du système de refroidissement du complexe. Il a été partiellement raccordé au réseau électrique la semaine dernière mais en pompant de l'eau pour refroidir les réacteurs et le combustible nucléaire, TEPCO a découvert de l'eau radioactive dans les sous-sols de plusieurs bâtiments et des tranchées à l'extérieur.

Le niveau de radioactivité de l'eau contaminée étant plusieurs fois supérieur aux normes acceptées pour les travailleurs, il faut pomper l'eau avant de rétablir le courant.

TEPCO compte asperger le sol de résine autour de la centrale pour empêcher les particules radioactives de se répandre ou d'aller dans l'océan. L'opérateur devrait tester la méthode jeudi dans une section de la centrale, selon Hidehiko Nishiyama. "L'idée consiste à les coller au sol", a-t-il expliqué, ajoutant que le produit est trop collant pour l'utiliser dans les bâtiments ou sur du matériel sensible.

Le gouvernement envisage aussi de recouvrir certains des réacteurs avec du tissu, selon TEPCO. Cela permettrait aux ouvriers de travailler plus longtemps dans d'autres zones de la centrale.

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