Ehoud Olmert en visite en Allemagne et en Italie

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Ehoud Olmert en visite en Allemagne et en Italie

JERUSALEM  - Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert se rend cette semaine en Allemagne et en Italie, conforté par la récente trêve à Gaza, mais inquiet de voir l'Europe assouplir les sanctions envers le gouvernement Hamas, et manquer de fermeté face aux ambitions nucléaires iraniennes.

Ce voyage de trois jours est le premier d'Ehoud Olmert à l'étranger depuis la fin de cinq mois d'affrontements dans la Bande de Gaza en novembre, et l'entrée en vigueur d'une trêve fragile dans le territoire. Dans la foulée, le Premier ministre israélien a appelé les Palestiniens à reprendre les pourparlers de paix.

Lors de son déplacement en Europe, il doit être reçu en audience par le pape Benoît XVI, auquel il devrait transmettre une invitation à venir en Terre Sainte.

Il sondera également ses interlocuteurs sur les recommandations de la commission bipartisane américaine sur l'Irak, qui a souligné le lien entre les différents dossiers régionaux et prôné dans ce contexte une relance du processus de paix israélo-palestinien.

Le chef du gouvernement israélien devrait exhorter ses interlocuteurs à maintenir la pression sur le Hamas. L'Etat hébreu craint en effet que l'Union européenne, principal fournisseur d'aide aux Palestiniens, ne "commence à reculer" sur ses exigences, en raison de la crise économique qui s'aggrave dans les Territoires palestiniens, explique Jonathan Spyer, chercheur au Centre interdisciplinaire de Tel Aviv.

La visite d'Ehoud Olmert intervient alors que l'Europe cherche à renforcer son rôle dans le processus de paix, l'Espagne, l'Italie et la France ayant lancé le mois dernier une nouvelle initiative, rapidement et sèchement rejetée par Israël. Le gouvernement "n'aime pas les propositions de paix qui n'impliquent pas Israël. Je suis sûre que cela sera abordé", a expliqué Miri Eisin, porte-parole du Premier ministre israélien.

Le rapport du Groupe d'étude sur l'Irak (ISG) recommande également des discussions directes avec l'Iran, ce qui inquiète Israël, qui craint de voir Washington, jusqu'ici très ferme sur le dossier nucléaire iranien, "se rapprocher des positions européennes", selon Eytan Gilboa, professeur de sciences politiques à l'Université Bar-Ilan de Tel Aviv.

Ehoud Olmert devrait donc, selon Miri Eisin, chercher à convaincre ses hôtes que la menace iranienne ne vise pas qu'Israël, mais le reste du monde également.

Le Premier ministre israélien effectue ce déplacement à l'heure où l'Allemagne s'apprêtre à prendre, à compter du 1er janvier, la présidence de l'Union européenne. Berlin a joué un rôle central dans les efforts européens sur le dossier iranien, et joue les médiateurs dans les négociations sur la libération des deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah dans une attaque qui fut le détonateur de la guerre du Liban cet été.

Un des points de contentieux pourrait cependant être la volonté du ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier de parler à la Syrie. Ce dernier s'est déjà rendu à Damas, une visite critiquée par Olmert.

Quant à l'Italie, elle joue aussi un rôle clé au Liban, où elle a envoyé le principal contingent déployé dans la FINUL chargée de superviser le cessez-le-feu au Liban, soit 2.500 hommes sur quelque 10.000). Mais les relations avec Rome sont plus délicates, Israël s'opposant notamment à l'idée du chef de la diplomatie italienne Massimo D'Alema de déployer une force internationale de maintien de la paix dans la Bande de Gaza.

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